Si un sujet revient principalement dans les débats de la campagne à Vigneux-sur-Seine, c’est sans conteste celui de l’urbanisme. Le maire assume le fait d’avoir densifié sa ville, tandis que ses opposants se montrent très critiques concernant le bilan.

Sous un ciel gris, une vingtaine de personnes est massée sur le trottoir de la rue de Source, à l’angle de la rue du Potager. Derrière leur carriole de campagne et sous leur barnum aux couleurs du Front de gauche, ils organisent ce samedi une action symbolique devant le mur du parc de la Maison de retraite du cinéma. A la tête de ce collectif Vigneux notre ville, l’actuel conseiller municipal et candidat en mars Patrice Finel est en campagne. Le lieu choisi pour une cérémonie symbolique autour de la signature de la charte Anticor pour la transparence des élus, ne doit rien au hasard.

Fin 2013, certains riverains ont découvert un permis de construire déposé à cet emplacement. Il concerne la construction de cinq immeubles, au sein du parc, pour un total de 178 logements. Le terrain vendu au promoteur aurait permis de financer une partie de la reconstruction de la maison de retraite. Contesté sur ce projet à quelques semaines des municipales, le maire Serge Poinsot annonce à Essonne Info que la procédure est stoppée et que le projet sera rediscuté.

Mais à travers ce cas particulier, il y a pour Patrice Finel un problème plus large concernant le nombre de constructions en ville depuis 2001. « Ils ont construit à tout va, sans aucun équipement. Le plan de circulation n’a pas été pensé et on se retrouve avec des bouchons partout » pointe le candidat, citant l’exemple du Clos de la Régale, « avec 650 logements et seulement une maternelle » . « Sur ce programme, la ville n’a rien à voir dedans, car le lotissement ne nous est pas rétrocédé » rétorque Serge Poinsot,qui assure que « c’est Nexity pour l’instant qui doit nettoyer les rues, enlever les ordures, et le reste. Or, pour le moment les services de la ville font tout cela alors que ce n’est pas à nous de le faire » .

Jacques Vaudron entend réorienter l'urbanisme. (JM/EI)

Jacques Vaudron entend réorienter l’urbanisme. (JM/EI)

Le candidat à sa succession affirme également que le quartier n’est pas terminé, et s’oriente « vers un beau centre de loisirs, et un petit pôle élémentaire au Clos de la Régale ». Le candidat (DVD) Jacques Vaudron considère pour sa part qu’il s’agit d’un « quartier délaissé, en manque de transports et d’équipements » . « Les parents sont obligés de faire des allers-retours jusqu’aux Bergeries, traversant une route nationale, rien n’a été pensé » peste pour sa part Patrice Finel. Ce dernier annonce ainsi qu’il agira pour « dédensifier » les zones en cours de construction, s’il est élu maire, et notamment dans le quartier de la Croix Blanche.

Situé à proximité de la gare, ce quartier composé de 95% d’HLM est en profonde mutation, et ses grandes tours seront bientôt toutes détruites. « Avec les 280 millons d’euros de l’ANRU, la rénovation est en cours, nous sommes au travail » souligne Serge Poinsot, « il n’y a avait plus rien dans ce quartier, plus de magasins ». Pour le candidat socialiste Didier Hoeltgen, il faudra pourtant profondément revoir la question de l’urbanisme : « on stoppera les programmes, et affinera ce qui est en cours » , puis affirme-t-il, « il faudra créer une gestion urbaine de proximité, pour donner un corps social, avec une vraie politique à mener sur la précarité ». Jacques Vaudron l’assure également, il « stoppera l’urbanisation, sans les équipements nécessaires ».

Pour Didier Hoeltgen, Il faudra pourtant profondément revoir la question de l'urbanisme. (JM/EI)

Pour Didier Hoeltgen, Il faudra pourtant profondément revoir la question de l’urbanisme. (JM/EI)

L’affectation des prochains terrains à bâtir sera en tout cas scrutée à la loupe, ainsi que les permis de construire déposés en mairie, pour un sujet qui alimente grandement cette campagne.

Prochainement sur Essonne Info, les enjeux de campagne passés au crible