Le Conseil général revoit sa copie quant à la manière d’endiguer la précarisation dans le département, notamment chez les jeunes et les allocataires du RSA.

Ce n’est un secret pour personne : les temps sont durs d’un point de vue économique et social pour les Français. Les Essonniens n’y échappent pas non plus. Les chiffres sont durs, et le Conseil général, en accord avec plusieurs acteurs du tissu social du 91, tente d’enrayer cette spirale. Début 2012, un Plan départemental d’insertion (PDI) a été adopté. Celui-ci est notamment censé aider à l’accompagnement des allocataires du Revenu de solidarité active (RSA).

Mais le constat fait par Guy Bonneau (vice-président du CG) n’a rien de réjouissant. Depuis deux ans, le nombre d’allocataires a augmenté. « Entre 2011 et 2012, il y a eu 8% d’augmentation. Entre 2012 et 2013, nous en sommes à +11%. Et il est à craindre que pour 2013, l’augmentation soit aussi dans ces eaux-là », explique Guy Bonneau. Le nombre d’allocataires est ainsi passé d’environ 21 000 en 2012 à presque 24 000 fin 2013. Guy Bonneau souligne la complexité de l’accès au RSA pour des personnes peu au fait et peut-être mal à l’aise à l’idée de s’y résoudre. « Quand on a des taux de 30–35% de gens qui ne font pas la démarche, il faut s’interroger », reprend-t-il, car « ceux qui « passent entre les mailles du filet », on les retrouve ailleurs. »

L’une des décisions majeures a donc été de prolonger le PDI jusqu’à fin 2015, soit un an plus tard que ce qui était initialement prévu. La volonté du CG est d’élargir son plan d’action à toutes les personnes touchées par la précarité. Un investissement de 300 000€ est prévu avant la fin de l’année pour lutter contre la pauvreté. Le CG mise également sur l’inclusion sociale et l’insertion par l’activité économique ; les contrats aidés et les contrats d’avenir doivent ainsi être davantage employés. Et, en parallèle au PDI, un nouveau Plan Territorial d’Insertion plus resserré doit être mis en œuvre sur 2014–2015 avec les principaux acteurs sociaux de l’Essonne, dans le mesure où le précédent pacte « n’a pas bien fonctionné » selon Guy Bonneau. Le vice-président se veut malgré tout optimiste sur l’avenir à court terme, disant vouloir « être un peu moins ambitieux sur les engagements mais arriver à les tenir. »