La compagnie L’épate en l’air, troupe de nouveau cirque, inaugure ce jeudi la résidence où elle est accueillie, en plein coeur de l’établissement psychiatrique Barthélémy Durand.

L’épate en l’air remet les pieds sur terre. Spécialisée dans les spectacles de cirque aérien, la compagnie créée il y a seize ans et présente sur Étampes depuis 1999 a décidé de développer un projet dans une yourte autour du personnage du clown. Et pour peaufiner ce spectacle, elle s’est trouvée une place… à l’hôpital psychiatrique.

« Nous avons eu plusieurs échanges avec l’E.P.S Barthélémy Durand depuis quelques années, pour des répétitions, des représentations, explique Véronique Stekelorom, membre fondatrice de L’Épate en l’air. Le personnel a trouvé que notre présence avait du sens et nous a donc proposé cette résidence d’un an pour construire ce projet artistique. » Depuis juin dernier et jusqu’en mai 2014, la troupe possède donc un espace de travail qui n’est pas identifié à l’hôpital et qui facilite les relations avec les patients. « Nous sommes présents une semaine tous les mois, pour les faire participer, les confronter au spectacle. »

Le spectacle en question, Les Tartares ont petite maison, traite du voyage de deux clown mongols. « C’est une prise de risque, reconnaît Véronique Stekelorom, de L’Épate en l’air. Ça pose des questions en lien avec la situation des patients : le clown est-il fou ? Comment peut-on définir la folie ? Nous voulons montrer que même si on est en décalage avec la société, on est pas si différent, et on peut créer des choses. » L’histoire a pour cadre une yourte, une installation facile à déplacer et qui symbole bien le voyage et la culture mongole.

La résidence de L’Épate en l’air sera inaugurée ce jeudi 26 septembre à 14 heures à l’E.P.S Barthélémy Durand à Étampes, pour officialiser le partenariat entre la compagnie et le centre de santé mentale et faire connaître le projet artistique aux acteurs du département. « C’est une création itinérante qui commence à l’hôpital mais qui a vocation à se déplacer dans l’Essonne, pourquoi pas dans les écoles, les lycées, les villages… »

La démarche entre dans le programme « Culture à l’hôpital » financé par l’Agence Régionale de Santé et la Direction Régionale des Affaires Culturelles, pour l’accueil des artistes et la collaboration avec les patients.