Initialement prévue pour ce mardi 4 mars, la mise en service de la déviation routière de la gare de Mennecy est finalement retardée d’au moins plusieurs jours. Un différend oppose le département et la ville sur les modalités de rétrocession de terrains, avec la fermeture prévue du passage à niveau.

[Mise à jour 4 mars à 14h30] : La décision a finalement été prise d’ouvrir la déviation et de fermer le passage à niveau pour ce mercredi 5 mars (lire notre article)

Coup de théâtre à quelques heures de l’ouverture annoncée de la nouvelle déviation routière de Mennecy, qui devait permettre de fermer le passage à niveau de la gare et ainsi faciliter la circulation très dense aux heures de pointe. Le projet unanimement soutenu localement, en est à son terme, les travaux sont terminés. Les Menneçois, et surtout, les milliers d’automobilistes en provenance ou à destination du sud Essonne qui doivent passer dans ce goulot d’étranglement le matin et le soir, attendaient l’ouverture de cette nouvelle voie avec impatience. « Le cauchemar du PN 19 : c’est fini le 4 mars prochain avec la fermeture définitive du passage à niveau à Mennecy » annonçait fièrement le président de la Communauté de communes du Val d’Essonne Patrick Imbert il y a peu.

Mais il devra attendre pour cela au moins quelques jours, avec la décision du département de « différer l’ouverture du nouveau tunnel » , selon son élu Pascal Fournier. « Nous ouvrirons dans les meilleurs délais, mais nous avons adressé des demandes de régulation à la ville et au Siarce (syndicat de gestion des eaux) pour la gestion future des ouvrages. Nous attendons l’ensemble des éléments pour ouvrir au plus vite » détaille le vice-président du Conseil général aux infrastructures routières. Une annonce qui a pris de court les élus locaux, à l’image de Patrick Imbert qui déplore « que le Conseil général nous ait prévenu la veille à 17h45 » .

Plus remonté encore, le maire de Mennecy Jean-Philippe Dugoin-Clément, qui parle carrément d’un « chantage » orchestré par le département. « Je n’ai pas à recevoir d’ordres de Pascal Fournier, je ne signerai rien avec un pistolet sur la tempe. Ce sont des méthodes dignes de la Stasi, ils veulent m’obliger à accepter leur projet de convention avant d’ouvrir le nouveau tunnel » s’énerve l’édile menneçois. Il critique ainsi cette « logique de rapport de force » menée selon lui par le Conseil général. Pascal Fournier réfute pour sa part toute mauvaise volonté de l’institution : « il nous manque des documents réglementaires et techniques, par exemple sur la question de l’éclairage » . Des portions de routes ainsi qu’un bassin de rétention vont être rétrocédés à la commune, et le blocage semble s’opérer sur les termes de ces transferts. « Ils nous ont fait parvenir un document vendredi dernier, à valider pour aujourd’hui (lundi), c’est n’importe quoi » s’emporte Jean-Philippe Dugoin-Clément.

Souhaitant « calmer les esprits » , Pascal Fournier convie les élus locaux à une réunion ce vendredi, qui pourrait décider de l’ouverture du nouvel ouvrage. Mais pas question d’y participer pour le maire de Mennecy : « d’abord ils ouvrent, ensuite on négocie » lâche-t-il. La ville avait pris les devants de cette ouverture, en publiant un arrêté d’interdiction de la circulation pour les automobilistes, sur le passage à niveau qui devait fermer, à partir de ce mardi 4 mars à 11h. Une fermeture qui sera vraisemblablement repoussée en attente d’un accord entre la commune et le département, qui entament un véritable bras de fer. Ce à trois semaines du scrutin municipal, pour lequel les enjeux des transports apparaissent en tête des programmes.