Le Québec marque le 10e anniversaire de la fusillade mortelle de la soirée électorale de 2012

MONTRÉAL – Dix ans après la fusillade survenue au Québec le soir des élections, la société a le devoir de se prémunir contre les discours violents et haineux qui menacent la démocratie, a déclaré dimanche l’ancienne première ministre Pauline Marois.

C’est le 4 septembre 2012 qu’un tireur a ouvert le feu à l’extérieur de la salle de Montréal où Mme Marois prononçait son discours de victoire, tuant une personne et en blessant grièvement une autre.

Richard Henry Bain a été reconnu coupable en 2016 d’un chef d’accusation de meurtre au deuxième degré et de trois chefs d’accusation de tentative de meurtre dans la fusillade et condamné à une peine d’au moins 20 ans sans possibilité de libération conditionnelle.

Bien que Bain ne soit pas entré dans la boîte de nuit Metropolis où la fusillade a eu lieu, le témoignage à son procès a révélé qu’il avait dit à un psychiatre légiste qu’il voulait mettre le feu à la salle et « tuer autant de séparatistes que possible », y compris Marois.

L’ancien chef du Parti Québécois a déclaré dimanche que la société a le devoir de se souvenir des attaques.

« Surtout, ne jamais oublier d’agir sur tous les fronts, à tous les égards, pour protéger notre démocratie, pour se distancer des discours violents et haineux comme ceux que nous avons entendus ces derniers jours », a déclaré Mme Marois dans un café de Montréal où elle faisait campagne aux côtés du chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.

L’attaque a assombri un moment historique pour Marois, qui venait d’être élue première femme premier ministre de la province.

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Son discours a été interrompu par deux gardes du corps, qui l’ont prise par le bras et l’ont escortée hors de la scène. Elle est ensuite revenue pour demander aux gens de quitter la salle dans le calme.

Cet anniversaire intervient alors que des politiciens en campagne électorale provinciale ont fait l’objet de menaces de violence qui ont suscité des inquiétudes quant à leur sécurité.

La candidate libérale Marwah Rizqy a rendu publiques les menaces de mort qu’elle a reçues, tandis que le bureau de circonscription d’un autre candidat libéral a été vandalisé et volé la semaine dernière. Samedi, la police provinciale du Québec a annoncé qu’elle avait arrêté une personne soupçonnée d’avoir modifié l’affiche de campagne d’un candidat de la Coalition Avenir Québec pour la faire dégouliner de sang.

Interrogé sur l’anniversaire de la fusillade dimanche, le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, a déclaré qu’il avait compris, d’après ses conversations avec la police, que celle-ci avait tiré des leçons de l’incident.

Il s’est également exprimé sur le climat politique chargé, qui s’est  » intensifié avec les médias sociaux « , a-t-il déclaré aux journalistes à Laval.

« Presque partout dans le monde, on se penche sur cette question », a-t-il dit. « Les solutions ne sont pas faciles et évidentes, mais nous devons y réfléchir ».

Samedi, M. Legault avait déclaré qu’il n’excluait pas d’adopter de nouvelles lois pour s’attaquer au problème s’il était réélu, notamment en ce qui concerne les médias sociaux.

Ce reportage de La EssonneInfo a été publié pour la première fois le 4 septembre 2022.

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