Le maire de Juvisy Etienne Chaufour vient d’officialiser sa candidature à sa propre succession à la tête de la ville. Dans un courrier adressé aux habitants, il parle d’une dynamique de « continuité et de changement » . Il retrouvera face à lui deux challengers qui comptent le bousculer sur sa gauche et sa droite.

Ce n’était un mystère pour personne. Comme nous le supposions en avril dernier, Etienne Chaufour part en campagne pour une troisième fois à l’occasion du scrutin municipal de mars prochain. Maire depuis 1998, il se présentera devant les citoyens à la tête d’une liste soutenue par les principaux partis de gauche (PS-PCF-EELV), dans laquelle il laisse de la place aux non encartés et mise sur le renouvellement. « Des élus d’expérience repartent dans l’équipe, tandis que nous accueillons 16 nouveaux, dont la plus jeune a 24 ans » se réjouit l’actuel maire, ajoutant même avoir reçu le soutien d’une élue d’opposition, Marie-Anne Rochiccioli, « qui a la volonté de poursuivre le travail à nos côtés » .

Il retrouvera face à lui Robin Reda (UMP), en lice depuis plusieurs mois, ainsi que Mounia Benaili (PG). Une double présence à sa droite comme à sa gauche, bousculant les traditionnels duels des derniers scrutins. Car la nouveauté réside en la présence d’une seconde liste de gauche, conduite par celle qui était jusqu’à présent conseillère municipale dans la commune voisine de Viry-Chatillon. « Il s’agit d’une liste citoyenne de gauche, avec un positionnement dans le contexte national contre les politiques d’austérité » résume Mounia Benaili. Elle insiste ainsi sur la déclinaison de ces orientations dans un programme local, avec « la défense des services publics de proximité » , une remunicipalisation de certains services comme l’eau ou la propreté, pour « un accès aux biens communs » , ou encore la question de la démocratie locale, avec les transferts de compétences à l’agglomération qui conduisent selon elle à ce que « les Juvisiens ne savent plus où se prennent les décisions » .

Expérience contre renouvellement

Un axe également développé par le maire sortant. Etienne Chaufour fixe en effet parmi ses priorités de « rapprocher l’agglo des citoyens » en faisant le constat que « la proximité avec les habitants n’est pas encore gagnée » . Le candidat déclaré indique aussi vouloir s’attaquer à d’autres chantiers pour le prochain mandat, comme l’emploi,« qui doit être au coeur de nos problématiques » ou la santé, avec la volonté de « créer une maison pluridisciplinaire » de soins. Il évoque aussi d’autres idées, comme celle d’un « service public de lutte contre les addictions et d’aide aux toxicomanes » qu’il verrait bien s’installer à Juvisy.

Côté programme, le candidat de la droite et du centre Robin Reda a en partie esquissé le sien lors d’une réunion publique la semaine dernière. Insistant sur les thématiques de la sécurité, de la propreté ou des services de proximité, le candidat ressent « un besoin d’alternance » dans la ville, lié selon lui à « l’usure du pouvoir » de l’actuel maire. Le renouvellement, ce sera également le thème porté par le jeune candidat (23 ans), investi par l’UMP pour le scrutin des 23 et 30 mars. Bruno Le Maire, l’un des responsables nationaux du parti, venu le soutenir, voit ainsi en lui le fait que « l’UMP est capable de se renouveler, pour favoriser la reconquête nationale » lors des prochaines échéances.

Divergences sur le prolongement du tramway

Pour Etienne Chaufour, cette démarche de renouvellement est « intéressante » .« Mais ça ne suffit pas » poursuit-il, car selon lui, « gérer une ville, ça ne s’improvise pas » en citant son expérience professionnelle et d’élu. Le maire se dit prêt à mettre en discussion son bilan, proposant même un débat public avec ses deux challengers : « je suis d’accord pour être contesté ou critiqué, mais je peux me défendre » et se déclarant disponible pour « un débat par exemple télévisé au premier comme au second tour » . Si l’édile met en avant sa gestion « qui fait de Juvisy une ville stable financièrement » , ses concurrents lui reprochent de ne pas assez défendre la ville. Robin Reda l’accuse par exemple d’ « inaction » face à la fermeture du centre de distribution de la Poste. De son côté, Mounia Benaili plaide pour « aller à la revendication avec les habitants pour maintenir les services publics locaux » .

Sur les questions d’aménagement, si tous s’accordent à vouloir une urbanisation maîtrisée de la commune, le clivage apparaît entre les différents candidat au sujet du prolongement du tramway T7 (Villejuif-Athis-Mons), censé arriver à terme à la gare de Juvisy transformée en pôle multimodal. Le projet initial soutenu par Etienne Chaufour prévoit le creusement d’un tunnel sous le parc de la mairie pour rejoindre le bas de la ville depuis la N7. Comme le candidat UMP, Mounia Benaili considère qu’il faudrait mieux prolonger le T7 vers les villes plus au sud avec l’axe routier, « que toutes les communes transforment peu à peu en boulevard urbain » .

Une question des transports qui marque décidément l’identité de la ville, que le maire entend accentuer en reliant avec le T7 la gare de Juvisy à l’aéroport d’Orly.