A l’occasion de la Fête de la musique ce samedi 21 juin, les Zoufris Maracas seront sur la scène de l’Escale à Brétigny, pour une soirée sous le signe de la bonne humeur. Rencontre avec Vincent, le chanteur du groupe, de passage à Marcoussis dimanche dernier.

Les Zoufris Maracas à la Fête de la fraise de Marcoussis (MM/EI)

Les Zoufris Maracas à la Fête de la fraise de Marcoussis (MM/EI)

Il faut croire que les Zoufris Maracas apprécient l’Essonne. Leur tournée à travers tout le pays les ont fait en 2012 passer au Rack’estival de Brétigny et aux Primeurs de Massy. Le week-end dernier, ils donnaient le concert de clôture de la Fête de la fraise de Marcoussis (voir photos), et ce samedi soir, ils partagent la scène montée comme chaque année derrière le lycée de Brétigny avec Flox et Dandyguel (voir sur le site du Rack’am). Entrevue détendue avec le chanteur et leader du groupe à la fin de leur concert au soleil.

Essonne Info. Trois ans de tournée, des dizaines de concerts. Qu’est ce qu’on se dit après tout ce temps sur scène?

Vincent. Qu’on a de la chance d’être là, de partager ces moments avec les gens, c’est quand même une situation hallucinante. C’est pas dégueulasse de passer tous les week-ends à faire délirer les gens, à faire de la musique avec tes potes. Même si des fois c’est un peu fatiguant, un peu dur.

C’est des contraintes aussi ?

Ce qu’il faut le plus c’est d’arriver à garder la patate, à chaque concert de pas se faire happer par une routine, par une espèce de raz-le-bol.

Aujourd’hui, vous kiffez toujours tout ça ?

Oui on se régale, faire danser les gens, dire ce qu’on a à dire… On fait que de la scène d’ailleurs, presque pas de répet, sauf quand on sent qu’il faut qu’on en fasse une. Sinon on essaye de garder cette spontanéité. La spontanéité, elle est là parcequ’à chaque fois t’es investi. Quand ya pas de risque ya pas de plaisir.

Comment ça se passe la scène?

C’est comme un ring, tu sais pas qui tu vas avoir en face, si ça va tenir. Tu te bats, contre les machines que t’as en face, qui te renvoient le son. Des fois t’es en forme, des fois t’es fatigué. Ya deux bulles, une sur scène, une en face. Si toi tu galères sur scène, tu vis pas le même concert que le public. Lui peut kiffer et pas toi, ou l’inverse.

En général tout va bien…

A neuf concerts sur 10, les gens sont heureux d’être là, ça se voit à leurs sourires. Mais dis-toi, la première fois qu’on a fait le Cabaret Sauvage, ya 1200 personnes qui sont venues juste pour nous, ils ont payé 25 balles. Après on a changé de tourneur, on s’est débrouillé pour faire un Cabaret Sauvage à 5 euros. Des fois on fait la manche aussi après le concert, et on refile l’argent à un collectif de sans-papiers par exemple. C’est assez dingue, les perspectives, tout ce qu’on a reçu, et autant de coups de main qu’on a pu donner, comme à des compagnies à qui il manque de l’argent pour terminer un projet. Les mecs sont à mille balle prêt, alors si on peut aider…

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Et les retours du public?

C’est tripant de voir que les gens reprennent tes chansons. Des fois on fait trois accords, sur une chanson, et tu sens la rumeur qui monte…

Les gens reconnaissent le morceau…

Oui c’est dingue, tu te dis ya trois accords, t’es tout seul, ça leur fait du bien. Ca doit être sympa de kiffer comme ça vu du public (rires).

Par rapport à vos chansons, tu te catégorises militant ou dans la sphère engagée?

Tu sais, on a essayé de nous coller une étiquette à la con, genre festif, alors ça t’obligerait à faire tagada tsoin tsoin toute la journée… alors engagé, je sais pas, si c’est de dire que ça part en couille, oui. Mais ça voudrait dire que le reste du temps on se dégage de toute responsabilité? Pas plus pas moins, juste on parle de ce qu’on voit, de situations, de trucs qui sont pas fous à dire.

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« Comptons sur nous, et pas sur eux ! »

Comment tu caractérises la situation politique actuelle?

Le FN, il était à 12%, et là il passe à 25%, mais techniquement ya pas plus de fachos, mais déjà ya moitié moins de votants. Ce que je vois, c’est que la mistoufle médiatique est de plus en plus sans foi ni loi. Au lieu de s’en prendre à certains, on devrait pointer ceux qui servent la soupe à longueur de journée, avec leurs discours normés, dans lesquels il y a les gentils et les méchants. Et puis ya les récupérateurs d’énervement en ce moment, qui sont au fin fond des tuyaux des toilettes. Faut faire gaffe à ceux qui essayent de tirer la couverture, ceux qui te disent, « méfie toi des autres », qui propulsent le mépris de l’autre.

Pour toi il faudrait faire quoi?

On doit avoir le droit de rétrocontrole sur ceux qui nous dirigent. Plus on est divisé, plus on croit que c’est la faute au mec d’à côté qui gagne 325 euros de plus que moi. Et puis on nous dit, que Monsieur Bernard Tapie a détourné des centaines de millions, Cahuzac des millions… Combien ça représente de fois les 1000 euros que le gars a gratté de chômage ou de RSA. On nous dit que l’Unedic est déficitaire, déjà Tapie en a pris un tiers. Comptons sur nous, et pas sur eux !

D’où t’est venue la chanson Prison dorée, comment tu l’as écrite?

On était à la Réunion, on jouait à un festival. Les mecs nous avaient fait venir en avion, pour deux concerts, tu imagines pas, on avait fait cinq ans dans le métro, et là on se dit « ben qu’est ce qu’elle nous fait faire la musique ! » . A cause de signatures de contrats, j’ai pas pris le bon avion, et je suis rentré chez moi. Le lendemain en prenant mon café, l’idée de cette chanson est venue. Après je l’ai écrite la moitié à la Réunion, à moitié à la station Liberté, sur la ligne 8.

Dans le métro aujourd’hui, tu fais quoi quand tu vois un musicien?

J’écoute déjà, et puis même si je ne vois pas souvent de musiciens, je donne une pièce à chaque coup, car je sais que c’est crevant de faire de la musique dans les rames. Au bout de quelques heures tu es vidé.

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  • Zoufris Maracas, Flox, Dandyguel + l’école de musique de Brétigny
  • Samedi 21 juin à partir de 18h
  • Pelouse de la Piscine – rue Henri Douard à Brétigny (derrière le lycée Timbaud)