Rétrospective. Cette semaine, la rédaction d’Essonne Info vous propose de revenir sur les sujets marquants de ce premier semestre et qui seront de nouveau au cœur de l’actualité dès la rentrée. Aujourd’hui, retour sur la question de l’expulsion des campements roms en Essonne.

Depuis le début de l’année, les expulsions de camps roms en Essonne se multiplient, seulement la question des possibilités de relogements fait souvent défaut. Par le biais de notre sélection, revivez les interrogations soulevées par la destruction de ces bidonvilles.

L’un des premiers camps à avoir vu arriver les pelleteuses et les bulldozers rasés les habitations est le bidonville de Vigneux-sur-Seine. Suite à une pétition lancée par le maire Serge Poinsot, ce sont près de 700 individus qui sont poussés vers la sortie. C’est donc la fin d’un des plus grands campements roms d’Île-de-France. C’est à ce moment-là que la question du relogement allait faire défaut. Les propositions de la Croix-Rouge et du Conseil Général vont vite être jugées insatisfaisantes par les associations de solidarité aux familles roumaines.

La situation est quasiment la même pour le bidonville situé dans le quartier de Moulin Galant. Après quatre ans d’existence, le bidonville installé entre les communes de Corbeil-Essonnes, Ormoy et Villabé a été évacué le 28 mars au petit matin. Avec ses 300 occupants, ce sont au total près de 930 personnes qui ont été déplacées au sortir de la trêve hivernale, « un véritable drame humain » à en croire Laurent Lurton, délégué départemental du Secours Catholique de l’Essonne.

Les bidonvilles tombent les uns après les autres en ce début d’année, tels des dominos. Le 3 avril au matin, c’est au tour du campement situé en bordure de la N7 à Ris-Orangis d’être rasé deux jours après un arrêté d’expulsion. Le maire (PS) Stéphane Raffalli pointait dans cet arrêté les risques liés à la circulation automobile dense aux alentours, les possibilités d’incendie, et l’insalubrité des lieux. Au final, plus de 300 Roms vont être évacués de ce lieu

Une absence d’hébergements

1 200 personnes sont donc expulsées lors de ces trois manœuvres. Aidées par les associations, les familles roms vont demander au Préfet, Michel Fuzeau, une solution de relogement. Or, ce dernier indiquait dans un communiqué le fait que « ces familles avaient refusé les hébergements qui leur étaient proposés lors de l’évacuation du campement ». Dès lors, les familles ont choisi de porter cette affaire devant les tribunaux. Une centaine de familles des camps de Ris, Vigneux et de Corbeil-Essonnes vont se défendre pour avoir des logements qui rentrent dans les critères prévus, c’est-à-dire dans un proche périmètre de leur ancien lieu de vie.

Parmi les 100 familles qui portent plainte contre le Préfet, certaines appartiennent au camp de Wissous. Ce bidonville proche de l’aéroport d’Orly devait faire l’objet d’une expulsion courant juin, cependant, le tribunal a repoussé le jugement au 13 septembre prochain. Ainsi, les Roms sont toujours sur place. Seulement, depuis début juillet, le maire de la commune, Régis Roy-Chevalier (PS) a entrepris la fermeture des bornes d’eau les plus proches, obligeant ces populations à faire 6 km aller-retour pour obtenir l’eau. Une façon pour lui d’accélérer le départ des familles roms ?

Immédiatement saisie pour cette affaire, l’avocate Julie Bonnier fera valoir leurs droits, « trop souvent bafoués », jusqu’en septembre. Parallèlement à cela, cette situation va prendre une envergure politique. En effet, la députée de la 7ème Circonscription Eva Sas (EELV) ira jusqu’à interroger le ministre de l’Intérieur Manuel Valls sur les conditions réelles de la mise en œuvre de la circulaire du gouvernement sur les Roms. Début septembre donc, une nouvelle audience aura lieu au tribunal. Les familles roms devront certainement quitter le site, mais les débats risquent d’être très tendus à cause de la situation vécue à Wissous.