Inaugurée dimanche, la gare de Créteil Pompadour rallonge certains trajets du RER D entre Paris et le sud de la ligne, et provoque la colère des usagers mais aussi des politiques.

Six ou sept minutes en plus sur les trajets directs, de nouveaux codes pour les trains, les changements instaurés ce 15 décembre sur le RER D, avaient déjà fait parler d’eux depuis des semaines. Ils continuent ce lundi, via notamment la SaDur, l’association des usagers du Rer D, qui suit de près les premiers résultats du passage de trains courts en gare de Créteil Pompadour, et certains usagers qui montrent déjà un certain agacement sur les réseaux sociaux face à la mise en place de cette nouvelle station, sous l’égide de la majorité socialiste à la Région.

Les enjeux du train francilien ont même pris une nouvelle tournure politique, puisque un collectif d’élus de droite mené par le maire de Yerres, Nicolas Dupont-Aignan, a décidé de se réunir sur le quai du RER D situé gare de Lyon mardi soir. À 17h45, un cortège composé notamment de Franck Marlin, maire d’Étampes, Stéphane Beaudet, maire de Courcouronnes, ou encore François Durovray, conseiller régional, y décernera un « carton rouge » au STIF, au président de Région Jean-Paul Huchon et à la SNCF.

« Au lieu de trouver des solutions concrètes à l’enfer quotidien des Franciliens, à la surcharge des rames (+50% de fréquentation en 10 ans !), et aux perturbations systématiques, la région francilienne préfère aggraver la situation plutôt que de mettre des trains supplémentaires, affirme le président de Debout la République. Ces décisions sont d’autant plus scandaleuses que les tarifs du Pass Navigo augmentent sans cesse depuis 2010 (+11,56%) et augmenteront à nouveau de 3% au 1er janvier 2014. »

Interrogé par Essonne Info, le vice-président aux transports, Pierre Serne défend pourtant « un projet décidé à l’unanimité du CA du STIF en 2009 » et se montre ferme sur la question du manque d’une voie supplémentaire qui aurait permis aux trains semi-directs de dépasser ceux qui s’arrêtent dans toutes les gares.  « On ne peut plus avoir des trains qui se doublent, tranche-t-il. La SNCF nous a demandé d’arrêter les trains semi-directs, qui posent des problèmes dans l’exploitation de la ligne. »

Alors que Nicolas Dupont-Aignan veut « reporter l’ouverture de la nouvelle gare de Pompadour dans l’attente d’un second quai et passer de 2 à 3 trains par ¼ d’heure pendant la pointe », Pierre Serne lui rétorque que « le système n’était plus tenable. Il y a beaucoup plus de voyageurs qu’il y a 30 ans, les temps de montée et de descente en gare sont plus longs. […] Je suis sûr que si on demande aux usagers, ils préféreront ces cinq à sept minutes en plus que d’avoir leurs trains supprimés ».

Plus de temps pour plus de fluidité : une stratégie qui demande de la patience, un atout qui se perd facilement dès qu’il s’agit des transports. Pas sûr que l’implication des politiques y fasse grand-chose.