Dimanche, seules deux communes du Val d’Essonne ouvriront leurs bureaux de vote : Ballancourt et Itteville. Deux villes clefs dans la course à la présidence de l’Intercommunalité que mènent les clans Dugoin et Imbert.

Sur la Communauté de Communes du Val d’Essonne (CCVE), les élections municipales auront surtout révélé la lutte au sein de la Droite locale pour prendre la tête de l’institution. D’un côté le clan Dugoin, mené par celui qui fut président du Conseil général de l’Essonne, de l’autre le clan Dassault représenté par Patrick Imbert, l’actuel président de la CCVE. Dans cette guerre feutrée, chacun tente de placer ses hommes et de réduire l’influence de l’autre.

L’élection du président de l’intercommunalité pour les Nuls…

En effet, en fonction de sa population, chaque commune membre de l’intercommunalité reçoit un nombre de sièges précisément défini par la loi. Ainsi, une commune ne peut pas détenir plus de la moitié des sièges et chaque municipalité est représentée par au moins un conseiller.  Les élections municipales passées, le Conseil communautaire se réunit et désigne à la majorité absolue et à bulletin secret le président de l’Institution local. La CCVE compte aujourd’hui 57 sièges.

Trois mairies clefs : Mennecy, Ballancourt et Itteville

Dans la course à la Présidence de l’intercommunalité, tout est ainsi question de sièges. Avec huit conseillers communautaires, Mennecy est la principale pourvoyeuse de représentants. En conservant la mairie dès le premier tour grâce à l’élection de Jean-Philippe Dugoin Clément (51,56%), le clan Dugoin s’assure d’ores et déjà des places de conseillers communautaires acquis à sa cause.  Insuffisant toutefois pour s’assurer la majorité absolue, d’autant que le poste obtenu par l’opposition menneçoise ne lui sera pas acquis.

Avec six représentants, la municipalité de Ballancourt est l’autre ville phare de la CCVE. Occuper la mairie de Ballancourt, c’est là encore posséder de précieuses voix dans la course à la présidence. Indirectement, c’est aussi tenter d’empêcher l’actuel président de la CCVE d’accéder au conseil communautaire et par la même de briguer un nouveau mandat. Dans la ville, jamais campagne n’a été aussi rudement menée. Dernier fait en date, la publication à quelques heures de la clôture de campagne d’un faux tract FN. L’idée ? Siphonner des voix à la liste de Droite de Jacques Mione pour tenter de l’affaiblir. Le candidat FN a ainsi dénoncé le stratagème et déposé plainte pour usurpation d’identité à la Gendarmerie. Deux plaintes pour diffamation ont été déposées précédemment par la municipalité et l’actuel président de la CCVE. (Lire le dernier article consacré à Ballancourt)

Autre point chaud de la CCVE : Itteville et ses cinq sièges. Pour l’heure, les listes traditionnellement présentes auront à en découdre au second tour. La fusion des listes d’Elisabeth Blond (PS) et Jean Peyramaure (DVG), et le retrait de Rémy Polycarpe annoncent sans nul doute la défaite du maire sortant Alexandre Spada (UDI). Un bon point qui profitera à… Patrick Imbert.

Le duel pourrait tourner court

Globalement, le duel semble tourner à l’avantage de Patrick Imbert. La ré-élection, au premier tour de la plupart des listes sortantes laissent penser à une relative stabilité du scrutin communautaire. D’autant que dans certains villages qui ne possèdent tout au plus que trois sièges, les candidats peu enclins à soutenir celui qui est aussi Conseiller général n’ont pas rencontré le succès pour leur première tentative électorale. Les listes sortantes restent en place avec des scores confortables.