Depuis le 4 novembre dernier, une partie du personnel de la faculté des métiers de l’Essonne (FDME) est en grève pour le maintien de l’emploi de 35 agents publics. Les différents partis tentent de tomber sur un accord sans succès. Retour sur cette situation qui s’inscrit dans la durée étant donné que les grévistes entament leur troisième semaine de combat.

02-essonneinfo

Cela fait maintenant plus de deux semaines que le personnel gréviste de la Faculté des Métiers de l’Essonne (FDME) mène son combat pour maintenir leur emploi dans l’établissement évryen. Cette situation qui implique 35 salariés – formateurs ou agents administratifs – résulte d’un plan social entamé il y a plus d’un an. En 2012, plusieurs agents publics qui dépendent de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris – Île-de-France (CCIR), mis à disposition de la FDME, apprennent qu’à terme, leur poste sera supprimé. « Il leur a été proposé dans les premiers temps, de changer de statut en signant pour la FDME avec une enveloppe incitative conséquente, de douze mois de salaire, tout en conservant leur ancien poste », explique la faculté des métiers. Une partie du personnel concerné aurait ainsi accepté cette offre. Seulement, 35 personnes ont choisi de ne pas donner leur démission de la CCIR pour travailler à la FDME, et de s’opposer au passage d’un statut d’agent public à celui de droit privé. « Le statut d’agent public a de nombreux avantages, souligne Ali Radoua, délégué syndical FO, que nous ne retrouvons pas en passant dans le privé ».

Outre ce critère, ces salariés affirment que la Chambre de commerce régionale leur avait donné certaines garanties concernant la durée restante de leur mise à disposition. « La CCIR avait déclaré que notre date de fin de mise à disposition était le 31 décembre 2017, beaucoup d’entre nous n’avait plus que quelques années à faire avant la retraite, voilà pourquoi nous avons choisi de ne pas démissionner et de poursuivre avec un statut public plutôt que d’avec des droits privés », précise Emmanuelle Guyonvarh déléguée syndicale de la CGT.

Or, en septembre 2013, un nouveau rebondissement vient contrecarrer les plans de ces 35 salariés. « Nous avons appris que la CCIR mettrait un terme à notre mise à disposition le 31 décembre 2014 », explique Emmanuelle Guyonvarh. Cependant, le délai pour accepter l’offre du contrat avec la FDME mentionnant une enveloppe incitative de douze mois de salaire payé était arrivé à échéance depuis longtemps. Ne voulant se résoudre à attendre leur licenciement ou à un reclassement avec la CCIR qui se ferait n’importe où en Île-de-France et donc loin de leur actuel travail, les salariés ont choisi d’essayer de se faire réembaucher par la FDME. A deux conditions : « obtenir une indemnisation en échange de l’abandon de leur statut d’agent public et retrouver leur poste », affirme Ali Radoua.

01-essonneinfo

Vers une poursuite du mouvement

Depuis leur déclaration de grève le 4 novembre dernier, « aucune réponse concrète n’est apportée de la part de la FDME », s’insurge la déléguée CGT. Toutefois, l’établissement évryen assure que les personnes qui le souhaitent peuvent être réembauchées par la faculté. « Certaines personnes auront la possibilité d’être réembauchées à la faculté des métiers sans indemnité, expliquent les services de la FDME. Toutefois, les personnes qui ne seraient pas compétentes n’auront pas leur place dans l’établissement ». Ces termes ont ainsi fait fortement réagir les salariés grévistes. « En ces temps de crise économique sans précédent et à l’heure où il est plus que jamais essentiel de renforcer les dispositifs de communication en externe, la communication de notre service de direction ne trouve rien de mieux à faire que fossoyer les compétences des formateurs de la FDME, qui font pourtant la réputation de notre CFA depuis des décennies », se sont indignés les formateurs et autres personnels administratifs grévistes.

Quant à la question d’une possible indemnisation la FDME rejette cette option. « Leur statut actuel est plus intéressant au niveau des avantages que celui qu’ils pourraient avoir s’ils signent un contrat avec la FDME bien que le salaire soit identique. C’est malheureux à dire, mais ils se manifestent avec temps de retard. Suite à notre plan social, nous n’allons pas brûler l’argent que nous n’avons pas ». Encore une fois, le personnel en grève conteste ses paroles. « En la matière des remboursements, c’est la CCIP qui serait tenue de verser les indemnités aux personnes concernées ».

Ainsi, plusieurs discussions sont en cours entre la faculté des métiers, la Chambre de commerce et le personnel gréviste comme ce fut le cas ce lundi 18 novembre. Seulement, les salariés déplorent « le manque de réponses concrètes ». Ce mardi 19 novembre, les tentes de camping seront de nouveau installées devant l’entrée de l’établissement. Cette action destinée à montrer leur engagement sans faille évoque ainsi le fait que « nous sommes sans emploi fixe et que nous campons sur nos positions », explique Emmanuelle Guyonvarh.

Une action que regrettent certains membres de la faculté. « C’est vraiment dommageable d’en arriver là. C’est une situation complexe pour eux, mais cela donne aussi une très mauvaise image à l’établissement… ». Bref, tant qu’aucune réponse n’aura été apportée, la situation promet de rester en l’état.