À cinq mois des élections municipales, les différents camps s’activent autour de leurs candidats à la mairie de Viry-Châtillon. La gauche et la droite devraient se présenter divisées à la veille du premier tour. Une cinquième liste pourrait bien s’immiscer dans cette campagne qui sera très politisée.

La maire sortante (PG) Simone Mathieu et le candidat socialiste Dominique Lebreton. (DR)

La maire sortante (PG) Simone Mathieu et le candidat socialiste Dominique Lebreton. (DR)

Les jours de marché sont l’occasion pour les Castelvirois de voir ce spectacle entre les équipes de campagne qui se croisent et s’entrecroisent tout au long de ces matinées. Les tracts fusent aux alentours de la halle circulaire et les discussions tournent rapidement autour du même sujet : « qui sera élu maire au soir du 30 mars ? ». En 2008, la réponse à cette question était tombée dès le soir du premier tour. À l’époque, nous avions assisté à un duel entre une liste d’union de la droite et du centre menée par Jean-Marie Vilain et une liste d’union de la gauche conduite par la socialiste Simone Mathieu. Le nom de cette dernière était finalement ressorti de l’urne avec pas moins 53,68% des suffrages en sa faveur.

Pour cette année 2014, les paris sont d’ores et déjà ouverts à droite comme à gauche. Les protagonistes de 2008 seront une nouvelle fois présents pour les futures échéances. Seulement, il ne sera pas question cette fois-ci d’un duel comme il y a six ans. Deux autres candidats viennent s’ajouter dans le combat pour la mairie de Viry-Châtillon. En tout, deux femmes et deux hommes sont actuellement en campagne. Toutefois, ce match à quatre pourrait bien être arbitré par une cinquième liste.

Une gauche qui se fracture

Au pouvoir depuis 2008, la maire Simone Mathieu repart en tant que candidate à sa propre succession. L’édile castelviroise tentera une nouvelle fois de rassembler la majeure partie des composantes de la gauche dans sa liste qui se veut être dans le même esprit que celle de 2008, c’est-à-dire, une union de la gauche. S’appuyant sur son bilan qu’elle juge « excellent », Simone Mathieu jouera vraisemblablement sur les mêmes lignes qui l’on fait élire, même si des « nouveautés » seront dévoilées dans les prochaines semaines. « Nous avons respecté les engagements de 2008 et même au-delà, juge la maire de Viry-Châtillon. Je pense notamment au bureau de police, sur la construction d’une nouvelle crèche, sur le travail de la régie publique de l’eau, etc… Sachant cela, le but est de continuer l’ensemble de ces projets ».

Simone Mathieu pourra une nouvelle fois compter sur le soutien du président de l’agglomération des Lacs de l’Essonne, Gabriel Amard. « Je soutiendrai totalement notre maire Simone Mathieu dans cette campagne, explique celui qui a occupé cette fonction de 1995 à 2008. Ce sera d’ailleurs un appui sans faille ». Ainsi, les tensions qui ont semé la discorde au sein de la majorité castelviroise en mai dernier semblent être totalement dissipées…

Cependant, la candidate du Parti de Gauche devra s’attendre à défier un ancien élu de la majorité présent dans l’équipe municipale de 1995 et de 2001. Cet ancien élu, c’est Dominique Lebreton. Fraîchement désigné premier des socialistes pour les élections de 2014, l’ancien adjoint à l’éducation et à la jeunesse n’a pas digéré le fait que Simone Mathieu et une partie de l’équipe municipale, claquent la porte du PS pour rejoindre le PG à l’automne 2008, soit quelques mois seulement après leur élection. « Compte tenu de l’agressivité du Parti de Gauche envers le PS, je ne vois pas comment nous pourrions nous entendre avant le premier tour ». Qu’à cela ne tienne, Dominique Lebreton devrait donc conduire une liste PS, qui rassemblera « tous les partenaires politiques qui veulent se joindre à nous et soutenir nos projets qui s’articuleront autour des thématiques de développement de la jeunesse, des outils d’insertion, du logement, du sport et de l’animation. Le tout pour l’intérêt général des Castelvirois ».

Par conséquent, le divorce semble être consommé entre les deux camps et les possibilités d’accord entre eux restent « minimes » selon le socialiste.

Deux candidats « légitimes » à droite

Alors qu’à gauche, deux listes se font déjà front, le cas semble être similaire à droite. Jean-Marie Vilain qui a été investi par l’UDI sur la commune de Viry-Châtillon, suite à la venue d’Hervé Morin en février dernier, est bien décidé à être de nouveau tête de liste pour 2014. Dirigeant le groupe d’opposition Ainsi va la Ville (AVLV) depuis 2008, Jean-Marie Vilain souhaite « rendre aux habitants de Viry le sentiment de bien-être dans leur ville et surtout redonner une attractivité à la commune ». Pour l’élu d’opposition, cela passe notamment par des « réformes fiscales notamment sur la taxe foncière, par une politique sécuritaire plus poussée, ainsi que par une politique culturelle plus riche ».

