Élection au Québec : Legault obligé de défendre les règles COVID-19 dans une circonscription conservatrice

QUÉBEC – Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, s’est retrouvé sur la défensive mardi, forcé de justifier les règles strictes COVID-19 de son gouvernement lors d’une visite dans une circonscription contestée par le tout nouveau Parti conservateur du Québec.

La Beauce-Sud, au sud de la ville de Québec et à la frontière des États-Unis, est située dans une partie de la province connue pour sa politique conservatrice, son esprit d’entreprise – et son dédain particulier pour les restrictions pandémiques de M. Legault. Les conservateurs n’étaient pas un facteur dans l’élection de 2018, mais sous la direction du chef Éric Duhaime, ils ont fortement augmenté dans les sondages depuis qu’il a commencé à attaquer la CAQ pour sa gestion de la pandémie COVID-19.

Legault a déclaré aux journalistes le troisième jour de la campagne électorale qu’il a imposé des règles strictes pour le COVID-19 – y compris un couvre-feu de plusieurs mois – pour sauver des vies, ajoutant que la plupart des Québécois comprennent à quel point il était difficile de prendre des décisions pendant cette période.

« J’ai pris les mesures qui, selon moi, représentaient le mieux le bien commun », a-t-il dit. « Ce n’est pas facile de prendre ce genre de décision – je ne l’ai pas fait pour le plaisir ; je l’ai fait pour sauver des vies ».

Il a déclaré que les Québécois étaient « extrêmement unis » dans la lutte contre le COVID-19 et ont montré des taux élevés de respect des mesures – notamment en ayant l’un des taux de première dose de vaccination les plus élevés au monde.

M. Legault a refusé à plusieurs reprises de nommer expressément son homologue conservateur ; le chef de la CAQ a plutôt accusé certains chefs de parti de vouloir amener le mécontentement antigouvernemental à l’Assemblée législative.

« Quand on est un chef – un chef de parti – on a une certaine responsabilité », a-t-il dit. « On ne peut pas profiter d’une crise comme celle-là pour essayer de gagner des votes avec des positions qui sont irresponsables. »

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La CAQ a remporté la circonscription de Beauce-Sud en 2018, mais les sondages suggèrent qu’elle est devenue un ballottage entre le parti de Legault et les conservateurs, qui contestent sérieusement un certain nombre de circonscriptions dans la région.

Plus tard mardi, Duhaime a riposté à l’accusation de Legault de personnes « irresponsables ».

« Ce que je trouve particulièrement irresponsable, c’est que depuis plusieurs mois, on a un premier ministre qui a profondément divisé le Québec. »

Le premier ministre, a dit Duhaime, a divisé la province avec les passeports vaccinaux en créant deux classes de personnes : les vaccinés et les non vaccinés. Le chef conservateur a déclaré que M. Legault a également essayé de diviser les anglophones et les francophones de la province – une référence au projet de loi 96, la nouvelle loi linguistique de la CAQ, qui limite l’inscription des francophones dans les collèges anglophones.

« Et qu’il ait le culot de parler d’irresponsabilité – s’il veut parler de gens irresponsables, nous devrions lui acheter un miroir », a déclaré M. Duhaime.

M. Legault a également été frappé par la chef libérale Dominique Anglade mardi, qui a accusé le premier ministre de la copier, après que les deux partis ont fait des annonces similaires deux jours de suite. Les deux partis ont annoncé mardi des mesures qui, selon eux, donneraient jusqu’à 2 000 $ par année aux personnes âgées de plus de 70 ans – une proposition que les libéraux ont faite pour la première fois l’an dernier.

Un jour plus tôt, les deux partis ont également promis des réductions d’impôt sur le revenu des particuliers. Mme Anglade s’est attribuée le mérite de la promesse de réduction d’impôt de M. Legault parce que les libéraux avaient déjà annoncé qu’ils réduiraient l’impôt sur le revenu. « François Legault est un copieur, et le plagiat est un motif de congédiement », a déclaré Mme Anglade lors d’une conférence de presse à Québec.

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Mme Anglade a déclaré que les personnes âgées gagnant moins de 50 000 $ par an bénéficieraient du montant maximal avec son plan d' »allocation pour personnes âgées », qu’elle a chiffré à 2 milliards de dollars.

M. Legault, quant à lui, a annoncé son propre plan de 1,6 milliard de dollars visant à donner aux aînés à faible et moyen revenu un paiement pouvant atteindre 2 000 $ par année par le biais de crédits d’impôt remboursables. Il a nié que les deux propositions étaient presque identiques et a laissé entendre qu’il n’était pas inhabituel d’avoir des promesses sur des thèmes similaires. « Chaque parti examine les besoins, les préoccupations, les problèmes et nous essayons de proposer des solutions », a-t-il dit.

Québec solidaire, quant à lui, a proposé de suspendre la taxe de vente sur certains articles essentiels – y compris tous les produits alimentaires – jusqu’à ce que l’inflation retombe à environ trois pour cent. Les libéraux ont promis lundi de réduire la taxe de vente sur certains produits de première nécessité, mais le plan de Québec solidaire irait plus loin et s’appliquerait notamment aux vêtements, aux produits d’hygiène personnelle et aux services de réparation d’articles tels que les voitures, les bicyclettes, les ordinateurs et les appareils ménagers.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, était à Montréal pour une conférence de presse, où il a promis 21 milliards de dollars – soit 3 milliards de dollars par an – pour des initiatives environnementales qui comprennent la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 45 % par rapport aux niveaux de 2010 d’ici 2030.

Ce reportage de La EssonneInfo a été publié pour la première fois le 30 août 2022.

– Par Morgan Lowrie à Montréal.

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