Élections au Québec : Legault affirme que la loi sur la langue est  » équilibrée « , malgré les critiques des entreprises.

MONT-SAINT-GRÉGOIRE, Qc. – Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, ne s’est pas laissé décourager mercredi par les critiques renouvelées de sa réforme de la loi sur la langue par des chefs d’entreprise qui affirment que la législation rendra plus difficile le recrutement de talents et causera d’énormes dommages à l’économie.

Au quatrième jour de la campagne électorale au Québec, le chef de la CAQ a déclaré que le gouvernement doit trouver un équilibre entre la croissance économique et la protection de la langue et de la culture des Québécois.

« Je pense que (c’est) un projet de loi équilibré et il est important d’avoir un projet de loi équilibré ; il est important de protéger le français, et le français sera toujours vulnérable en Amérique du Nord », a déclaré M. Legault aux journalistes mercredi lors d’un arrêt de campagne à Mont-St-Grégoire, au Québec, au sud-est de Montréal.

Près de 160 PDG et autres hauts dirigeants d’entreprises québécoises ont signé une lettre ouverte demandant la suspension de l’application de la loi 96. Publiée par le Conseil canadien des innovateurs, la lettre indique que la loi « impose un délai irréaliste » aux nouveaux immigrants pour apprendre le français et crée un fardeau réglementaire supplémentaire pour les petites entreprises.

Pierre-Philippe Lortie, du Conseil canadien des innovateurs, a déclaré que la loi pourrait pousser les personnes intéressées par le Québec à chercher du travail dans d’autres parties du pays, à un moment où la province fait déjà face à une pénurie de travailleurs en technologie.

Le projet de loi 96, a-t-il dit, risque d’amener les entreprises technologiques à croissance rapide à retarder leurs investissements, à agrandir leurs bureaux dans d’autres provinces ou à embaucher des travailleurs à distance. « Je ne pense pas que ce soit à l’avantage du Québec si nous ne faisons qu’embaucher à l’extérieur et n’avons pas de présence humaine au Québec pour relever les nouveaux défis que nous avons, donc cela pourrait potentiellement faire d’énormes dégâts », a-t-il dit dans une interview mercredi.

Lire aussi:  La campagne électorale québécoise "post-COVID" fait peu mention des décès et des pouvoirs d'urgence.

La loi, adoptée par le gouvernement Legault à la fin du mois de mai, étend certaines dispositions de la charte linguistique du Québec aux entreprises de 25 employés ou plus. Ces dispositions ne s’appliquaient auparavant qu’aux entreprises de 50 employés ou plus. Le projet de loi exige également que les nouveaux immigrants communiquent avec le gouvernement exclusivement en français après avoir séjourné dans la province pendant six mois.

M. Legault a déclaré que la plupart des gouvernements fournissent des informations aux nouveaux arrivants dans la langue locale, ajoutant que les immigrants peuvent obtenir de l’aide pour la traduction s’ils en ont besoin.

Pour les entreprises, a dit M. Legault, il y aura une période de transition de trois ans. « Elles auront le temps de s’adapter », a-t-il ajouté. « C’est important d’avoir les deux objectifs : oui, créer de la richesse, mais oui, aussi protéger les Français. »

Publiée pour la première fois en juin avec 37 signatures, la lettre du Conseil canadien des innovateurs a depuis été signée par 122 autres dirigeants. Parmi les signataires figurent Louis Têtu, PDG de la société de logiciels Coveo, basée à Québec, qui emploie plus de 700 personnes ; Eric Boyko, PDG de Stingray, qui possède plusieurs chaînes de télévision musicales et plus de 100 stations de radio ; et Antoine Amiel, PDG du détaillant de lunettes New Look.

Mme Lortie a déclaré que les PDG soutiennent l’objectif de promotion de la langue française et veulent travailler avec le gouvernement sur des programmes d’éducation linguistique.

Dominique Samson, vice-président des affaires extérieures de la société de données financières Flinks, dont le PDG a signé la lettre, a déclaré que le projet de loi est un « obstacle majeur » pour le recrutement.

« Montréal est en compétition à l’échelle mondiale pour les talents, pour les investisseurs, pour tout », a-t-il déclaré dans une interview mercredi, ajoutant que le projet de loi 96 est « isolationniste ».

Lire aussi:  La police du Québec retrouve un corps après l'effondrement d'une route au Saguenay-Lac-St-Jean

Samson a déclaré que son entreprise, qui emploie environ 200 personnes, a 35 postes à pourvoir, ajoutant que la connaissance des langages logiciels est plus importante que les langues parlées par les candidats. Étant donné que l’entreprise était déjà soumise à la loi linguistique du Québec et qu’elle est en grande partie francophone, M. Samson a déclaré que les exigences de conformité supplémentaires ne seront pas importantes pour Flinks. Il s’inquiète toutefois de l’effet que cela aura sur les petites entreprises.

Lors de son arrêt à Mont-St-Grégoire, M. Legault a promis de limiter à trois pour cent par an les augmentations des tarifs d’électricité, des frais de garde d’enfants et des frais de scolarité universitaires fixés par le gouvernement. La ville se trouve dans la circonscription d’Iberville – une circonscription que le parti a remportée en 2018, mais qu’il a ensuite perdue après que son député a rejoint les conservateurs.

Claire Samson, qui a été évincée de la CAQ en juin 2021 après qu’on a appris qu’elle avait fait un don de 100 $ aux conservateurs du chef Éric Duhaime, a donné aux conservateurs leur seul siège à l’Assemblée législative.

Pendant ce temps, le Parti québécois a promis mercredi d’aider les Québécois à lutter contre l’inflation avec une allocation temporaire et ciblée de 1 200 $ pour les personnes gagnant moins de 50 000 $ et de 750 $ pour les personnes gagnant entre 50 000 $ et 80 000 $.

Le parti de centre-gauche Québec solidaire a promis 5,3 milliards de dollars supplémentaires pour les projets de transport en commun dans la région de Québec, tandis que la chef libérale Dominique Anglade, lors d’un arrêt à St-Agapit, au Québec, au sud de la ville de Québec, a encouragé les personnes qui disent avoir été victimes d’inconduite sexuelle de la part de Win Butler, le leader du groupe montréalais Arcade Fire, à déposer des plaintes officielles.

Ce reportage de La EssonneInfo a été publié pour la première fois le 31 août 2022.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*