Ce vendredi 31 janvier, le Lycée Marcel Pagnol d’Athis-Mons était en grève pour protester contre la suppression de 28 heures de cours par semaine. Une décision incomprise par les élèves et les professeurs qui ont été reçus par les élus locaux, en vue d’une rencontre avec le directeur académique.

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Ce vendredi matin n’avait rien d’une matinée de cours classique pour les élèves du lycée Marcel Pagnol d’Athis-Mons. Les lycéens étaient bien présents devant l’établissement sur les coups de neuf heures, seulement peu d’entre eux avaient leur sac à dos pour aller en cours. Rassemblés à l’entrée du lycée, les élèves tenaient pour la plupart des pancartes, banderoles et autres tee-shirts sur lesquels étaient inscrits des slogans pour protester contre une mesure « lourde de conséquences pour l’établissement », comme l’explique cette élève en terminale scientifique.

Plus de 200 lycéens se sont mis en grève ce vendredi 31 janvier au matin, avant d’être rejoints par leurs professeurs pour manifester par rapport à la nouvelle dotation horaire globale (DHG), qui s’appliquera à la rentrée 2014. Cette dernière prévoit la suppression de 28 heures de cours par semaine ce qui se traduirait par une diminution du nombre d’options enseignées dans l’établissement.

Les options dans le viseur

Calculée par l’addition de l’ensemble des cours de toutes les classes de seconde, première et terminale sur une semaine, la DHG pour 2014 dévoilée fin janvier prévoit une réduction du nombre d’heures de cours de 28 heures par semaine. Une décision incomprise de la part du corps enseignant, des parents d’élèves et des lycéens. « En 2014, nous aurons normalement encore autant d’élèves et de classes que pour cette année, analyse Marianne Valero, professeur de mathématiques et élue du Snes-FSU. Nous ne comprenons donc pas pourquoi notre quota d’heures hebdomadaires doit baisser ».

L’académie de Versailles en est pourtant arrivée à cette conclusion. Le proviseur du Lycée Marcel Pagnol a donc dû étudier différentes possibilités. Il a finalement été décidé de supprimer une partie des options enseignées dans l’établissement. « Ne pouvant toucher aux matières obligatoires [Ndlr : Français, Histoire, mathématiques…], ce sont en définitive les options qui paient le prix cher de cette restructuration », regrette Pascal Oger, président de la Fédération de conseils de parents d’élèves (FCPE) du Lycée. Ainsi, plusieurs options comme certains cours de langue à l’image de l’italien, ou encore du théâtre et de l’EPS vont voir leur nombre de cours diminuer de manière drastique. « Nous fonctionnons déjà avec ces 28h. Le problème c’est qu’on nous retire des choses qui sont déjà vitales pour nous. 28h c’est vraiment une exigence minimale et nous en avons besoin pour fonctionner », assure Marianne Valero. Avec la réduction de la dotation horaire globale, la disparition de ces cours facultatifs ne semble pas être le seul inconvénient pour les élèves et les professeurs du Lycée Marcel Pagnol.

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La fin de la mixité sociale ?

L’établissement athégien est « l’un des seuls lycées de l’Essonne où le pourcentage de lycéens venant de milieux défavorisés est aussi important », souligne Aurélie Aïchour, élève de 17 ans et vice-présidente du Conseil des délégués pour la Vie Lycéenne (CVL). Avec la perte d’heures concernant ces options, le lycée pourrait perdre une de ses marques de fabrique, c’est-à-dire, « l’accès pour tous à de nombreux cours, poursuit la jeune lycéenne. Tous ceux qui n’ont pas les moyens financiers de se payer des cours de théâtre ou autres pouvaient les pratiquer gratuitement au lycée dans le cadre de leur enseignement. C’est encore quelque chose qu’on retire aux élèves. Peut-on encore continuer à accepter cela ? ».

Le constat est le même pour l’ensemble des professeurs grévistes, qui ont pris massivement part à la manifestation organisée par les élèves ce 31 janvier. « En plus de limiter l’accès des élèves les plus en difficulté dans leur vie de tous les jours, le rôle éducatif de notre établissement est lui aussi amputé, déplore Marianne Valero. L’école a pour but de mélanger les citoyens et faire que tout le monde se respecte. C’est l’un des objectifs de ces options. Si cette mixité sociale et cette ouverture culturelle ne sont pas assurées au niveau du lycée, qui le fera ensuite ? », se questionne la professeure de mathématiques. « Cela ne va plus permettre à l’ascenseur social de fonctionner », surenchérit Aurélie Aïchour.

Ainsi, pour toutes ces raisons, les lycéens, professeurs et parents d’élèves ont tous manifesté dans les rues d’Athis-Mons et de Juvisy-sur-Orge. Le cortège de plus de 200 personnes s’est finalement arrêté sur le parvis de la mairie juvisienne, où le maire, Étienne Chaufour, a apporté son soutien en présence du maire d’Athis-Mons François Garcia. « Je suis totalement solidaire de l’action que vous menez, a déclaré l’élu à la foule à l’aide d’un mégaphone. Il faut qu’on se batte pour que les options soient conservées », a conclu Étienne Chaufour, ancien élève du lycée Marcel Pagnol.

Suite à la rencontre avec les élus locaux, les lycéens grévistes et leur délégation doivent rencontrer le directeur académique ce lundi 3 février. « Ce rendez-vous permettra d’en savoir plus sur les raisons de la suppression de ces 28 heures, mais aussi de pouvoir faire un premier pas vers la récupération de nos options » espéraient ces lycéens, avant d’affirmer que « le combat ne fait que commencer ».