La Maison Départementale des Personnes Handicapées de l’Essonne (MDPH) a reconnu l’électrosensibilité comme un handicap et a, pour la première fois en France, apporté une aide financière à un Essonnien gravement touché.

Jonathan est l’une des nombreuses personnes touchées par l’électrosensibilité. Ancien technicien de la recherche dans un laboratoire de chimie, cet Essonnien de 32 ans a été contraint d’arrêter de travailler en 2011.

Les premiers symptômes

« Au début j’avais des symptômes plutôt bénins », déclare-t-il. A ce moment, il était alors totalement impossible de connaître la raison de ces symptômes. Il n’a cependant pas fallu longtemps à Jonathan pour faire le rapprochement entre ces maux et son lieu de travail. « Je travaillais tous les jours avec un appareil qui émet beaucoup d’ondes », explique-t-il. « En rentrant dans la pièce, j’avais des sortes de vertiges ».

Ces mêmes vertiges se sont ensuite aggravés. « Les symptômes sont très très variables selon les gens », précise Jonathan. Lui, il souffrait de fortes douleurs à la tête, de troubles digestifs, de problèmes de circulation et de douleurs aux cervicales. « Je ressentais comme une aiguille dans la colonne vertébrale », ajoute-t-il. Et les problèmes de Jonathan ne s’arrêtaient pas là. D’autres symptômes apparaissaient ensuite de façon différée. « J’avais aussi des troubles de la concentration et des pertes de mémoire », poursuit l’Essonnien.

Le premier à être aidé…

Après de nombreuses consultations, Jonathan était toujours autant dans l’impasse. « Peu médecins ne voulait faire le rapprochement entre mon travail et mes symptômes », déplore-t-il. Aucun, sauf un, Dominique Belpomme, professeur et médecin en cancérologie, ainsi que Président de l’Artac (Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse). Ce médecin a su établir un lien direct entre les ondes électromagnétiques (redoutées par les Montgeronnais depuis l’installation du pylône de la gare) et les symptômes de Jonathan.

Pas suffisant néanmoins pour que son cas soit reconnu en tant que maladie professionnelle selon les critères établis par la Sécurité Sociale. Dans l’espoir de faire changer les choses, Jonathan a donc « déposé un recours au tribunal administratif ». A ce jour, il attend encore une réponse. Et s’il n’a pas encore obtenu gain de cause, il a pu constater l’énorme pas effectué par la MDPH (organisme sous la tutelle du Conseil général) de l’Essonne à ce sujet. En effet, cette structure active depuis 2006, ayant pour fonction de traiter les questions sur les droits et prestations des personnes handicapées, a reconnu cette maladie comme étant un réel handicap.

En janvier de cette année, Jonathan a alors pu profiter d’une aide financière lui permettant d’acheter les choses essentielles à sa protection contre les ondes électromagnétiques. Sa maison est désormais aménagée du mieux possible. Son lit est par exemple protégé par un baldaquin anti-ondes. Pour sortir, il a aussi pu acheter « de quoi se couvrir la tête et le cou », soit les zones les plus sensibles.

…et peut-être pas le dernier

Bien que cette aide paraisse évidente, elle est pourtant inédite en France. La MDPH de l’Essonne avait déjà accordé le statut de travailleur handicapé à plusieurs personnes électrosensibles, mais jamais une aide financière n’avait encore été versée, si l’on en croit les dires de Sophie Pelletier, co-fondatrice du Collectif des électrosensibles de France.

Ce collectif, créé en 2008 par un ingénieur souffrant de symptômes liés aux ondes électromagnétiques, a pour but de rassembler et mobiliser les personnes touchées, par le biais d’un forum notamment. « Les personnes atteintes se retrouvaient souvent seules », explique Sophie Pelletier. Aujourd’hui reliée à l’association PRIARTèM (Pour une Réglementation des Implantations d’Antennes Relai de Téléphonie Mobile), ce collectif prend de plus en plus d’ampleur. Quant à Jonathan, il espère un jour pouvoir « retravailler pour le même employeur« , et ce, depuis son domicile.