À quatre mois des élections municipales, nous commençons à entrevoir le nom et le nombre des différents prétendants à la mairie de Montgeron. Bien que les acteurs de ce scrutin n’aient pas encore tous officialisé leur candidature et que des alliances restent encore à confirmer, on pourrait une fois de plus s’orienter vers une élection très ouverte.

Dans tous les cas, une chose est sûre. Au soir du 30 mars, cette commune de 23 000 habitants située au bord du Val-de-Marne aura à sa tête un nouveau maire. En poste depuis presque 18 ans, Gérald Hérault a annoncé qu’il ne souhaitait pas se représenter pour un quatrième mandat consécutif fin février dernier. Passé du Parti Socialiste à Divers Gauche, le Conseiller général de Montgeron, a choisi de passer la main pour les échéances de 2014.

À l’image des dernières élections municipales de 2008, durant lesquelles nous avions assisté à un duel serré entre Gérald Hérault et François Durovray (UMP), les scrutins du mois de mars promettent d’être assez ouverts.

Une gauche unie ?

Privé de Gérald Hérault pour la première fois depuis 1995, le PS a dû se trouver un nouveau chef de file. Dorénavant, c’est en la personne de Aude Bristot que les espoirs de la gauche résident. Membre de l’équipe municipale depuis 2001, elle avait également représenté le rassemblement de la gauche et des écologistes en tant que candidate aux dernières élections législatives de 2012 sur la 8e circonscription de l’Essonne. La maire adjointe aux solidarités a ainsi officialisé courant novembre qu’elle mènera une liste qui rassemblera une grande partie de la majorité sortante. « C’est avec une grande fierté que je ferai campagne dans cette ville qui m’a vu grandir », souligne Aude Bristot.

Son programme s’inscrit dans la continuité de ce qui a été réalisé depuis 2008. Convaincue du bilan des mandats de « l’ère Hérault », notamment sur la création d’équipements publics, comme la mise en place de terrain de football, de la nouvelle salle de spectacle (L’Astrale), ou encore de la médiathèque, Aude Bristot portera également de nouveaux sujets de campagne. Elle s’engage à garantir une meilleure qualité de vie, avec notamment la question de la sécurité des Montgeronnais. Les thématiques de l’emploi pour les jeunes, du développement économique, du logement et de la solidarité envers les personnes âgées, handicapées ou en situation de précarité seront au cœur de son projet.

Outre le Parti Socialiste, la liste conduite par Aude Bristot sera un « large rassemblement des composantes de la gauche ». Au total, l’élue montgeronnaise sera soutenue par EELV, le Parti Radical de Gauche ou encore par le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC). La section communiste locale est actuellement en discussion pour tenter de déboucher à une alliance avec la liste menée par la maire adjointe. « Nous privilégions une liste de rassemblement, assure Grégory Morvan, fraîchement désigné chef de file du PCF à Montgeron. Nous souhaitons que cela s’opère autour d’un contenu et nous voulons ainsi être reconnus par les citoyens comme porteurs de ces thématiques ». Précisant qu’aucun accord officiel n’a été conclu entre les deux partis à ce jour, Grégory Morvan veut inclure au projet électoral des thématiques comme celles de la diversité de l’habitat (logements sociaux) et sur la gratuité des transports pour les personnes en précarité notamment. De son côté, Aude Bristot reste confiante sur le fait qu’un accord soit trouvé dans les jours qui viennent. « Je serai la représentante de toute la gauche », assure-t-elle.

La revanche de Durovray ?

Malgré tout, la passation de pouvoir attendue entre Gérald Hérault et elle ne sera pourtant pas une mince affaire. Elle devra pour être élue battre l’actuel conseiller municipal d’opposition et conseiller régional UMP François Durovray.

De l’autre côté de l’échiquier politique, il se pourrait bien qu’il fasse également cavalier seul en tant que tête de liste. Sans surprise, il sera le seul candidat à droite. Après avoir été battu d’une courte tête par Gérald Hérault pour les municipales de 2008, avec une un écart de 138 voix (50,67% contre 49,33%), le conseiller régional avait enregistré une seconde défaite face au même homme lors des cantonales de 2008 (50,12% contre 49,88%). Il avait été ainsi le seul à faire autant vaciller Gérald Hérault depuis son arrivée au pouvoir. Avec le retrait de ce dernier, c’est une nouvelle candidate qui se dresse face à lui et qui mènera sa première campagne municipale en tant que tête de liste. Une opportunité rêvée pour le conseiller d’opposition ? « Une élection n’est jamais gagnée d’avance, tempère François Durovray. Madame Bristot est une personne qui est dans les rouages de la politique locale depuis longtemps. Il ne faut en aucun cas sous-estimer un adversaire ».

