Ce jeudi 10 février correspond à une journée d’action du monde éducatif. Plusieurs cortèges parisiens viendront des établissements essonniens, dans lesquels la mobilisation grandit, au fur et à mesure de la présentation lors des CA des lycées et collèges du département, de la dotation horaire allouée à chacun en vue de la rentrée 2011.

Ils avaient prévenu dès la semaine dernière (lire notre article), l’annonce dans les Conseils d’Administration des Dotations Horaires Globales (DHG) prévues par établissement allait susciter de vives réactions au sein des collèges et lycées. En premier lieu, ceux concernés par des baisses flagrantes du nombre d’heures d’enseignement prévues. Cela n’a pour ainsi dire pas manqué. En ce début de semaine, plusieurs sont les établissements à rejoindre un mouvement de contestation, initié par les professeurs directement concernés, qui s’étend maintenant chez des parents d’élèves impactés.

A Bures-sur-Yvette, au collège La Guyonnerie, on a rarement vu ça de mémoire d’enseignants. Ils seront aujourd’hui une vingtaine de grévistes sur 30 personnes composant l’équipe enseignante. Vendredi matin est également envisagé un blocage symbolique de l’établissement. Les parents sont ici très concernés, et se sont présentés au nombre de 80 en réunion d’information la semaine dernière. En cause, les 10 heures d’enseignement en moins pour septembre 2011, et la perte d’un poste de Lettres. Les enseignants, soutenus par le SNES et la CGT éducation, ont par ailleurs ouvert un blog d’information à destination des parents et du grand public. http://action-guyonnerie.blogspot.com

Le mouvement s’étend

Au collège Jean Zay de Morsang-sur-Orge, un nouveau CA devra être réuni, après les votes négatifs par ses membres des dotations proposées, lors de deux premières séances. La maire Marjolaine Rauze a apporté son soutien aux professeurs et parents mobilisés. A Montgeron, un autre maire, Gérald Hérault, appelle lui à la mobilisation et à venir soutenir la grève au sein du collège Weiler. Dans un communiqué, la ville souligne que cet établissement s’est vu attribuer par l’académie, l’une des dotations horaires « les plus faibles de l’Essonne, soit 1,1 heure/élève » .

Le mouvement est également très suivi au collège Albert Camus de La Norville, ou encore au lycée Talmat de Brunoy. Pour ce dernier, une délégation sera reçue par l’Inspection Académique vendredi. Des actions sont également prévues autour des lycées Blaise Pascal d’Orsay et Jacques Prévert de Longjumeau, ainsi qu’au collège des Sablons à Viry-Chatillon.

Une marche dans Ste-Geneviève-des-Bois

Hier après-midi, ce sont les enseignants et parents d’élèves du lycée Léonard de Vinci de St-Michel-sur-Orge qui se sont rendus en délégation à la préfecture d’Evry, pour solliciter une rencontre auprès de l’inspecteur d’académie. Selon Michel Galin du SNES-FSU, le bac blanc est directement impacté par ce mouvement, qui conteste sur place la suppression « d’entre cinq et six postes » précise le syndicaliste. Au sortir d’une rencontre avec un assistant de l’inspecteur, il espère pouvoir « sauver entre deux et trois postes » avec cette mobilisation. Il se déclare cependant serein sur la suite du mouvement. « Les parents d’élèves sont conscients qu’il y a un problème » affirme l’enseignement de sciences physiques, matière concernée par un poste supprimé dans le lycée.

Concrètement, c’est dans les établissements que les coupes budgétaires se font directement sentir. Les enseignants de Jean Macé, à Ste-Geneviève-des-Bois, connaitront par exemple une rentrée 2011 avec 30 élèves de sixième supplémentaires, et seulement une heure allouée en plus. « On devra faire avec une classe en plus, et la même dotation horaire » s’indigne Arnaud Wender, du SNES. Il ajoute qu’avec ce nombre d’heures, « on ne pourra plus offrir de soutien aux élèves, et les classes en demi-groupe ne pourront plus être proposées » . Aujourd’hui, le collège tournera au ralenti, puisque 75% des professeurs sont en grève, ainsi que l’ensemble de la vie scolaire. Les enseignants ont prévu d’accuellir les parents ce matin, puis de marcher dans les rues de la commune cet après-midi, en guise de protestation.