C’est en 2012 que la Fédération française de rugby a sélectionné l’Essonne comme lieu de résidence de son Grand stade de rugby, qui verra le jour à l’horizon 2018 sur le site de l’ancien hippodrome de Ris-Orangis. 2013 fut donc l’année des questions et des premiers plans pour cet immense projet, estimé à 600 millions d’euros. Les débats furent nombreux, alors que les premières esquisses du stade laissent présager une enceinte de premier ordre.

A tout édifice d’envergure, il faut un maître d’œuvre pour l’ériger. La Fédération française de rugby (FFR) a choisi le sien pour son Grand stade de plus de 80 000 places. Le 8 février 2013, le cabinet Populous, allié aux Ateliers 2/3/4, a été retenu. A son actif, l’architecte anglais compte notamment le Millenium Stadium (Cardiff), Wembley (Londres) ou encore l’Aviva Stadium (Dublin). Le nouveau temple du rugby hexagonal sera carré de l’extérieur, et les spectateurs assisteront aux rencontres à l’abri des intempéries grâce à un toit rétractable. Selon la volonté des dirigeants de la FFR, l’enceinte sera aussi consacrée à des évènements autres que sportifs.

La question du modèle économique du Grand stade a été au centre des débats. Le projet « a d’emblée été annoncé sans financement public », a rappelé à Essonne Info la ministre des Sports Valérie Fourneyron. La FFR devra compter sur ses propres moyens et nouer des partenariats pour s’autofinancer sur la construction du stade. Les premières estimations chiffrent à un coût global de 600 millions d’euros. Un emprunt obligataire sera sans doute nécessaire pour réunir les capitaux de départs nécessaires. Les supporters seraient donc appelés à s’impliquer financièrement dans le projet.

Les Essonniens attendent beaucoup de ce stade

En février 2013, alors que les premières esquisses du projet voyaient le jour avec le choix de l’architecte anglais, Essonne Info a souhaité recueillir les avis de ses lecteurs quant à ce Grand stade. Les positions sont partagées. Bien sûr, l’attrait d’une telle structure suscite des espoirs. André, qui habite Evry, compte parmi les optimistes : « Dans le cadre du Grand Paris, notre région a bien besoin d’un grand projet de ce type pour faire sa place. » Chloé, de Ris-Orangis, croit en une « importante source d’emplois, notamment pour les jeunes ». Mais d’autres voient d’un mauvais œil les dépenses à venir. Bernard, un Massicois, évoque une dépense « totalement décalée par rapport aux besoins de l’ensemble des citoyens, et ceci pour 10 à 15 manifestations par an ». L’avis général porte tout de même vers la bienveillance.

Les clubs de rugby de l’Essonne ne sont pas délaissés par la FFR. Les porteurs du projet ont tenu à rencontrer les responsables des clubs pour les rassurer quant à leurs intentions. Le prix des places demeurera raisonnable, car « le rugby reste un sport populaire », indique Pierre Camou, président de la FFR. Le maire de Ris-Orangis, Stéphane Raffalli, parle du stade comme « un antidote à la sinistrose ». Les écoles de ballon ovale du département bénéficieront de son rayonnement.

Une étape supplémentaire a été franchie le 26 juin 2013 avec l’acquisition par les collectivités locales de l’Essonne des terrains de l’hippodrome de Ris-Orangis, où doit s’élever le futur Grand stade. Le prix d’achat des 80 hectares de l’hippodrome a été fixé à 13,5 millions d’euros entre la société France Galop, propriétaire du site et la communauté d’agglomération Evry Centre Essonne (CAECE) qui s’est portée acquéreuse.

Un stade facile d’accès… mais qui doit s’autofinancer

La desserte du Grand stade est un autre point d’interrogation. Le dossier du maître d’ouvrage met en avant la diversité des moyens de transport pour rejoindre le Grand stade. Par la route, le site se situe au croisement de l’autoroute A6 et de la Francilienne, deux axes structurants du sud de Paris. « Il n’y aura plus besoin de traverser Paris », affirme Pierre Camou. En outre, 7000 places de parking sont prévues. Concernant les transports en commun, les porteurs du projet misent sur une diversité des possibilités d’accès, en RER, tram-train ou bus de la TICE. La gare d’Orangis-Bois de l’Epine du RER D se situerait à 10 minutes à pied du stade par une passerelle qui enjamberait l’autoroute. La construction annoncée du tram-train Evry-Massy a son importance : le stade serait ainsi à 25 minutes de Massy-TGV. Mais reste à savoir si l’ensemble de ces moyens suffira à permettre une desserte fluide les jours de grande affluence.

Depuis la fin du mois de novembre 2013, un débat public permet de recueillir régulièrement toutes les questions autour du projet. Le président de la Commission particulière du débat public, Jacques Archimbaud, est à l’écoute des particuliers, entreprises, collectivités et associations. L’idée est que la FFR puisse convaincre chacun de la viabilité du projet et de sa pérennité. Les conséquences financières de l’arrivée d’un tel équipement sont, toujours, parmi les premières craintes des contribuables. La FFR se donne 20 ans pour rembourser ses dettes, à raison d’un chiffre d’affaires attendu du stade de 109 millions d’euros par an. Frédéric Bolotny, économiste du sport, estime qu’il faudra chaque année « 17 ou 18 événements » pour que le Grand stade soit rentable. Fin du débat public le 21 février 2014.