Entré en campagne pour briguer un troisième mandat de maire de Vigneux-sur-Seine, Serge Poinsot a répondu aux questions d’Essonne Info. Il revient sur son bilan contesté en matière d’urbanisation de la commune et sur les soupçons de malversations relayés par ses opposants. Il annonce par ailleurs vouloir déposer plainte contre X pour diffamation.

Depuis les enquêtes publiées par Mediapart en février 2013 ( Corruption, l’enquête qui fait trembler l’Essonne , Les promoteurs font main basse sur Vigneux, Les élus s’inclinent devant la loi du bitume ), il règne une atmosphère singulière à Vigneux. Le maire Serge Poinsot est directement mis en cause, sur des soupçons de corruption liés à des programmes immobiliers. Il aurait d’après Mediapart favorisé l’attribution de certains permis de construire à des promoteurs, dans le nouveau quartier du Clos de la Régale. Cela lui aurait valu de recevoir un 4×4 en contrepartie.

Depuis 2001, 3000 logements sont sortis de terre à Vigneux. Plusieurs secteurs ont été bâtis et certains reconstruits, tandis que d’autres programmes se poursuivent. Cette politique menée par Serge Poinsot est largement critiquée par ses opposants, qui pointent une « urbanisation massive » de la ville (lire notre article), et soulignent par la même occasion les soupçons portés sur l’actuel maire. Ce dernier revient sur ces polémiques, et répond aux accusations qui lui sont faites. Égratignant au passage son voisin et rival de Draveil Georges Tron.

« Il construit de la qualité »

Essonne Info : Samedi se déroulait un rassemblement à côté de la Maison de retraite du cinéma. Vos opposants vous accusent d’avoir délivré un permis de construire de 178 logements dans le parc attenant, à côté du projet d’agrandissement de l’établissement. Vous assumez ?

Serge Poinsot : C’est complètement faux. Le permis de construire a été annulé. On a demandé au promoteur et à la maison de retraite de stopper le projet, et de le revoir à la baisse, en trouvant de nouveaux financements pour la réhabilitation de l’établissement, car une partie devait venir de la vente des terrains (4M€ sur 16M€ au total). Moins de 80 logements seront au final construits. C’est malhonnête de se servir de cela pendant cette campagne. La seule faute que j’ai commise est de ne pas avoir assez communiqué sur le projet. M. Finel s’est emparé de ça mais on a l’habitude avec lui.

Quelles sont vos relations avec France Pierre, et Monsieur De Sousa, cités par Médiapart dans les soupçons de malversations vous concernant ?

Mes relations avec France Pierre sont simples comme bonjour, c’est un monsieur qui fait de vrais immeubles. Allez-voir aux HLM de l’Athégienne construits par France Pierre : j’y habite quand il veut, je les ai visités, je veux bien habiter dedans. C’est l’Athégienne qui a commandé ces immeubles à France Pierre, pas moi Serge Poinsot. Pourquoi Monsieur France Pierre : parce que ses bâtiments sont valables. Et vous croyez que je vais arriver dans le conseil d’administration de l’Athégienne, et leur imposer que France Pierre construise ? Et bien non, ça ne se passe plus comme ça, dans le temps peut-être mais plus maintenant. A chaque fois on m’attaque parce que oui, je dis que ce Monsieur construit bien, qu’il construit de qualité.

« Ce 4×4 je l’ai acheté normalement, en payant »

Vous réfutez les accusations qui vous sont portées sur des sommes versées ?

C’est tellement facile de dire que j’aurais touché 5000 euros par logement au Clos de la Régate. Si l’on fait le calcul, ça fait 37 millions d’euros. Vous croyez que je me ferais chier, à 66 ans, à refaire un mandat ? Non, je profiterais de mes 37 millions d’euros. Il y a eu huit promoteurs différents. Et tous auraient donné ?

On parle aussi du 4×4 que l’on vous aurait payé…

C’est écrit (dans Mediapart) que c’est un 4×4 marron, alors qu’il est gris-clair, donc la personne qui a dit ça elle ne pouvait pas être à la transaction. Ce 4×4 je l’ai acheté normalement, en payant.

Avez-vous les factures le prouvant ?

Je n’ai rien à montrer à personne. Quand on me demandera, je montrerai. Mais pas à Mediapart. Mediapart, ce n’est pas la justice, ce n’est pas un juge d’instruction, donc je n’ai rien à lui montrer, rien à lui prouver.

« Je ne sors pas des grandes écoles »

Vous n’avez rien à vous reprocher ?

J’ai des maisons, je paye mes prêts, comme tout un chacun, je paye mes taxes foncières, mes taxes d’habitation, comme tout le monde. Depuis deux mandats, j’entends dire par un élu, « Poinsot ira en taule, il est cuit »… ça commence à bien faire. Je suis un ancien fonctionnaire et éducateur sportif, et ça ne plait pas. Je suis un petit, je ne sors pas des grandes écoles, et ça on n’aime pas. Pour certains je suis un petit baigneur. Mais on me dit ça de loin, par personnes interposées…

Je dépose une plainte en diffamation. J’aime bien rire, mais un moment donné faut arrêter un peu. Et je dépose une plainte contre X, sur plusieurs motifs. Il y en a un (dans la campagne) qui me dessine avec des billets de banque, un autre fait une chanson sur moi…

Elle a été déposée cette plainte ?

La plainte est en cours car il faut bien la préparer, des avocats sont dessus. Il y en a marre, stop. « Poinsot », on n’a jamais pu mettre sa gestion en cause, on n’a jamais mis la ville sous tutelle. « Poinsot » il énerve, parce qu’en plus il ne répond pas aux attaques en dessous de la ceinture. Moi, je n’ai jamais été mis en examen, à la différence d’autres… Il y a des gens qui veulent me tuer politiquement.

Propos recueillis par Julien Monier