A quelques semaines d’une probable expulsion, les Roms de Villebon-sur-Yvette demandent plus de temps afin, entre autres, de trouver un terrain à louer.

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Trois semaines, c’est environ le temps qu’il reste à la communauté rom installée à Villebon pour trouver une solution. S’ils étaient environ 40 à leur arrivée en 2012, ils sont désormais plus de 200 à avoir pris possession de l’usine Galland désaffectée, située à la frontière entre Villebon et Palaiseau. Le propriétaire du site a demandé leur expulsion, et le tribunal d’Evry a tranché en sa faveur en décembre dernier. Le 31 mars prochain donc, ces familles n’auront vraisemblablement pas d’autre choix que de quitter les lieux. Leur objectif d’ici-là, trouver un terrain à louer dans les parages. Un objectif qui paraît utopique malgré les efforts et les nombreux soutiens.

Le Secours Catholique, le Secours Populaire et l’association Intermède Robinson étaient notamment présents lors d’une conférence organisée ce mercredi 5 mars dans une usine Galland aux allures de petit village. L’Association SAVALFERR (Solidarité à Villebon avec les familles et Roms et Roumaines), qui œuvre aux côtés des familles Roms depuis maintenant 19 mois, était bien évidemment aussi de la partie. Toutes ces associations n’ont qu’une seule et même idée en tête, aider les Roms à s’en sortir du mieux possible. Si l’apport du Secours Populaire se caractérise essentiellement par le don de couvertures et de nourriture aux familles, SAVALFERR et d’autres s’impliquent à tous les échelons, avec plus ou moins de réussite.

Des Roms prêts à s’intégrer

Grâce à ces associations, les Roms parviennent par exemple à trouver un peu d’aide pour leurs problèmes de santé ou encore à scolariser leurs enfants. Treize enfants vont à l’école tous les jours sur Palaiseau ou Villebon. Un élan de solidarité remarquable, appuyé par la volonté répétée des Roms de se fondre dans la population. « On est prêts à s’intégrer, à faire tout ce qui est possible pour rester ici (…) Si on part d’ici, il faudra se réadapter ailleurs », manifestait Nicolae étudiant en faculté de Droit à Orsay, malgré sa situation précaire. Les Roms sont des « gens aptes à s’insérer », pestait une des membres de l’ASEF (Association Santé Environnement France).

Et s’insérer, ils veulent le faire à Villebon, ou dans les environs les plus proches. S’éloigner de ces lieux serait pour eux un véritable retour en arrière. Les Roms connaissent bien le secteur et proposent donc, par le biais de SAVALFERR, plusieurs solutions pour parfaire leur intégration. A court terme, le but serait « d’améliorer les conditions de voisinage », en ouvrant une sorte de concertation entre toutes les personnes concernées par la présence des Roms. A moyen terme, l’objectif serait de permettre notamment, que les enfants scolarisés puissent continuer à aller à l’école. Et ensuite, trouver une solution pérenne en accord avec « les services et autorités du département  » serait clairement un véritable aboutissement. Pour l’heure, les Roms souhaitent un délai supplémentaire afin de trouver un terrain louable, chose que la maire de Palaiseau parvient difficilement à imaginer.

Claire Robillard pessimiste et impuissante

Bien qu’elle soit humainement très touchée par la situation de cette communauté, Claire Robillard a bien conscience qu’il sera compliqué de trouver une solution avant le 31 mars. « Difficile de trouver un terrain, c’est un problème foncier », a-t-elle déclaré à Essonne Info. Si les municipalités et les Roms étaient régulièrement en contact en 2012, le dialogue s’est ensuite dégradé lorsque le nombre d’habitants dans cette zone a été multiplié par trois ou quatre. Dominique Fontenaille (maire de Villebon) et Claire Robillard tentent tant bien que mal de régler ce problème, mais cette dernière estime cependant que la municipalité n’est pas armée pour arranger cette situation. « C’est un problème national, pas municipal », conclut-elle… Pas de quoi rassurer tous ces gens pour qui le temps presse.