À l’issue d’un vote sans grand suspense, Robin Reda est devenu le nouveau président de la communauté d’agglomération des Portes de l’Essonne (CALPE). Une première séance très tendue, marquée par le départ des membres de l’opposition de gauche avant la fin de la réunion.

CALPE

Nous avons assisté à une passation de pouvoir cet après-midi du dimanche 27 avril à la communauté d’agglomération des Portes de l’Essonne (CALPE). Comme dans une grande partie des intercommunalités essonniennes, cette agglo était fortement susceptible de passer dans l’escarcelle de la droite suite aux résultats des dernières élections municipales. Restées dans le giron de la droite, les villes de Savigny-sur-Orge et de Paray-Vieille-Poste ont été rejointes par les communes d’Athis-Mons et de Juvisy-sur-Orge qui ont basculé fin mars. Pour sa part, la gauche a dû se contenter de la seule commune de Morangis.

Ainsi, la tendance de l’alternance vue dernièrement à la CALE, s’est vérifiée ce dimanche après-midi lors du conseil communautaire d’installation de la CALPE. Réunis au siège de l’intercommunalité à Athis-Mons, les 54 élus communautaires ont voté pour élire celui qui sera le président de l’agglomération durant les prochaines années. Et le suspense n’aura pas duré très longtemps.

En effet, quelques heures avant le début de ce conseil, un candidat a choisi de retirer sa candidature. Et cette personne n’est autre que le nouveau maire de Savigny-sur-Orge Éric Mehlhorn. « Bien qu’étant le maire de la commune la plus importante de l’agglomération, j’ai décidé de ne pas présenter ma candidature à cette élection, explique l’édile savinien. Assurant aussi le mandat de conseiller général du canton de Savigny depuis mars 2006, l’exercice de nouvelles responsabilités m’empêcherait d’assurer la plénitude des engagements que j’ai pris devant les Saviniens au fil des années passées. C’est la raison pour laquelle je ne souhaite pas cumuler ces fonctions avec un nouveau mandat ». Après avoir appelé les élus de Savigny à soutenir la candidature de Robin Reda, ce dernier a donc laissé le jeune maire Juvisy se présenter seul au poste de président de la CALPE.

 

Robin Reda impose son style

Seul candidat en lice, Robin Reda a été élu haut la main, récoltant 45 voix sur les 54 votes exprimés, les neuf autres étant nuls. Une seconde victoire de rang pour le jeune homme de 22 ans. Plus jeune maire de France pour les communes de plus de 10 000 habitants, le Juvisien est sans conteste devenu le plus jeune président de communauté d’agglomération de France ce dimanche 27 avril. Il administrera donc cette intercommunalité qui dénombre plus de 100 000 âmes. Une fierté pour lui qui vient s’ajouter à celle de voir sa commune obtenir la présidence. « Juvisy est au cœur des problématiques intercommunales et tient une place importante dans l’attractivité de toute l’agglomération ».

Une élection remarquée et dont une partie des élus de la majorité et de l’opposition se félicite. C’est le cas pour l’ancien maire de Juvisy, Étienne Chaufour (DVG). « Je félicite Robin Reda, car c’est un élu qui ne vient pas des grosses communes qui endosse le rôle de président. Aujourd’hui ce sont trop souvent les communes le plus peuplées qui obtiennent ces présidences (Ndlr : Juvisy compte 15 000 habitants contre près de 40 000 pour Savigny) ».

À sa prise de parole, le successeur de l’Athégien François Garcia au poste de président de la CALPE a imprimé sa marque, notamment sur la question des dépenses. « Faire décroître les dépenses de l’agglo sera un des points importants de ce mandat. Je souhaite à ce titre baisser immédiatement l’indemnité du président de 50% pour l’aligner sur celles de mes collègues vice-présidents », a assuré Robin Reda. L’élu a ainsi voulu, par le biais de son premier discours, tirer un trait sur la gestion de l’ancienne majorité. « Nous ne pouvons pas nous laisser aller à l’indécence », souligne celui qui est également maire de Juvisy pour « rompre avec ce passé ».

