Dès cette semaine, Essonne Info vous propose de découvrir ces gens d’ici qui ont décidé de partir à l’aventure autour de la planète. 

Florian et Ariane. (DR)

Florian et Ariane. (DR)

Pour ce premier portrait, Florian et Ariane, qui a grandi à Chilly-Mazarin puis Savigny-sur-Orge, nous font découvrir leur périple entamé il y a bientôt cinq mois. Un couple qui a décidé de partir pendant un an, de l’Inde au Brésil, et mettre de côté son confort occidental pour faire face au choc des cultures.

Essonne Info : Qu’est-ce qui vous a poussé à partir et quel était l’objectif du périple ?

Ariane : C’était comme un rite initiatique. Arrivée à la fin de mes études de psychologie, je désirais prendre une année sabbatique pour effectuer une année de mission humanitaire à l’étranger. Mon compagnon, Florian, ingénieur en télécommunication, avait également toujours rêvé de partir travailler à l’autre bout du monde. Nos deux projets se ressemblaient mais étaient quand même incompatibles car nous n’étions pas du même domaine professionnel. Nous nous sommes dit « Pourquoi ne pas partir ensemble faire quelque chose d’exceptionnel ? ». De là est donc né notre idée de tour du monde, un projet de couple commun où chacun pouvait y trouver sa place.

L’objectif du périple était donc de faire un tour du monde en couple, sur 11 mois, en passant par l’Asie, l’Océanie et l’Amérique du sud. L’itinéraire qu’on a établi sera probablement soumis à des modifications au cours de notre voyage mais nous comptons visiter l’Inde, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge, le Vietnam, l’Australie, le Chili, le Pérou, la Bolivie, l’Argentine et le Brésil.

Comment on organise un tel voyage ? Le choix des destinations, les moyens de transport, le financement, le quotidien… ?

Un tour du monde ne s’organise pas sans mal. Il faut penser à tout un tas de facteurs sans omettre non plus l’idée du retour qui s’effectuera un an plus tard. Il nous a donc fallu 8 mois pour tout préparer : prévoir les vaccins chez le médecin traitant (hépatite A, hépatite B, typhoïde…) mais également une visite dans un centre médical des voyageurs pour les vaccins plus spécifiques comme la fièvre jaune.

Il est également important d’établir un budget assez précis. Grâce à Internet, nous avons fixé notre budget annuel qui s’élève à environ 13 000€ tout compris (transports aériens, transports locaux, hébergement, nourriture, activités touristiques). Nous effectuons ce voyage grâce à nos fonds propres après avoir travaillé et économisé plusieurs mois. À défaut de choisir d’investir dans un bien immobilier, nous avons fait le choix d’investir nos économies dans ce projet.

Concernant les moyens de transport, on utilise principalement l’avion. Après avoir demandé de nombreux avis à des agences spécialisées, nous avons donc pu nous offrir un itinéraire depuis Paris pour environ 2500€ chacun. Mais il faut aussi prendre en compte les trajets que nous effectuons par nos propres moyens, en train ou en bus.

Quant aux destinations, nous avons mis en priorité des pays en voie de développement pour le faible coût de vie sur place. Ça nous permet de voyager plus longtemps et de tenir notre budget. Par exemple un mois dans un pays d’Asie du sud-est tel que le Laos ou le Cambodge ne coûte qu’environ 600€ tout compris. Et puis l’Asie du sud-est me tenait fortement à cœur car j’en suis en partie originaire. Mon père vient du Viet-Nam, c’était une destination inévitable !
Le choix de l’Australie, où la vie est pourtant très chère, est en partie basé sur le fait que nous aurons besoin de bosser pour renflouer nos caisses. Nous avons obtenu un visa pour rester 3 mois là-bas et travailler dans les champs où dans l’hôtellerie restauration.

Pour finir, Florian voulait retourner en Amérique du sud où il avait passé 3 semaines de vacances. Il souhaitait vraiment découvrir ce continent de manière plus approfondie.

En ce qui concerne la logistique, il faut penser au matériel (achat de sac à dos, de vêtements adaptés au voyage, de la pharmacie), mais également penser à quitter nos logements : Florian vivait en colocation et a obtenu une année sans solde avec son travail et j’ai démissionné de son emploi… Tout un tas de tracas qui, une fois réglés, devront être vite repensés une fois notre retour amorcé.

Qu’est-ce qui vous change le plus par rapport à l’Essonne ?

Dans les pays dans lesquels nous voyageons, le choc culturel est souvent immense. L’accueil, la gentillesse, la naïveté, la bienveillance, sont toutes autant de notions qui nous paraissaient jusqu’à l’heure très abstraites. Mais partager un morceau de pain dans un train avec une famille indienne, manger un bout de poisson à une table de laotiens ou se voir offrir de l’alcool de riz dans un village perdu d’Asie, sont des attentions qui nous paraissaient improbables à vivre si nous étions rester à lire tristement notre journal dans le RER. Ici, les gens nous apprennent tous les jours l’ouverture d’esprit, la gratuité d’un sourire échangé et la simplicité d’un moment partagé. Cependant, la vie n’est pas parfaite, la pauvreté et la misère sont à chaque coin de rue. Dès lors, nous apprenons la joie du bonheur simple : manger à sa faim, prendre une douche chaude, etc. Bonheurs qui nous semblaient bien trop simples, voire futiles, lorsque nous étions en France, pays où tout est facile d’accès.

Vous pensez au retour parfois ?

Nous entamons en juillet notre cinquième mois de voyage et nous commençons à voir notre futur de manière plus claire. Nous réalisons à quel point la France est un beau pays dans lequel malheureusement beaucoup de gens perdent confiance. Être au contact avec la pauvreté les cultures diverses (bouddhistes, hindouistes, etc …) nous poussent à porter un œil différent sur la façon que nous avons eu de vivre en Essonne et ailleurs ainsi que la façon dont les Français vivent actuellement.

Comment ça se passe jusque là ?

Voyager n’est pas tous les jours simples. Il y a des hauts et des bas. Dans l’ensemble, à deux et en couple, nous devenons de plus en plus forts et nous renforçons à chaque péripétie, car, oui, des péripéties il y en a eu ! En Inde, première destination, nous avons dû attendre notre train qui avait plus de 18h de retard et avons dû passé la nuit sur les quais de la gare entre les rats et les pigeons. Au Cambodge, sur la plage, un pickpocket nous a volé notre sac (plus de smartphone, plus de carte bleue, plus d’argent). Encore au Cambodge, je me suis blessée le pied à cause d’une poutre mal placée sur un trottoir, et Florian s’est fait piqué par un scorpion. Tout un tas de petits malheurs qui ont également contribué au mal du pays, au manque de la sécurité que nous avions tant en France.
Mais comme voyager a également son lot de surprises, après chaque malheur, il y a toujours un instant réconfortant : des nouvelles de la famille, des paysages époustouflants, et toujours des nouvelles rencontres enrichissantes.

Vous pouvez suivre le parcours d’Ariane et Florian sur leur blog avec notamment des clips vidéos de leur(s) voyage(s).