Françoise Marhuenda, en tête des votes aux Ulis au 1er tour, a fusionné avec la liste de Jean-Marie Ballo en vue du second tour dimanche 30 mars. L’édile sortante Sonia Dahou se retrouve isolée et risque de perdre la mairie.

Comment s’achèvera le scrutin municipal aux Ulis ? La campagne, très animée depuis plusieurs semaines, a pris une nouvelle tournure à l’issue du premier tour. La maire sortante Sonia Dahou (PS), qui a pris la suite de Maud Olivier en juillet 2012, ne s’est classée que seconde avec 34,80% des suffrages. Sa rivale Françoise Marhuenda, avec laquelle les rapports sont tendus, a recueilli plus de voix (39,84%). Jean-Marie Ballo, arrivé en troisième position (12,14%), se présente aujourd’hui comme un maillon décisif. Celui susceptible de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Et le candidat soutenu par le Parti de Gauche a choisi son camp.

Jean-Marie Ballo : « Nous allons remettre les choses à l’endroit »

Qualifié pour le second tour, le collectif Paroles Ulisiennes a d’abord savouré ce résultat avant d’envisager la suite. « C’est très satisfaisant », nous a confirmé Jean-Marie Ballo, qui met en avant « un travail qui a associé les Ulissiens ». Le leader de la liste, impliqué dans la vie sociale et associative, s’est depuis concerté avec son équipe pour déterminer la stratégie à adopter pour le 30 mars. Et le verdict n’a pas mis longtemps à tomber : décision a été prise de fusionner avec la liste Alternative républicaine et citoyenne de Françoise Marhuenda (MRC), sur laquelle figure l’ancien maire Paul Loridant*.

Le choix de privilégier l’option Marhuenda a été voté à une confortable majorité au sein du collectif : 30 votes positifs sur 48. « Je connais Françoise et Paul depuis longtemps », déclare Jean-Marie Ballo, qui poursuit : « Les discussions se sont très bien passées. Nous nous reconnaissons dans ce groupe. » « Il y a des divergences minimes entre nos deux programmes. Sur tout ce qui est local, il n’y a pas de différences majeures entre nous », ajoute Françoise Marhuenda. L’accord entre les deux listes prévoit, sauf changement, entre quatre et cinq postes de conseillers municipaux pour les colistiers de Jean-Marie Ballo.

L’union impossible avec Sonia Dahou

En revanche, un rapprochement avec la maire PS n’était pas envisageable. « Il n’est pas possible de travailler avec l’autre équipe », nous a confié Franck Bernard, n°3 de la liste Paroles Ulisiennes. Avant-même le rendez-vous du 23 mars, une consultation a été réalisée au sein du collectif ; seules cinq personnes étaient prêtes à envisager une union avec Sonia Dahou.

Le troisième homme du 1er tour reste critique à l’égard de la municipalité de l’édile sortante, pointant une « gestion catastrophique de la ville » et des travers tels que « le clientélisme et le copinage ». « Les Ulis ne méritent pas ça. Nous voulons sanctionner cette gestion hasardeuse. Avec une majorité de vraie gauche, nous allons remettre les choses à l’endroit. C’est ma conviction », assure Jean-Marie Ballo. Sollicitée par Essonne Info, Sonia Dahou n’était pas joignable ce mardi.

L’UMP reste en lice

Quatrième et dernier qualifié pour le second tour, Bachir El Mourabit s’avoue un peu déçu de son score (10,12%). « Je m’attendais à plus, même si j’ai commencé ma campagne tard », reconnait-il. D’autant qu’il l’assure : « Les habitants sont déçus par la politique de gauche. » Aux yeux du chef de file d’Une voix forte pour les Ulis, « les deux listes seront incapables de gérer la ville ». Hors de question, dès lors, de s’allier avec l’une ou l’autre (seule celle Lutte Ouvrière de Didier Paxion n’a pas passé le premier tour). « Notre but était de présenter une liste UMP, mais aussi de nous maintenir au conseil municipal », déclare-t-il. L’épilogue dans quelques jours.

* n°2 sur la liste Alternative républicaine et citoyenne, l’ancien maire « ne sera pas premier adjoint » en cas de victoire, nous a déclaré Françoise Marhuenda.

Mise à jour 28/03/2014 – 16h00 : La fusion Marhuenda/Ballo contestée par d’anciens membres de Paroles Ulissiennes

Nouveau rebondissement dans l’entre-deux tours des élections aux Ulis. La fusion entre la liste de Françoise Marhuenda et celle de Jean-Marie Ballo est ouvertement contestée par une frange de Paroles Ulissiennes, le collectif de Jean-Marie Ballo. Neuf anciens candidats et cinq anciens membres ont publié une « Mise au point » sur le site de Paroles Ulissiennes intitulée « Qui sème le vent récolte la tempête ». Objet de leur mécontentement : « Les conditions du vote interne à Paroles Ulissiennes et de son résultat – habilement orchestrés par Jean-Marie Ballo et Franck Bernard – menant à cette fusion. » Désengagés de la liste électorale, ils énumèrent leurs griefs, assurent « vouloir poursuivre (leur) combat », et concluent par un message direct à leur désormais ancien chef de file : « Jean-Marie Ballo compte sur vous car il ne peut plus compter sur nous ! ».
Sollicités dans l’après-midi, Jean-Marie Ballo et Franck Bernard n’ont pu être joints.