CULTURE > Ne l’appelez plus Disiz la Peste. Un an après la sortie de son album Disiz the end, le rappeur d’Evry est devenu Peter Punk. Ce nouveau personnage se veut être un autre homme, qui joue désormais une musique rock, sans complexe. C’est à l’occasion de son concert donné au Rack’am de Brétigny que la rédaction d’Essonne Info a été reçue par l’artiste, vendredi soir dernier.

Il avait prévenu. Certains n’osaient pas y croire, et pourtant, Disiz Peter Punk n’est plus le rappeur aux succès que l’on connaît. L’album Dans le ventre du crocodile est quelquechose de nouveau, un mélange de rock, appuyé par des samples, pour un résultat teinté d’électro, de ska, et laissant entendre quelque peu de funk. En 2009, avec l’album Disiz the end, le chanteur tournait la page du rap, et mettait un terme à une carrière de 15 ans, nourrie de hauts et de bas, de voyages, de succès. Mais l’artiste est désormais passé à autre chose. Si il y avait à résumer notre rencontre avec Disiz, il en resterait ceci : c’est « sans regret » qu’il quitte le rap.

Quand on lui parle du hip-hop, Disiz répond cependant ne pas avoir définitivement rompu avec cette musique. »Je ne sortirai pas d’album sous le nom de Disiz la Peste, le dernier était Disiz the end » indique le chanteur, qui se déclare maintenant « ouvert à des collaborations dans cette musique », mais rien de plus. Car c’est bien l’évolution de cette musique qui déplaît à l’artiste, qui semble « avoir fait le tour » de la question. « Le casier judiciaire devient plus important que le flow » s’indigne-t-il, car « à partir du moment où le rap a pris cette direction là, je me suis de moins en moins reconnu la dedans et j’ai préféré m’en aller et laisser la place »

Peter Punk, un nouveau personnage

Disiz a choisi le nom de Peter Punk pour continuer à avancer dans la musique. Concrètement, sur scène, il est accompagné d’un guitariste, un bassiste et une batterie. Et puis, dans son nouveau projet, Disiz garde un DJ, « pour le côté débrouillard du rap ». Car le chanteur a tout de même des restes. Il insiste d’ailleurs : « Il y a un côté démerde qui me plait avec le DJ ». Peter Punk, c’est une sorte d’alter-égo, un personnage en noir et blanc, tout simplement quelqu’un d’autre.

Disiz justifie d’ailleurs ce choix : « Le fait de passer par un pseudo, ça me permet de faire des choses que je ne ferais pas, un peu comme David Bowie quand il a pris le nom de Ziggy Stardust ». De nouveaux morceaux sont donc joués, avec leur propre histoire, leur propre délire. Sans oublier certaines références difficiles à occulter. Pour preuve, cette reprise de « J’pète les plombs », en ska, avec un tout autre rythme. Pour l’artiste : « au delà du rap c’est un morceau qui a plu. J’aurais pu l’adapter dans un tout autre style ».

Un chanteur toujours évryen

Disiz, qui a commencé à chanter pendant la dynamique musicale créée autour de la maison de quartier des Epinettes, à Evry, garde un lien fort avec sa ville. Il y habite d’ailleurs toujours. Sa particularité est bien d’avoir su évoluer, sans pour autant renier là d’où il vient. « Je suis un mec de cité, la cité ça a ses avantages et inconvénients, j’ai grandi là » insiste-t-il. Telle une identité, il ne souhaite pas oublier ce qu’il doit à ce lieu, même si il a su, depuis, prendre du recul sur les choses. « Je suis passé à autre chose, j’ai tout simplement grandi, mais jamais je ne renierai là d’où je viens » affirme Disiz.

Sur cette nouvelle histoire qui s’ouvre, Disiz ne se fait pas d’illusion : « c’est un gros risque à prendre ». Mais il l’assume, et est désormais prêt à aller de l’avant, afin de se faire un nom en tant que Peter Punk.

  • Disiz Peter Punk
  • Dans le ventre du crocodile – 2010
  • Production : Naïve