Outre ce point sur les finances de la CALPE, le nouveau président en a profité pour évoquer quelques-unes des grandes thématiques de ce nouvel exercice. Parmi elles, le développement économique avec la question de l’emploi, la sécurité et le thème de l’urbanisme qui devra « respecter l’histoire du territoire », selon Robin Reda. Le but sera de « répondre aux grands enjeux qui s’ouvrent à notre territoire, car nous accusons déjà un gros retard », indique le président.

L’UMP fait carton plein

En plus des propositions d’axes présentées par Robin Reda, celui-ci a martelé l’union entre les différentes communes qui composent la CALPE. « Nous devons nous engager dans la coopération », a-t-il expliqué en début d’intervention. Le nouveau président de l’agglo a choisi d’appliquer cette logique autour de la désignation de onze vice-présidents. Un choix qu’Étienne Chaufour « ne comprend pas ». L’opposant de Robin Reda aux élections municipales regrette le fait qu’avec cette nouvelle disposition, « toutes les communes ne soient plus représentées de manière égalitaire. Cela pourrait créer des problèmes dans le futur notamment pour Juvisy qui gagne la présidence au profit de la perte d’une vice-présidence ». « Les villes les plus peuplées auront droit à un conseiller de plus que les autres, du moment que les cinq maires figurent dans l’exécutif », lui répond le maire de Morangis, le divers gauche Pascal Noury. Ainsi, Éric Mehlhorn, Christine Rodier, Alain Védère et Pascal Noury ont respectivement obtenu les postes de la première à la quatrième vice-présidence. Conformément à ce qui avait été établi par les différents maires durant l’interruption de séance qui a précédé le vote des attributions des vice-présidences, les communes les plus peuplées – Savigny et Athis-Mons – ont obtenu trois élus chacune.

Alors que tout s’était passé dans le calme le plus plat, les choses se sont finalement envenimées avec l’attribution des derniers postes. En plus de la présidence, la droite s’est octroyé dix des onze sièges de vice-président. Seul le maire de Morangis Pascal Noury a obtenu un poste. De plus, sa majorité n’a pas réussi à placer un de ses colistiers pour la seconde vice-présidence réservée à la commune, étant donné que c’est l’ancienne candidate UMP Brigitte Vermillet qui a été élue. Même constat dans les autres communes, où l’opposition de gauche n’a pas réussi à remporter de sièges. L’UMP réussit également a placer Pascal Picard, élu d’opposition à Paray-Vieille-Poste 10ème vice-président pour représenter la commune gérée par le divers droite Alain Védère. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle vécue par la CALE le 17 avril dernier.

Ce nouveau bureau exécutif n’est ainsi pas au goût de l’opposition de gauche. Cette dernière, leurs leaders en tête comme Pierre Guyard, François Garcia ou Étienne Chaufour, a en partie quitté la réunion avant sa fin. « La CALPE entre dans une logique opposée à l’intérêt général. Les conseillers de droite ont privilégié dans leurs votes leurs amis de l’UMP au lieu de respecter les majorités issues des choix de chaque commune. Donc des vice-présidents tête de listes minoritaires au lieu d’adjoints ! Nous quittons le conseil », a expliqué l’élu socialiste Patrice Sac pour justifier leur acte.

Même si le mot d’ordre de Robin Reda était l’unité, le torchon n’aura pas mis très longtemps avant de brûler entre la majorité et l’opposition. Et cela, même si le président de la CALPE a déclaré que « c’est à cinq que nous orienterons l’agglomération de demain avec des éléments de désaccord bien sûr, mais aussi avec des consensus ». Bref, la prochaine séance sera l’occasion de voir si les tensions sont toujours aussi présentes…