Après six ans passés dans l’opposition, François Durovray a dressé ce mardi 3 décembre, à l’occasion d’une soirée avec débat participatif pour les Montgeronnais un bilan peu flatteur du travail de la majorité Montgeron. « Ce qui caractérise la ville de Montgeron, c’est le laisser-aller. Cela s’exprime sur de nombreux sujets, comme l’affaire de l’antenne-relais qui doit être implantée près de la gare RER, des Roms qui s’installent sur la commune, ou encore de la gestion de la politique d’urbanisation [NDLR : avec un vote du PLU qui avait provoqué de vifs désaccords au conseil municipal en juin dernier] », argumente François Durovray. Il invite dès lors les Montgeronnais à choisir ce qu’ils veulent pour l’avenir de Montgeron. « Doit-on se battre pour préserver l’identité de Montgeron ou pour qu’elle devienne comme une ville de banlieue, c’est-à-dire une ville-dortoir sans dynamique à l’image de Villeneuve-Saint-Georges ? ».

Bien qu’il ne soit pas encore complètement investi dans la campagne – il la lancera mi-janvier – François Durovray défendra les thèmes de l’urbanisme, du développement économique par le biais d’un retour des commerces de proximité, de la sécurité, d’un meilleur encadrement des dépenses de la ville et enfin une amélioration des déplacements avec un désengorgement de la RN6 et du RER D, dont la mise en service prochaine de la nouvelle station de Créteil-Pompadour induira des retards « de quinze minutes par jour », précise l’élu d’opposition.

Le rassemblement citoyen, une alternative aux partis ?

François Durovray sera donc le candidat désigné de l’UMP. Il a également obtenu l’investiture du comité départemental de l’UDI qui lui a octroyé son soutien alors qu’un autre candidat, encarté UDI, compte se présenter. Il s’agit de Patrice Cros. L’ancien collaborateur de l’élu centriste Jacques Barrot au CG de Haute-Loire, se lance lui aussi dans la lutte pour la mairie de Montgeron. « Bien qu’étant encarté à l’UDI, je ne me reconnais pas dans la politisation à outrance des élections municipales, voilà pourquoi cela ne m’inquiète pas de ne pas avoir eu la préférence de mon parti », confirme Patrice Cros. L’ancien colistier du candidat Didier Banquy (RPR) en 2001 et d’Éric Valat (Modem) en 2008, souhaite se placer « en-dehors de toutes luttes partisanes » en menant un rassemblement citoyen. Cette nouvelle liste est ainsi composée de « personnes passionnées par notre ville, souligne Patrice Cros. Il y a des gens UDI, de l’UMP modéré, de la gauche et des citoyens non encartés. Plus globalement, il y a beaucoup de gens qui ne se reconnaissent pas dans les alliances politiques actuelles ».

Du fait de la composition de son mouvement, l’homme qui officialisera sa candidature dans le courant du mois de décembre affirme avoir été approché par les camps d’Aude Bristot et de François Durovray. « Nous ne sommes pas là pour préparer le deuxième tour de qui que ce soit, rétorque le candidat montgeronnais. Je sais que ça sera un combat difficile. On poursuivra pour faire entendre une voie médiane dans ces élections ».

Patrice Cros fera campagne sur des thématiques de maîtrise des dépenses de la commune, d’embellissement de la ville, d’un retour à la démocratie participative et notamment d’un développement économique local.

Concernant les possibles soutiens que pourrait obtenir cette liste, il y a fort à parier que la section Modem vienne grossir les rangs de ce mouvement. Éric Valat, ancien tête de liste Modem en 2008 et actuel conseiller municipal dans les rangs de la majorité ne se représentera pas l’année prochaine pour des raisons professionnelles. Toutefois, il s’accorde le droit de soutenir une liste. Ironie du sort, ce n’est pas la majorité sortante à laquelle il appartient qu’il serait tenté de défendre. « La liste qui porte le plus nos valeurs est celle que conduira Patrice Cros, garantit Éric Valat. Cependant, rien n’est encore acté, mais je pense qu’il sera difficile pour nous de partir faire notre liste de notre côté ». Jean-Louis Tinel, qui a obtenu l’investiture Modem à Montgeron, serait selon différentes sources sur le point de rejoindre ce rassemblement citoyen.

Sauf surprise, le cas le plus plausible à Montgeron serait le même format qu’en 2008, à savoir la présence de trois listes dès le premier tour. Avec le retrait du maire qui administrait la commune depuis 18 ans, nous assisterons très certainement à un scrutin assez ouvert.