La communauté éducative ne décolère pas. Les conséquences des suppressions de postes dans l’éducation nationale touchent le département de l’Essonne (lire notre article). Parents d’élèves et enseignants des lycées et collèges les plus pénalisés ont organisé hier un rassemblement sous les fenêtres de l’Inspection Académique.

Quels moyens pour les lycées et collèges classés Réseaux Ambition Réussite (RAR) en Essonne? A en croire une partie des acteurs de l’éducation en Essonne, les nouvelles suppressions de postes annoncées dans l’académie de Versailles vont toucher de plein fouet ces établissements dits « prioritaires » . A la rentrée 2011, ce sont 85 postes d’enseignants dont sera privé le département, alors que selon les chiffres recueillis par le SNES-FSU (principal syndicat d’enseignants du secondaire), l’Essonne devrait compter « 406 élèves de plus dans les collèges, et 255 dans les lycées » .

Hier, les professeurs et parents d’élèves des établissements les plus touchés par ces suppressions de postes, se sont rassemblés devant l’Inspection Académique, à Evry. Ce sont environ 80 personnes qui se sont réunies pour l’occasion. Six délégations d’établissements, suivies de représentants syndicaux, ont été reçus par l’institution. Les lycées Corot de Savigny, des Loges d’Evry et d’Einstein à Ste-Geneviève, ainsi que les collèges de Nozay, Gérard Philippe à Massy et Pasteur de Longjumeau ont tous exprimé leur mécontentement relatif aux supressions d’heures dans leur établissement.

« On a taillé dans les moyens de l’éducation prioritaire »

Pour Jean-Baptiste Hutasse, co-secrétaire départemental du SNES, il est question d’un « démantèlement de l’éducation prioritaire » , qui se traduit par ces coupes budgétaires, « dans les établissements ZEP » , et l’expérimentation d’une nouvelle norme, CLAIR (Collège, Lycée pour l’Amibition, l’Innovation et la Réussite), dénoncée par le syndicaliste comme « une gestion par établissement qui se fera à la tête du client » . Badge FCPE au manteau, Madame Coupigny est parent d’élèves au lycée des Loges d’Evry. Sa fille poursuit sa formation en 1ère STG. Elle explique sa présence par le fait que dans cette section, « il y a des absences non remplacées d’enseignants de matières fondamentales, l’économie-droit et l’information-communication » . Pour les parents d’élèves, qui ont écrit en début de semaine au ministre de l’éducation, « les élèves ont 10 heures de cours en moins par semaine, et on leur a trouvé des remplaçants qui ne sont pas restés, il s’agit de disciplines dont ils vont devoir choisir l’option en terminale » indique Madame Coupigny.

Si ils promettent restés « déterminés » à se faire entendre, les enseignants et parents d’élèves présents laissaient hier pourtant, transparaitre une certaine déception. Au sortir d’une des délégations, l’une des représentantes lance à qui veut l’entendre : « on demande juste le maintien des moyens, pas la lune !  » . Ils ont tous prévus de se retrouver le 10 février prochain, lors d’un rassemblement à Paris contre les suppressions de postes dans l’éducation. Le débat ne semble donc a priori pas clos. D’éducation, il en sera question ce soir à 20h30, pour le Politikafé du PS. Sont accueillis pour un débat plusieurs intervenants, en mairie d’Igny, avec notamment la présence de Marc-Olivier Padis, le directeur de la rédaction de la revue de sciences humaines Esprit.