À Ris-Orangis, les parents d’élèves condamnent un manque d’encadrement de leurs enfants autour des heures de cours. La mairie s’adapte au fur et à mesure en attendant plus de stabilité.

Entre anticipation et adaptation, le débat est lancé. Une des dix villes à avoir choisi les quatre jours et demi d’école par semaine, Ris-Orangis doit faire face à la colère des parents d’élèves du groupe scolaire Ordener. « Le problème ce n’est pas l’intention mais l’organisation. En juin, on n’avait pas encore officialisé toutes les activités et les intervenants. Résultat, ils ne sont pas assez nombreux. Exemple lundi après-midi : en élémentaire Ordener, sur le temps récréatif de 16h à 16h30 il y avait 120 enfants pour 2 animateurs (il en faut normalement 1 pour 30). La directrice a fermé le portail, pour ne pas laisser sortir les CP et CE1 en signe de protestation, le meilleur moyen pour ne pas qu’ils se retrouvent seuls dans la rue ou dans une cour insuffisamment surveillée. »

Avec les changements d’horaires, les enfants peuvent finir à 16h ou 16h30 en fonction des jours. La mairie doit les prendre en charge mais manque de personnel. Parfois, ce sont même les secrétaires de mairie qui les surveillent. « Ce manque d’encadrement remet en cause la sécurité des enfants, précise une déléguée des parents d’élèves : on a retrouvé un élève de CP sur la voie publique, sans aucun adulte avec eux. Nous avons déposé une main courante pour dénoncer ce phénomène, et avons choisi de porter des gilets jaunes devant l’école jusqu’à ce que ce problème soit résolu. »

Du côté de la municipalité, le maire Stéphane Raffalli reconnaît des difficultés de gestion liées à une période de rentrée souvent instable.  » Nous avons voulu mettre en place un dispositif d’encadrement optimal dès le premier jour, en faisant appel au personnel communal, de l’agglomération, des associations, des personnes issues du privé et quelques enseignants. Nous nous sommes rapidement rendus compte que le nombre d’intervenants était très supérieur aux besoins de la rentrée, et avons revu les effectifs à la baisse. Puis, les premiers jours ont montré les premiers décalages : des personnes contractées ne sont pas venues, laissant de nombreux enfants à la charge d’un personnel limité. »

Trouver des intervenants pour 2014

Face au manque, l’édile a décidé de doubler le nombre de postes : « il nous faut un peu plus de 102 encadrants, répartis sur deux fois deux jours par semaine. J’ai demandé à la direction des ressources humaines de commencer le recrutement dès aujourd’hui. […] L’année scolaire n’a commencé qu’il y a une dizaine de jours, il faut le temps qu’on se rode, que les équipes s’habituent à travailler ensemble pour combler les éventuelles absences. Le plus urgent, c’est de veiller à la sécurité des enfants, j’ai rencontré le père de l’enfant qui s’est retrouvé sur la voie publique pour le rassurer sur ce point. Ensuite nous traiterons du temps péri-scolaire, et des moyens de créer un meilleur lien entre les cours et les loisirs avec l’aide de l’inspection académique. »

L’embauche d’animateurs reste problématique : il faut trouver des personnes qui puissent trouver des activités adaptées, en fonction des âges, du nombre d’élèves, et du calendrier scolaire – les sports nautiques par exemple trouvent leur sens en septembre mais pas en hiver. Les parents d’élèves, qui étaient en majorité pour une dérogation de la réforme jusqu’en 2014 ironisent sur la situation : « finalement, le seul avantage que nous voyons au fait d’avoir changé de rythme en 2013, c’est qu’on a pu engager des intervenants avant les autres villes, qui vont avoir du mal à trouver assez de personnes l’année prochaine. » Si les aléas de la rentrée ne sont pas liés qu’au nouvel emploi du temps, ils soulèvent en tout cas la question du nombre de professionnels d’animation présents sur le territoire. Faudra-t-il former plus de gens pour répondre aux besoins quantitatifs et qualitatifs des 196 communes essonniennes ?