Avec les dernières élections municipales, l’Essonne aura subi quelques chamboulements au niveau des intercommunalités. La droite gagne ainsi de nouvelles positions dans certains endroits bien que l’on s’interroge encore sur la composition des différentes majorités.

EPCI

L’élection d’un maire pour chacune des 196 communes de l’Essonne n’était pas le seul enjeu des scrutins des 23 et 30 mars derniers. En effet, le second objectif consistait à déterminer le nom des conseillers communautaires pour chaque intercommunalité. C’était d’ailleurs une des grandes nouveautés de ce scrutin. Ainsi, les électeurs ont élu les membres de 10 communautés d’agglomération (CA) et de 7 communautés de communes (CC). Sans oublier les trois intercommunalités englobant des villes de l’Essonne et d’autres départements, comprenant les communes de Varennes-Jarcy, Bièvres, Verrières-le-Buisson et Wissous.

Au total, ce sont donc 17 intercommunalités essonniennes qui ont vu leurs conseils être renouvelés. Avant ces élections, la gauche était majoritaire dans la partie Nord du département, totalisant pas moins de sept agglos à l’image de la CA d’Évry Centre Essonne dans laquelle se situe la capitale essonnienne. Quant à elle, la droite administrait dix intercommunalités, pour la plupart localisées dans le Sud du département, avec notamment l’Étampois Sud-Essonne. Ces élections communautaires ont ainsi été le moment de bousculer l’ordre établi dans ces différents organes qui jouissent de plus en plus de compétences.

Un raz-de-marée bleu

Après « le tsunami et l’hécatombe » subis par la gauche comme le rappelait au soir du second tour le président du Conseil général Jérôme Guedj, les couleurs politiques de quelques intercommunalités ont sensiblement changé. En perdant certains de ses bastions, la gauche a payé les frais de cette élection en léguant des positions à la droite. « Il n’y a pas que des villes qui ont basculé », analysait Christine Rodier le soir de son élection à Athis-Mons. « Les Portes de l’Essonne (CALPE) sont également tombées après avoir été administrées pendant quatorze ans par la gauche » conclut-elle. Bien que tous les regards ne soient pas encore tournés vers la présidence de cette agglo, certains y pensent déjà, à l’image du nouveau maire de Savigny-sur-Orge. « Savigny est la plus grosse commune de l’agglo, souligne Éric Mehlhorn. Elle doit donc avoir une ou plusieurs places de choix. Nous avions été contraints d’intégrer la CALPE en début d’année dernière, maintenant, il faut rééquilibrer les compétences ».

La CALPE n’est pas la seule à avoir connu cette destinée au soir du 30 mars, d’autres ont suivi le même chemin, victimes du basculement de plusieurs communes de gauche à droite. C’est ainsi le cas du Syndicat d’Agglomération Nouvelle de Sénart en Essonne (SAN Sénart). « Sur les quatre communes qui la composent, quatre sont désormais de droite, contre seulement deux auparavant. C’est une vraie satisfaction », indique le nouvel édile de Saintry-sur-Seine, Martine Cartau-Oury (UMP).

Autre inversion de taille, celui de la CA du Plateau de Saclay (CAPS) qui passe de gauche à droite. Cette dernière est désormais majoritaire dans le Nord-Ouest du département. Ce basculement a été rendu possible par la victoire de Grégoire de Lasteyrie à Palaiseau. La CAPS chavire ainsi pour la première fois à droite depuis sa création en 2003. Concernant le nom du prochain président de l’intercommunalité, chacun s’interroge sur celui qui pourrait devenir le président de la CAPS dans les prochains jours. « Il est encore prématuré pour évoquer cela. Tout est en discussion », lâche Michel Bournat, maire de Gif-sur-Yvette. Pour Grégoire de Lasteyrie, « il s’agit de se mettre d’abord d’accord sur un projet, on verra ensuite le casting » .

Outre le gain de trois nouvelles agglos, la droite consolide ses positions dans les intercommunalités qu’elle administrait. C’est le cas pour CA de Sénart Val de Seine, où toutes les communes sont de droite suite à l’élection de François Durovray à Montgeron (plus Draveil et Vigneux). Même situation pour le Val d’Yerres, où « la gauche ne gère plus qu’une commune (Ndlr : Boussy-Saint-Antoine) sur les six que compte l’intercommunalité, précise Georges Pujals, le nouveau maire d’Epinay-sous-Sénart, alors qu’elle en administrait trois il y a peu ».

Doutes sur la majorité de trois agglos ?

Les interrogations concernant la couleur politique des majorités subsistent encore dans trois intercommunalités. Dans deux d’entre elles, la droite se place en pole position pour rafler la mise. En remportant des communes comme Saint-Germain-lès-Arpajon ou encore Lardy, la droite se replace dans la course à la présidence de la Communauté de Communes de l’Arpajonnais (CCA). « L’alternance paraît possible, envisage le maire de Breuillet Bernard Sprotti. Dans le cas où nous serions en capacité de faire basculer cette intercommunalité, pourquoi pas briguer la présidence », se questionne le maire UMP. L’élection du président de la CCA se déroulera le 28 avril.

La gauche risque également de perdre la CA des Lacs de l’Essonne (CALE). Véritable bastion du Parti de Gauche, la CALE qui réunit Grigny et Viry-Châtillon pourrait basculer. Administrée par Gabriel Amard depuis sa création en 2004, la CALE n’a jamais été aussi proche de passer dans l’escarcelle de la droite. Suite à la victoire du centriste Jean-Marie Vilain à Viry-Châtillon et de celle de Philippe Rio (PCF) à Grigny, chaque bord se retrouve avec un nombre quasi similaire de sièges. Également, chacun des deux camps revendique la présidence pour sa commune. « Je ferai tout pour que la présidence revienne à Viry-Châtillon », avance Jean-Marie Vilain, qui ne souhaite pas pour autant exercer le poste de président de l’agglo. Pour cette intercommunalité, la construction d’une majorité devra se faire avec les élus de listes minoritaires, à l’image de la liste dissidente PS de Sidi Bendiab à Grigny. Avec l’appui de ce dernier, Philippe Rio pourrait obtenir 26 des 50 sièges que totalise le conseil communautaire. Seulement, vu les tensions entre les deux équipes pendant la dernière campagne des municipales – Sidi Bendiab pourrait déposer un recours pour invalider les élections –, rien n’est encore fait.

Enfin, la gauche pourrait quant à elle récupérer le Dourdannais en Hurepoix (CCDH). Consolation du PS durant les derniers scrutins avec la victoire à Dourdan de Maryvonne Boquet, la gauche pourrait faire basculer la CCDH à gauche, d’autant plus que son président Dominique Echaroux a été battu dans sa commune. « Ce ne sera pas facile, mais nous militerons pour que la présidence communautaire revienne à Dourdan », souligne la maire Maryvonne Boquet.

Grande perdante de ces élections, la gauche est cependant sûre de conserver deux intercommunalités (Val d’Orge et Évry Centre Essonne). La droite quant à elle agrandit son contingent avec douze intercos au compteur. Pour les trois autres, il faudra encore quelques jours pour qu’une majorité se dessine durant le premier conseil communautaire.