Vendredi matin, le premier ministre François Fillon, accompagné par trois membres de son gouvernement, a effectué une visite dans le quartier du Canal de Courcouronnes, pour l’occasion quadrillé par les forces de l’ordre (lire notre article). Cette rencontre a signifié la reprise en main par le premier ministre de la question de la politique de la ville, au sein d’un quartier urbain en pleine mutation.

  • Photo (de gauche à droite) : Stéphane Beaudet (Maire UMP de Courcouronnes), Maurice Leroy (Ministre de la Ville) et Georges Tron (Secrétaire d’Etat à la fonction publique et Maire UMP de Draveil)

A un peu plus d’un an de l’échéance présidentielle, François Fillon reprend la main sur la problématique urbaine, avec la remise en route d’un comité interministériel des villes. Avant une réunion de travail organisée à Matignon, le premier ministre a réalisé une visite de terrain en Essonne, à Courcouronnes. C’est au sein du quartier du Canal, qui bénéficie notamment de financements de l’ANRU (Agence Nationale de Rénovation Urbaine), qu’il est allé présenter quelques axes de travail de la nouvelle politique de la ville du gouvernement.

Il était à cette occasion accompagné des deux ministres essonniens, Nathalie Kosciusko-Morizet et Georges Tron, ainsi que du ministre de la Ville Maurice Leroy. Plusieurs élus et personnalités locales se sont joints à la visite, comme le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Gérard Huot, les sénateurs Serge Dassault et Laurent Béteille, le président du Conseil général Michel Berson ou encore le député et maire d’Evry Manuel Valls.

Emploi et éducation au menu de la visite

Stéphane Beaudet, qui a présenté à François Fillon le travail réalisé au sein de sa commune, s’est réjouit d’une telle visite. Il a parlé d’une « reconnaissance du travail expérimental effectué sur Courcouronnes, notamment dans le volet socio-éducatif » . Présent de manière officielle sur les lieux, le nouveau préfet de l’Essonne Michel Fuzeau a quant à lui indiqué que « les zones urbaines sensibles dont on parle souvent d’une manière négative montrent au contraire qu’elles sont aussi et surtout des zones de ressources pour notre vie économique » . Il a également parlé d’un « éclairage extrêmement intéressant, avant la mise en place du comité interministériel des villes » qui a eu lieu dans la foulée à Paris.

Cette visite a servi à mettre en avant les questions relatives à l’emploi dans les quartiers. Une grande partie a consisté en des discussions sur l’apprentissage et les dispositifs d’aide à la création économique. Avec la visite d’un espace particulier qu’est le pôle enfance du Canal, qui regroupe les quatre anciens centres de loisir, l’accent a été porté sur les politiques socio-éducatives à réaliser dans les quartiers urbains. Le tout a été préparé dans le cadre du comité interministeriel des villes, relancé l’après-midi même.

Un « verre d’eau de communication dans un océan d’urgences » pour le PS

Le choix de la ville de Courcouronnes pourrait également, même si il s’en défend, être mise au crédit du maire UMP de la ville, Stéphane Beaudet, qui a récemment été nommé secrétaire national du parti présidentiel chargé de la rénovation urbaine. De son côté, le Parti Socialiste, par la voix de sa secrétaire nationale à la Politique de la ville Marianne Louis, par ailleurs adjointe au maire d’Evry, a critiqué « le manque d’ambition » de la politique gouvernementale à l’égard des quartiers. L’élue d’Evry a ainsi parlé d’un « verre d’eau de communication dans un océan d’urgences » concernant les mesures annoncées par François Fillon. En premier lieu de celles-ci, la poursuite des contrats d’autonomie, à destination des jeunes des quartiers dits sensibles, a reçu les foudres de la secrétaire nationale du PS, qui les considère comme « inefficaces » .

A l’approche de 2012, la question de la ville, et plus précisemment la manière dont devra être conduite la future politique à destination des quartiers, semble revenir sur la table. La tournure de ce prochain débat prendra à coup sur des airs essonniens. Marianne Louis et Stéphane Beaudet, qui chacun dans leur parti occupent désormais une fonction centrale dans l’établissement du programme des deux principaux partis français, seront inévitablement influencés par leurs expériences locales respectives sur Evry et Courcouronnes.