Ce jeudi soir se déroulait une soirée de rentrée au sein du foyer de Télecom Sud Paris, école d’ingénieur et de management située à Evry. La thématique choisie a choqué certains élèves, considérée comme « sexiste » par des première année, alors que les organisateurs se défendent d’avoir voulu choquer.

« Ce n’est qu’un petit jeu de mots » , « nous n’avons pas voulu blesser qui que ce soit » , « c’était pour la rigolade »… Tony, David, Médine et Jacques font partie des organisateurs de la soirée de rentrée sur le campus de Télécom Sud Paris (ex-INT) d’Evry. Vétus de t-shirt au nom de l’AbsINT, le bar du foyer des élèves, ils installent le matériel et peaufinent les préparatifs de la grande soirée de rentrée au titre évocateur : « Harry Plotter et la braguette magique » .

Mais alors que le campus vit sa semaine de rentrée, avec l’accueil des premières années des deux écoles de commerce et d’ingénieur, certains élèves de première année n’ont pas été séduits par le concept. A l’image de Anaïs et Sarah* , fraîchement arrivées à Evry après deux années de classe préparatoire : « On croyait que ce genre de choses n’existaient plus en école, c’est navrant de faire une fête à connotation sexuelle, ça enlève le caractère festif » . Car les jeunes femmes ont trouvé que l’affiche était tout bonnement « sexiste » en décrivant le dress code : « Les poufs souffle vs Griffondur » .

Visiblement embêtés de la polémique naissante, les quatre étudiants regrettent que leur affiche ait pu choquer. « On organise la soirée dans un esprit bon enfant, l’affiche avait vocation à faire une animation, avec un petit jeu de mots » se défendent-ils, assurant n’avoir voulu « choquer personne, d’autant que notre école prône les valeurs de l’équité » . Un avis partagé par beaucoup d’élèves rencontrés sur le campus, pas étonnés de ce genre d’humour. « C’est potache mais ça ne fait de mal à personne » sourit un jeune homme, tandis qu’un bénévole de la radio EvryOne, qui a ses studios sur place, explique qu’ici, « on a l’habitude, ça ne choque pas grand monde » . « Oui mais il faudrait peut-être passer à autre chose » grince une nouvelle arrivée, « les choses évoluent, faut arrêter de nous voir comme de la viande » .

A la direction des deux écoles, on minimise les faits. « Il y a un comité de la vie étudiante qui valide, et pour nous, ce n’est qu’un jeu de mots » indique-t-on, précisant qu’il existe une charte des « bonnes pratiques » que le BDE du campus a signé. N’empêche, ce genre d’humour n’est pas du goût de tout le monde. Selon l’antenne essonnienne de l’association Osez le Féminisme, « malheureusement, ce genre de fête se déroule assez souvent, partout en France » décrit Marie-Anne Bachelerie, porte-parole dans le département. « De voir que ça a lieu ici, c’est juste triste, c’est dommage de mettre le sexe en avant comme ça pour une soirée de rentrée, ça fait obsédé et ça enlève le caractère festif » juge-t-elle.

Selon la militante, l’INT n’est pas la seule école en Essonne concernée. Et de citer le cas de Polytechnique à Palaiseau, « touché par des pratiques de bizutage » . Une campagne est en train d’être conçue par l’association, en lien avec les syndicats étudiants, pour s’adresser dans les prochains mois directement aux élèves des grandes écoles.

* Les prénoms ont été changés à leur demande