L’université Paris-Sud a approuvé ce lundi les statuts de la Communauté d’universités et établissements instituant la future université Paris-Saclay. Regroupant 13 établissements d’enseignement supérieur, un modèle d’université unique est en cours de naissance, avec un véritable chamboulement du système universitaire à la clé.

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Le vote ce lundi, par le Conseil d’administration de l’université Paris-Sud (ex Paris-11 Orsay), des statuts de la Communauté d’universités et établissements (Comue) marque un pas important dans la construction de la future université Paris-Saclay. Avec cette décision, la prestigieuse université de science rentre pleinement dans le processus d’intégration, comme au total treize établissements qui composeront la nouvelle université Paris-Saclay (université de Versailles-Saint-Quentin, ENS Cachan, Polytechnique, HEC, ENSTA ParisTech, Ecole Centrale…), ainsi que sept organismes de recherche (CEA, CNRS…).

L’ancienne fac d’Orsay est en effet l’un des piliers de Paris-Saclay, avec ses 27 000 étudiants et 2400 enseignants. « Paris-Sud pèse un poids très lourd dans l’ensemble » indique Colette Voisin, vice-présidente du Conseil des études et de la vie universitaire. Au total, l’université Paris-Saclay comptera 60 000 étudiants, pour environ 6500 enseignants-chercheurs. Le modèle sur lequel se constitue l’ensemble a cela de particulier qu’il n’existe pas à l’heure actuelle. Universités et grandes écoles regroupées au sein d’une même structure, Paris-Saclay porte l’objectif de faire travailler ensemble ces acteurs d’horizons différents.

Selon Elisabeth Dufour-Gergam, directrice de la formation de la Fondation de coopération scientifique (FCS), structure de base du campus Paris-Saclay, « on créé une université à part entière, un modèle qui n’existe pas ici, ni à l’étranger, où universités et écoles se rencontrent ». L’université Paris-Saclay devrait officiellement être créée à l’automne prochain, et les diplômes porteront sa mention à partir de l’année prochaine. Pour le moment, les établissements la composant doivent approuver les statuts de la Comue avant juillet, ce qui devrait permettre à la nouvelle entité de voir le jour dès septembre.

Une intégration par les diplômes

Se poursuivra alors le processus d’intégration des universités et écoles au sein de Paris-Saclay, initié par la recherche. « On est d’abord partis sur un travail entre les équipes de recherche, et un collège doctoral unique est créé au niveau de Paris-Saclay » explique Elisabeth Dufour-Gergam. Concernant les formations de Master (bac +5), les différentes équipes pédagogiques élaborent des partenariats entre elles pour « proposer des offres qui ne soient pas concurrentes » précise la directrice de la formation de la FCS. « L’idée est de tout remettre à plat et de monter des choses en commun, il y a une vraie valeur ajoutée à être à plusieurs » assure-t-elle.

C’est ainsi que les membres de Paris-Saclay vont peu à peu transférer tout ou partie de leur formation, pour des diplômes qui seront labelisés de la nouvelle entité. Pour l’actuelle université Paris-Sud, par exemple, seuls quatre Masters resteront en propre, sur une cinquantaine en tout. « 90% de nos Masters vont devenir des Master Paris-Saclay à la rentrée 2015 » indique Colette Voisin. Le pilotage sera assuré par la nouvelle entité même si Paris-Sud « continue à coordonner la construction de l’offre de formation » précise-t-elle. Du côté des écoles, celles-ci vont continuer à délivrer leurs diplômes d’ingénieur, qui seront labellisés « Saclay » le jour où tout sera intégré. Les étudiants pourront cependant poursuivre leur parcours dans des Masters ou doctorats (bac +8) communs entre les différentes composantes de Paris-Saclay.

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La visibilité internationale recherchée

Avec la mise en place de l’université Paris-Saclay, les membres vont franchir un cap dans leur coopération au sein de ce campus qui ne cache pas ses ambitions mondiales. Première université française au sein du classement de Shanghaï (40ème mondiale), l’université Paris-Sud va petit à petit se fondre dans le nouvel ensemble. Tout en gardant leur identité, leur titre et leur concours respectif, les écoles comptent sur une reconnaissance internationale accrue avec ce véritable mastodonte.

La Communauté d’universités et établissements (Comue) disposera ainsi de moyens nouveaux, et l’université Paris-Saclay est déjà appelée à être la tête de proue de la recherche et de l’innovation en France, avec la présence sur le territoire du campus de nombreux centres de recherche, laboratoires et entreprises. « L’excellence sera visible à l’échelle internationale » souligne Elisabeth Dufour-Gergam. La période de transition qui s’ouvre soulève néanmoins un certain nombre de questions. La coordination de l’ensemble sera-t-elle suffisamment démocratique? L’université d’Evry, associée au projet, intégrera-t-elle en tant que membre à part entière Paris-Saclay?