Alors que les élections européennes se dérouleront le 25 mai, l’ensemble des candidats s’active pour que le taux d’abstention soit le moins élevé possible. Une mission qui ne semble pas gagnée d’avance.

Dans quelques jours, les citoyens européens seront attendus dans les bureaux de vote afin d’élire les 751 députés européens qui siégeront à Bruxelles et à Strasbourg. Les eurodéputés seront ainsi élus au suffrage universel entre le 22 et 25 mai. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas auront l’honneur d’entamer ces élections dès jeudi 22 mai, tandis que des pays comme la Lettonie voteront le samedi 24 mai, soit un jour avant le reste des pays membres de l’Union, dont la France. Ce dimanche 25 mai, les électeurs français devront élire 74 députés, dont 15 pour la seule circonscription de l’Île-de-France à laquelle appartient l’Essonne.

Une élection qui détient cependant le triste record du plus fort taux d’abstention. En 2009 lors des précédentes élections, moins de la moitié des 6 800 000 inscrits que comptait la circonscription Île-de-France s’était déplacée pour venir voter. Le taux d’abstention avait flirté avec la barre des 60%, atteignant finalement 57,94%.

La question d’un remake de 2009 peut encore se poser, surtout que l’abstention avait été déjà très prononcée lors des derniers scrutins municipaux, traditionnellement réputés pour être très suivis des électeurs. L’influence directe sur le choix du président de la Commission européenne qui sera élu par le Parlement constituera la « nouveauté » de ces huitièmes élections européennes. Reste à savoir si cela motivera les citoyens européens à venir voter ce dimanche.

Des électeurs très partagés

Alors que la date du scrutin s’approche à grands pas, la campagne commence à battre son plein. Les candidats multiplient les déplacements dans l’ensemble des huit départements de la circonscription. Certaines têtes de liste y mettent les gros moyens comme le PS qui tenait meeting lundi 19 mai à Évry en présence du premier ministre Manuel Valls. Pour autant, une partie des électeurs ne semble pas captivée par les débats.

Interrogés au sujet des élections européennes, certains Essonniens ne cachent pas leur désintérêt total pour l’évènement. C’est le cas de Jacotte qui vit à Viry-Châtillon. « Ce sont des élections qui n’intéressent plus personne, assure-t-elle. On ne sait même pas ce que les députés votent au Parlement ». « C’est bien trop loin pour moi, souligne cet homme de 42 ans, habitant de Juvisy. Je me suis déplacé pour voter pour les municipales, car je trouve que le lien entre le maire et ses concitoyens est plus fort qu’entre un député européen et ses administrés. Voter est un devoir, mais je ne pense pas que je me déplacerai ce dimanche ». Une élection qui souffre donc d’un certain manque de transparence pour ces Essonniens.

Entre ceux qui se sentent « noyés dans les institutions européennes » comme l’explique cette jeune étudiante de 22 ans et qui se posent encore la question si ils iront ou non voter dimanche 25 mai, il y a aussi ceux qui voteront quoiqu’il arrive. C’est le cas de Régis. Grignois depuis plus de vingt ans, il ira voter pour faire en sorte que « l’Union Européenne tourne encore. L’UE a permis la création de nombreuses subventions et d’aides. Il faut que cela continue, car sans l’Europe, je pense que notre pays aura du mal à sortir de la crise. Voilà pourquoi j’irai voter ».

Les candidats souhaitent inverser la tendance de 2009

Face à la menace d’une participation faible, les candidats aux élections européennes n’hésitent pas à motiver les troupes pour aller voter au début de leur meeting. De passage dans la commune de Grigny, le tête de liste Front de Gauche et eurodéputé sortant Patrick Le Hyaric ne tarde à entrer dans le vif du sujet lors de son meeting du 13 mai dernier. « Tout le monde nous prédit un taux d’abstention fort, à vous de faire changer la donne ».

Le mot d’ordre est globalement le même pour tous, faire reculer cette abstention pour que les résultats soient encore plus représentatifs de la société. Ainsi, chaque candidat est réaliste sur la situation actuelle concernant les élections. Certains vont même jusqu’à évoquer le « désamour » des citoyens pour ce scrutin européen qui serait renforcé par un contexte national hostile. C’est ce que pense le président du Conseil général de l’Essonne Jérôme Guedj. « Il y a une forme de distance par rapport à cette élection. Il y a un peu de désespérance dans certaines formations politiques dans cette période ».

Afin de lutter contre cette abstention, Marielle de Sarnez, députée sortante et candidate de l’Alternative (UDI-MoDem) a choisi d’insister sur l’action de l’Europe sur le territoire. En déplacement au début du mois de mai à Massy, la centriste a expliqué que « l’Europe, c’est du quotidien. En Essonne, les subventions européennes entrent en compte dans le soutien économique de grands projets, mais aussi sur des choses qui impactent sur le quotidien, comme la création de crèches, d’écoles, de missions d’intégration locale pour les personnes au chômage. Seulement en France, on ne sait pas quels sont les projets financés par l’Europe à l’inverse des autres pays où tout est référencé ».

Outre le lien avec le territoire, les candidats optent aussi pour la composition de la nouvelle majorité européenne. « L’enjeu est de savoir quels députés allons-nous envoyer au Parlement ? Quelles lois, directives ou orientations sociales, économiques et culturelles vont-ils prendre ? ». « En votant, nous pouvons être acteurs de ce choix qui régira la politique européenne pendant cinq ans », ajoute la candidate socialiste Pervenche Bérès.

Du côté des partis qui souhaitent quitter ou réformer l’Europe, l’idée est également de faire en sorte que le taux de participation soit le plus élevé possible. Le FN a choisi ainsi la thématique nationale. « Il faut redonner un nouveau souffle à la France, assure la secrétaire départementale du FN, Audrey Guibert, 6ème sur la liste conduite par Aymeric Chauprade. Même dans un contexte politique compliqué, les électeurs doivent venir voter pour l’alternative que nous proposons ». Enfin, il y a ceux qui tentent de faire venir les abstentionnistes en « expliquant aux gens ce qu’est l’Europe, mais aussi en indiquant que s’abstenir, c’est donner une voie pour les extrêmes », souligne Valérie Bugault, deuxième sur la liste de l’Union Populaire Républicaine (UPR), conduite par François Asselineau.

Chacun a donc sa méthode pour faire en sorte que le taux de participation soit plus important que les 40% de 2009. Reste maintenant à savoir si cela portera ses fruits dimanche 25 mai.

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