[Edito] Votre web-journal a été sélectionné pour concourir sur internet à un prix singulier visant à récompenser les « journalistes du système » . Dans nos articles et reportages sur le drame ferroviaire de Brétigny, nous aurions travesti la vérité en minimisant des « pillages » et des « caillassages » commis par des « bandes sauvages » aux abords de la gare.

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Voilà une semaine que nous avons appris que nous étions nommé à une distinction singulière dans le monde de la presse. Il s’agit de la cérémonie des « bobards d’or » . Créée par la fondation Polemia en 2010, cette soirée vise à récompenser les « meilleurs des journalistes, ceux qui n’hésitent pas à mentir délibérément pour servir le politiquement correct » . Jean-Yves Le Gallou, ancien député européen FN, fondateur du Cercle de l’horloge, est à la tête de cette fondation, dont le but est de mettre en lumière des mensonges publiés par les médias du pays.

Enervés par les articles et reportages d’Essonne Info autour de l’accident ferrovière de Brétigny en juillet dernier, les membres du jury des Bobards d’Or (dont nous ne connaissons pas la composition), nous accusent avec les « médias de l’oligarchie » d’avoir « inondé les Français de bobards » . Nous nous étions en juillet dernier employé à rétablir la vérité suite aux rumeurs colportées sur internet et dans une partie de la presse sur la présence de soi disant dépouilleurs de cadavres sur le lieu du drame, et de caillassage des équipes de secours. Ce qui a visiblement déplu à certains réseaux militants en ligne, qui nous ont depuis lors abreuvé de tweets, commentaires et provocations en tous genres.

Selon les tenants de la théorie des « dépouilleurs de cadavres » , « des bandes de jeunes issus des banlieues de l’immigration vont dépouiller les victimes… et agresser les secours à leur arrivée » . Une description non seulement erronée mais aussi dangereuse quant à la stigmatisation explicite du propos, vis-à-vis de nos quartiers de l’Essonne et de ses habitants.

Nominé pour un « bobard républicain » avec Nicolas Demorand et Jean-Jacques Bourdin, c’est donc une grande première pour un média en ligne tel que le nôtre. Cela représente pour nous une certaine forme de reconnaissance. Nous apprécions de voir que notre travail dérange ces observateurs de tout poil, convaincus de mieux connaître les « faits » que celles et ceux présents sur les lieux le jour du drame.

La palme semble à leurs yeux nous revenir puisque selon le jury des Bobards D’Or « L’Essonne Info (sic !) sort du lot de par son ingéniosité et son jusqu’au-boutisme dans le bobard » . Ces joyeux lurons nous dressent trois blâmes principaux : avoir nié les faits, avoir inversé les rôles puisque à les croire : « L’Essonne Info (re-sic !) prétend que, sur les vidéos, on aperçoit ces petits sauvageons caillasseurs porter assistance aux victimes de l’accident dans des « conditions parfaitement normales »  et avoir désigné un « ennemi » pour faire diversion.

L’équipe de rédaction d’Essonne Info est donc très fière d’être nommée pour ses articles, bien que toujours attristée par les décès et blessures survenus le 12 juillet dernier. Cela confirme pour nous une pertinence à traiter de manière réfléchie et non précipitée une tragédie comme celle de Brétigny, et à établir une réelle recherche d’information et un croisement des sources avant de publier nos articles.

Non, une rumeur de rumeur relayée par quelques médias n’est pas une information. Par le biais de notre récit des faits et d’un premier reportage, publiés le lendemain de l’accident, puis notre article sur la teneur des « débordements » en marge du drame, et suite à cette publication, notre édito, nous avons toujours eu comme objectif de relater de la plus fidèle des manières les faits, et rien que les faits. Nous ne changeons toujours pas une ligne de ces sujets.

Cela serait donc pour nous un grand honneur d’assister à cette remise de prix, qui doit se tenir selon les organisateurs quelque part à Paris ce mardi soir. Mais pour le moment, mise à part sur Twitter, il ne nous est pas parvenu d’invitation officielle. Si nous ne sommes pas les gagnants du vote internet – pour l’instant mal parti pour nous malgré nos efforts à faire voter nos proches – existe-t-il un « bobard d’argent » pour celui arrivé second? Enfin, pour une telle cérémonie, devrons-nous venir en smoking ou gardons-nous nos tenues de ville?

Alors rions ensemble ! Mais pas trop gras quand même…