Dimanche 25 mai, les élections européennes ont rendu leur verdict net et sans appel : celui d’un raz-de-marée du Front national sur de nombreuses circonscriptions françaises. En Ile-de-France, l’UMP parvient tout de même à l’emporter face au parti frontiste qui enverra ses premiers eurodéputés à Bruxelles.

FN

Ce dimanche 25 mai, les électeurs français étaient attendus dans les bureaux de vote pour élire une partie des 751 députés européens qui siégeront à Bruxelles et à Strasbourg. Le vote français concluait avec une grande partie des autres États membres de l’Union Européennes ces élections entamées le jeudi 22 mai par les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Ce dimanche soir donc, 74 eurodéputés ont été reconfirmés dans leur fonction ou simplement élus pour la première fois par les électeurs de l’Hexagone.

Arrivé en tête de ce scrutin, le Front national récolte ainsi près de 25% des suffrages. Une première au niveau national pour le parti frontiste qui se place en grand vainqueur de ces élections. Le parti de Marine Le Pen réalise même presque le grand chelem arrivant en tête dans six des huit circonscriptions que compte la France. Le FN enverra au total pas moins de 25 eurodéputés à Bruxelles. Derrière, l’UMP, le PS, le MoDem-UDI, les Verts ou encore le Front de Gauche se partagent les derniers postes. Avec un score de 20%, l’UMP est la seule formation politique à tenir tête au Front National, en remportant le plus de sièges dans la circonscription Ouest et dans la région Ile-de-France.

Des résultats qui ont fait réagir une grande partie de la classe politique française dont le Premier ministre Manuel Valls. « Des scores médiocres pour les partis du gouvernement […] J’en appelle à un véritable sursaut républicain  », déclarait en début de soirée l’ancien maire d’Évry Manuel Valls, également repris par son successeur Francis Chouat. Le Premier ministre a par ailleurs pointé du doigt une « abstention toujours aussi massive ». Comme en 2009 lors du précédent scrutin, le taux d’abstention avoisine les 57%.

Le FN en tête dans plusieurs communes

Dans la circonscription Ile-de-France où 15 sièges étaient à pourvoir, la vague « Bleu Marine » n’a pas tout emporté sur son passage comme dans le Nord de la France ou la présidente du parti frontiste réalise un score de 32%. C’est ainsi la liste UMP conduite par Alain Lamassoure qui s’adjuge le meilleur résultat avec 21% des suffrages devant la liste estampillée FN d’Aymeric Chauprade. Toutefois, cette dernière se place en tête dans de nombreuses communes comme Draveil, Sainte-Geneviève-des-Bois, Morangis, Athis-Mons, Chilly-Mazarin ou encore Savigny-sur-Orge.

Une première qui réjouit sa secrétaire départementale Audrey Guibert. « La victoire des patriotes est amorcée » déclare-t-elle sur les réseaux sociaux. Rencontrée peu de temps avant le scrutin en compagnie de certains de ses colistiers en séance de tractage sur le marché d’Arpajon, celle qui était sixième sur la liste expliquait « vouloir surfer sur la vague des municipales pour ces élections ». Elle visait ainsi un score de « 16 à 20% ». C’est chose faite avec les presque 18% obtenus par Aymeric Chauprade. D’autant plus que sur les résultats à l’échelle du département, le Front national sort vainqueur de ces élections, récoltant 20,86% des suffrages face à l’UMP qui plafonne à 18,44%.

Les Verts, grands perdants du scrutin

En 2009, l’UMP raflait 5 sièges, les Verts 4, le PS 2 et le Front de Gauche et le MoDem 1. Cinq ans plus tard, ces formations politiques comptent toutes au minimum un eurodéputé à l’issue du scrutin de ce dimanche 25 mai. L’UMP se place une fois de plus en tête avec quatre sièges. Avec un total de 14%, la députée sortante socialiste Pervenche Bérès s’octroie trois sièges, tandis que Marielle De Sarnez et Jean-Marie Cavada sont élus pour le MoDem-UDI avec plus de 11% des voix. Patrick Le Hyaric sauve sa place d’eurodéputé du Front de Gauche en décrochant presque 7% des voix et en se plaçant premier des suffrages sur la commune de Grigny.

Quant aux Verts, leur contingent européen est divisé par deux, passant de quatre à deux postes (9%). La faute en partie à un score deux fois moins élevé qu’en 2009 et au raz-de-marée bleu marine. Grâce à ses résultats, le FN devrait avoir entre 3 et 4 eurodéputés. « Il ne faut pas oublier que nous partions de zéro » rappelait Audrey Guibert.

Pas de députés essonniens

Si les écologistes perdent quelques unités, ils conservent tout de même quelques députés à l’inverse des autres listes qui se présentaient. Sur les 31 candidatures déposées sur la circonscription Ile-de-France, six ont obtenu des places au Parlement européen. Ce n’est pas le cas pour le parti de Nicolas Dupont-Aignan, Débout La République. Son tête de liste, Dominique Jamet a obtenu près de 4% des suffrages. Un score qui ne permet pas à DLR d’avoir des eurodéputés, mais qui ne semble pas décourager le maire de Yerres. « Nous doublons notre score de l’élection présidentielle de 2012 alors que nous étions minorés par les sondages et les pronostics […]. Cela montre plus que jamais qu’il existe désormais en France une voie « ni système, ni extrêmes » pour un projet patriote et républicain dans notre pays », se félicitait NDA.

Au final, il n’y aura aucun eurodéputé essonnien. Respectivement cinquième et sixième des listes socialiste et FN, Hella Kribi-Romdhane et Audrey Guibert n’ont pas obtenu leur billet pour Bruxelles. Même constat pour Gabriel Amard. Pourtant tête de liste du Front de Gauche dans la circonscription de l’Est, l’ancien maire de Viry-Châtillon et ancien président de la CALE n’a finalement remporté que 5,2% des suffrages, insuffisant pour décrocher un poste.