Ce lundi 16 juin étaient inaugurés les nouveaux locaux de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Essonne à Évry. Une façon pour son président et pour Manuel Valls présent pour l’occasion de faire le point sur la situation de l’artisanat.

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Depuis le 3 juin dernier, la Chambre de métiers et de l’artisanat de l’Essonne (CMA) a changé d’adresse. Ses nouveaux bureaux se trouvent désormais en plein cœur d’Évry. Toutefois, la CMA ne s’installe pas dans des bâtiments neufs pour autant. Ironie du sort ou fin calcul, la maison des artisans de l’Essonne a pris ses quartiers au sein de l’ancien centre de formation d’Évry . Une cérémonie d’inauguration a eu lieu ce lundi 16 juin en présence de nombreuses personnalités du département.

Ainsi, la chambre consulaire dédiée aux artisans et entrepreneurs individuels vient d’emménager dans les locaux situés Cours Blaise Pascal. C’est une seconde jeunesse pour ce bâtiment édifié dans les années 1980. « Le site a plus de 30 ans. Il fut désaffecté en 2005 suite à la création de la Faculté des Métiers de l’Essonne à Évry, rappelle Laurent Munerot, président de la CMA. La décision d’implanter la CMA ici provient du changement d’affectation du CFA ».

Avec ce changement d’adresse, la maison de l’artisanat essonnienne peut ainsi profiter d’un espace plus important. « Nous triplons les surfaces de formations, ce qui améliore la qualité de nos services et des offres que nous proposons aux artisans du département », ajoute Laurent Murenot. C’est aussi un déménagement qui réjouit de nombreux artisans comme ce pâtissier venu avec ses apprentis de la Faculté des Métiers de l’Essonne. « C’est un peu la suite logique. Quand j’étais jeune, j’ai suivi ma formation dans ce lieu, et aujourd’hui, c’est la CMA qui occupe ce bâtiment. En quelque sorte, la boucle est bouclée ».

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« Participer au développement économique de l’Essonne »

Ainsi, avec ce déménagement, la « nouvelle » Chambre des Métiers de l’Artisanat se retrouve à proximité de la gare et des institutions telles que la CCI voisine. Dans ce nouveau cadre, elle sera en position « favorable pour remplir l’ensemble de ses missions », assure Laurent Munerot. Et des missions, la CMA en a une multitude, comme celles de proposer « une écoute, apporter une présence et d’être disponible, bref d’aider à promouvoir les différents corps de métiers, rappelle son président. À ce titre, nous souhaitons instituer le développement d’une plateforme opérationnelle d’offres et de services ». Le tout a pour but de renforcer le maillage du réseau des artisans. « La CMA nous permet notamment de recenser l’ensemble des différents prestataires et autres artisans du département, résume ce pâtissier. En plus de ce carnet d’adresses, l’organisme nous permet d’entrer en contact plus facilement avec les différents acteurs locaux ».

Outre ces aspects pratiques, la maison des artisans se doit également de veiller au bon développement de ces entreprises, qui à terme influe sur la croissance économique départementale. « Je dirais qu’avec notre nouveau siège de la CMA, nous apportons une contribution en faveur du développement économique essonnien. D’autant plus que nous serons portés par des projets d’envergures nationales qui influeront à coup sûr sur nos entreprises artisanales, à l’image du futur Grand Stade de rugby », indique Laurent Munerot.

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Favoriser l’apprentissage

En plus de l’aspect du développement économique du territoire, cette soirée inaugurale devait mettre aussi en lumière l’apprentissage. Présent en compagnie de nombreux élus de l’Essonne, le premier ministre et ancien maire d’Évry Manuel Valls a prôné les atouts de la voie de la formation. « On dit souvent que l’artisanat est la première entreprise de France, et c’est totalement vrai, assure Manuel Valls. Néanmoins, nous remarquons que le nombre d’apprentis a baissé en 2013 pour atteindre 435 000 en France. C’est malheureusement insuffisant », note le chef du gouvernement.

Pour Manuel Valls, ces chiffres s’expliquent par l’image réductrice véhiculée par les jeunes générations à propos de ces métiers. « Aujourd’hui, ce milieu jouit d’une mauvaise image de la part des jeunes qui voit en ce métier un échec de leur scolarité. Or, ce n’est pas du tout cela. 10% de la population active travaille dans l’artisanat, soit près de 3 millions de personnes ». « 21 000 entreprises sur les 173 000 que compte la région sont essonniennes », rajoute Laurent Munerot pour évoquer l’importance du secteur en Essonne.

De plus, dans de nombreux milieux de l’artisanat comme la restauration, le bâtiment, les services et comme dans la moitié de l’industrie française, la loi du 5 mars 2014 permet la gratuité de l’apprentissage pour l’employeur et l’apprenti, l’apprentissage pour les jeunes de 15 ans, ou encore de déboucher sur des CDI.

Le premier ministre, dont le fils aîné a choisi de suivre une de ces formations espère que l’établissement évryen sera «  un levier pour guider les jeunes vers l’emploi en cette période de crise ». Le gouvernement souhaite ainsi atteindre la barre des 500 000 apprentis au niveau national pour 2017.