Ce jeudi 6 mars, les salariés de Staples et de Snecma Safran ont manifesté dans les rues contre leur direction respective, mais pour des causes totalement différentes.

« Non aux licenciements », pouvait-on entendre devant l’entreprise Staples de Bondoufle ce jeudi aux alentours de 10h. Soixante à quatre-vingt salariés et membres de la CGT étaient présent devant leur lieu de travail afin de protester contre le plan de sauvegarde de l’emploi annoncé par leur direction. Staples, ce géant américain spécialisé dans les fournitures de bureau notamment, a en effet décidé de se séparer d’un grand nombre de ses salariés basés sur la zone des Bordes à Bondoufle.

Depuis qu’elle a racheté son rival Corporate Expres en 2008, cette entreprise américaine ne cesse de mener la vie dure à ses salariés. Cette fois, c’est un plan de restructuration à l’échelle mondiale qui sème la pagaille. Quatre-vingt des cent-vingt employés de la firme bondoufloise devront plier bagages dans les mois à venir. Destination Survilliers (Val d’Oise) pour certains, et… nulle part pour d’autres. Une situation difficilement compréhensible et envisageable, d’autant plus que l’entreprise située dans le 95, prévoit aussi un licenciement important.

« On veut nos sous »

Pourtant, selon les experts du Comité d’entreprise, « il n’y a aucune réalité économique » martèle Ollivier Champetier, Responsable départemental de la CGT. « La seule nécessité, c’est celle des dividendes pour le groupe Staples », ajoute-t-il. Même refrain pour Laurent Ravenet, salarié dans l’entreprise depuis 19 ans. « Le groupe a énormément d’argent (…) Staples a fait 33% de dividendes l’année dernière », affirmait l’homme de 42 ans. Résignés, mais visiblement pas abattus, les manifestants se sont dirigés alors vers la mairie pour y rencontrer M. Hartz.

Quelques minutes seulement avant l’arrivée des salariés, le Maire bondouflois avouait son impuissance face à cette situation compliquée. « Je ne peux rien faire, je ne peux pas créer de l’emploi (…) C’est une entreprise américaine en plus », déplorait-il bien que très concerné par la situation. Les employés de Staples ne baissent pour autant pas les bras, et espèrent que cette manifestation les aidera à obtenir des formations ou à toucher de conséquentes primes de licenciements. « On veut nos sous », scandaient-ils dans les rues de Boudoufle.

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Rassemblement devant le siège de Snecma-Safran à Courcouronnes (GD/EI)

Du travail, il y en a chez Snecma Safran

Pour les employés de Snecma Safran, même moyen de pression, mais autres revendications. Ambiance tout autre aussi, puisqu’environ 500 personnes sont venues manifester devant le siège de l’entreprise basé à Courcouronnes. En effet, les employés de Corbeil-Essonnes ont été rejoints par ceux de Vernon, St Quentin en Yvelines, Villaroche-Montereau et Gennevilliers, pour tenter de convaincre leur direction. Des cris et même des pétards, mais aucune violence à signaler pour une manifestation surveillée de près par une dizaine de camions de CRS. Le sujet de ces révoltes, les NAO (Négociations annuelles obligatoire), insuffisantes aux yeux des employés.

« Le carnet de commande est rempli pour les 6 à 7 prochaines années », précise Olivier Cottier, membre de la CGT. Preuve évidente que l’entreprise tourne à plein régime. Et une entreprise qui tourne à plein régime, c’est une entreprise qui fait des bénéfices. « Le chiffre d’affaire de l’entreprise est en hausse depuis trois ans », dit encore M.Cottier, et pourtant, sur leurs salaires, les employés de Snecma Safran ne voient pas la couleur de cet argent. Snecma Safran a proposé aux salariés une augmentation d’environ 15 euros net par mois, ces derniers en demanderaient 4 à 5 fois plus et accusent les actionnaires de s’en « mettre plein les poches » .