Après plusieurs mois de bataille, le pylône destiné au réseau GSM de la gare de Montgeron a finalement été installé. Mais les Montgeronnais n’ont pas dit leur dernier mot.

Trente mètres de haut pour environ 60 centimètres de diamètre. Malgré de nombreuses contestations, cet énorme pylône est tout de même sorti de terre dans la nuit de dimanche à lundi. Et c’est en gare de Montgeron qu’il a vu le jour. Pensé par  Réseau Ferré de France (RFF) et installé par l’entreprise SYNERAIL, ce pylône a pour but d’améliorer les échanges entre les trains et le personnel au sol, grâce à un système de réseau GSM-Rail. Mais voilà, ce pylône dérange…

Un projet fortement contesté

Il faut dire qu’un tel objet ne passe pas inaperçu dans un paysage. Sa taille et son système de fonctionnement (ondes électromagnétiques) risquent en plus de mettre en danger la santé de la population (Yerres, Montgeron, Brunoy), si l’on en croit la principale entreprise ferroviaire suisse (CFF), citée par Mireille Fric, vice-présidente de Montgeron Environnement. C’est donc pour éviter tous ces désagréments que de nombreuses personnes se battent depuis juillet 2013. Un collectif rassemblant « des gens d’opinions diverses et variées » a notamment été créé, et de nombreuses démarches ont ensuite été entreprises.

Des manifestations ont eu lieu devant la gare ainsi que devant la mairie de Montgeron. Frédéric Cuvillier et Phillippe Martin, respectivement Ministre des Transports et Ministre de l’Ecologie, ont été contactés par Michel Berson, sénateur de l’Essonne. Claire-Lise Campion, elle aussi sénatrice, a également tenté d’apporter sa pierre à l’édifice en adressant des lettres aux PDG de RFF, de SYNERAIL et de la SNCF. Ces mêmes PDG ont ensuite fait l’objet d’une lettre ouverte émise par l’association Montgeron Environnement et signée par trois candidats aux élections municipales de Montgeron, le sénateur Michel Berson, le député Nicolas-Dupont Aignan, Alain Girard maire de Crosne, le Collectif constitué par les riverains, ainsi que par les usagers de la gare.

Un Maire pointé du doigt

Avec autant d’avis défavorables, difficile de comprendre comment ce projet a pu en arriver là. Mireille Fric et Denis Dudouit, autre membre de Montgeron Environnement, pensent en avoir compris la raison, et n’ont pas hésité à fustiger Gérald Hérault, maire de la ville. « Le Maire n’a pas fait le travail qui était le sien… », expliquent-ils. Un maire qui aurait dû ne serait-ce que « donner un avis » à ce projet dès lors qu’il lui a été soumis. Et s’ils encaissent « l’erreur » commise par Gérald Hérault, ils regrettent surtout le manque d’implication de ce dernier. « Il n’est jamais venu à aucune manifestation (…) Il n’a jamais vraiment voulu nous recevoir », pestaient-ils.

Contacté par nos soins, Gérald Hérault a quant à lui déclaré avoir tenté de faire bouger les choses. « J’ai proposé à la préfecture de répartir les installations entre plusieurs villes (Ndlr : Montgeron, Yerres et Brunoy), je n’ai pas eu de réponse de Yerres ». Nicolas Dupont-Aignan avait pourtant signé la lettre ouverte de Montgeron Environnement et écrit deux lettres visant à trouver une solution alternative. Quoi qu’il en soit, n’ayant pas reçu de réponse, le maire de Montgeron a donc jugé préférable d’installer cette antenne GSM à la gare de Montgeron plutôt qu’au Hameau de Bellevue. Un choix par défaut auquel « on va s’habituer » indique-t-il en affirmant par ailleurs que des essais auraient lieu pour que le mât soit rabaissé de quelques mètres.

Il reste des solutions

Les Montgeronnais eux,  ne comptent pas s’habituer à ce pylône qui gâche leur paysage et menace leur santé. « Le pylône est simplement posé, tant que les antennes ne sont pas rattachées, tout est encore possible », affirme Denis Dudouit. L’affaire doit passer devant le tribunal administratif, et les Montgeronnais espèrent en outre une réaction des deux ministres concernés par ce projet, pour obliger le RFF à « revenir autour de la table ».

Le modèle Suisse pourrait ensuite servir d’exemple si un compromis parvenait à être trouvé. Un système qui privilégie des pylônes bien plus petits, avec des ondes électromagnétiques envoyées directement en direction des voies afin de limiter l’impact sur l’environnement et la santé de la population comme l’exige le Plan Local d’Urbanisme (PLU).