Ces thématiques se retrouvent en partie également parmi les points que défend l’ancienne députée UMP de la 7ème circonscription de l’Essonne, Françoise Briand. Cette dernière qui a obtenu l’investiture de l’UMP sur la ville de Viry-Châtillon compte également mener une liste. « C’est lorsque j’étais députée que je me suis rendu compte de ce que vivaient les gens à Viry. Notamment sur l’aspect d’assistanat pratiqué par la municipalité de Viry. Ce sont toujours les mêmes personnes qui bénéficient des aides. Je ne  pense pas que la solidarité veuille dire l’assistanat ». Après avoir reçu de nombreux habitants « se plaindre de la gestion de la ville », Françoise Briand a choisi de monter sa liste.

Malgré des similitudes dans leurs thématiques de campagne et même dans leurs parcours politiques locaux, Jean-Marie Vilain et Françoise Briand n’ont pas réussi à tomber sur un accord de fusion de liste malgré une rencontre fin juin. Le problème résiderait sur le nom du possible chef de file. Chacun étant investi par son propre parti, chacun y voit sa légitimité. Outre ce point, la légitimité de ce tandem réside aussi dans le fait qu’ils ont dirigé tour à tour l’opposition (NDLR : 2001–2008 pour Françoise Briand et 2008 à aujourd’hui pour JM. Vilain). « Vu la défaite de JM. Vilain en 2008, je lui ai proposé qu’il se mette derrière moi pour 2014, mais il a refusé, explique Françoise Briand. Aux vues de mes résultats aux dernières législatives dans la ville de Viry, où j’étais arrivée en tête au premier tour, je pense avoir les cartes pour battre la gauche. Mais, je pense déjà qu’à ce stade, les chances d’accord avant le premier tour sont réduites ».

De son côté, Jean-Marie Vilain ne désespère pas de rallier l’ancienne députée à son camp. « Nous avons encore des possibilités pour nous rencontrer, rien n’est encore joué. Les portes sont grandes ouvertes pour l’accueillir dans l’équipe ».

L'ancienne Députée UMP Françoise Briand et le candidat UDI Jean-Marie Vilain. (DR)

L’ancienne Députée UMP Françoise Briand et le candidat UDI Jean-Marie Vilain. (DR)

Une cinquième liste ?

Outre ces quatre listes, une cinquième pourrait s’immiscer dans la bataille des municipales. Il s’agit de celle que pourrait déposer le groupe Viry Energie. « Aujourd’hui, nous nous situons dans un appel de rassemblement autour de l’idée de l’antiaustérité, explique Jean-Yves Geneste. Le gros problème aujourd’hui est la dette laissée par Sarkozy. Sur cette question le gouvernement n’est pas très volontariste. C’est donc pourquoi, nous élus locaux, nous devons répondre à la question sociale. Nous prônons donc un large rassemblement autour de cette question. Si ce rassemblement est possible avec des formations politiques existantes, nous serons avec eux. A l’inverse, si ce n’est pas possible, Viry Energie prendra ses responsabilités et nous irons jusqu’à un dépôt de liste », conclut l’ancien candidat aux élections de 1995. Jean-Yves Geneste affirme à ce sujet être en discussion avec de nombreux acteurs locaux de la ville, toutefois, « rien n’est encore acté ».

En cas de liste Viry Energie, trois équipes de gauche pourraient se présenter au premier tour face aux votes des Castelvirois, alors que la droite arriverait avec une liste de moins. La maire Simone Mathieu ne semble pourtant pas effrayée quelle que soit la décision du groupe de Jean-Yves Geneste. «  Viry Energie reprend totalement les termes de mon communiqué de presse de septembre, précise l’édile. Quoi qu’il arrive, cela ne nous inquiétera pas du tout, c’est leur choix », poursuit la maire de Viry-Châtillon en indiquant que « nous avons encore du temps devant nous pour en discuter ».

À droite comme à gauche, de nombreuses discussions sont encore à prévoir. Par contre, si l’union ne s’opère pas avant le premier tour du 23 mars prochain, il y a fort à parier que cette date pourrait servir de primaires tardives qui « sélectionneraient naturellement un candidat pour le second tour », explique Françoise Briand. Le scrutin promet d’être très ouvert pour cette campagne qui sera sans nul doute une bataille d’étiquettes politiques.