La mobilisation de la CGT devant le siège de l’entreprise de sécurité a été le théâtre de rancœurs intersyndicales.

BodyGuard

Ambiance tendue à Évry devant les locaux de Bodyguard : la manifestation de la CGT est à peine commencée que des membres de la société s’emportent face aux représentants syndicaux. « Mais ils sont où les salariés ? s’insurge Karim Aberhouche, délégué CFTC. Sur la quarantaine de personnes qui sont là, il doit y avoir six personnes de Bodyguard. On parle d’intersyndicale mais je ne vois que la CGT, alors que nos employés sont en majorité CFTC. » Ce à quoi un interlocuteur rétorque : « La vérité c’est que vous ne faites pas votre travail, que vous défendez votre patron. » Les esprits s’échauffent, on en vient presque à l’affrontement physique.

La CGT est venue protester contre le non paiement d’une prime de participation, et pour demander la revalorisation de la mutuelle, et plus largement les conditions de travail au sein de l’entreprise. Renaud Poncet, salarié, élu au comité d’entreprise de Bodyguard et syndiqué CFTC, est venu malgré tout rejoindre la manifestation : « j’ai dénoncé un système de corruption au sein du syndicat, notamment par M. Karim Aberhouche qui sous-traitait l’activité de l’entreprise en accord avec le patron. […] On ne sait même pas combien il y a d’employés au sein de l’entreprise : on estime qu’ils sont 400 et que le reste est employé -et sous-payé – en sous-traitance. Il y a une organisation de la précarité du travail. »

Le directeur Eddir Loungar contredit ces propos : « Il y a 1024 personnes en CDI au sein de l’entreprise, et M.Poncet le sait. Par ailleurs, je n’ai jamais travaillé avec M. Aberhouche dans un quelconque système de sous-traitance, il est d’ailleurs en phase d’être licencié. Ce sont des paroles diffamatoires contre lesquelles nous allons lancer une procédure judiciaire. « 

Un autre point de discorde concerne le cas du délégué CGT Emmanuel Dimene Kingue, accusé d’avoir agressé physiquement une membre du comité d’entreprise. « C’est lui qui a déclenché cette grève, répond le PDG. La plainte a d’ailleurs été confirmée lors de sa convocation le 17 juillet. » 

Au final, une très faible mobilisation, qui pour Renaud Poncet est due au fait que « les employés ont peur. Ce sont souvent des personnes avec des cartes de séjour, qui craignent pour leur poste s’ils participent aux revendications. Pour l’instant, seuls les salariés protégés osent vraiment s’exprimer mais j’ai l’espoir que ça change. »