La démolition d’un bâtiment construit illégalement à Longpont-sur-Orge a eu lieu mardi 2 Juillet, après une décision de justice remontant à 2005. La préfecture espère faire un exemple parmi les personnes qui ont recours à ces procédés en dehors du droit, et construisent sur des terrains sans autorisation, notamment dans la communauté des Gens du voyage disposant de peu d’aires d’accueil.

Malgré la décision de justice et les procédures de contraintes instaurées – amendes répétées, liquidation des lieux – le propriétaire n’avait toujours pas procédé à la démolition du bâtiment en dur d’environ 60m², prévu pour servir de garage. Un jugement définitif avait été rendu le 1er Mai 2005 par le tribunal de grande instance d’Évry, condamnant le propriétaire à raser la bâtisse dans un délai de 6 mois. Après un appel jugé irrecevable et rejeté en 2007, l’exécution judiciaire s’était fait attendre.  La démolition d’office a donc finalement eu lieu ce mardi 2 Juillet au matin, sous la pression du Préfet de l’Essonne, Michel Fuzeau.

Cette forte implication de l’État répond selon ses services en Essonne à la « préoccupation croissante exprimée par de très nombreux maires » , principaux décisionnaires des questions d’urbanisme, et pousse la préfecture à avoir décidé une vingtaine d’astreintes, suite à des décisions judiciaires. De son côté, la mairie de Longpont-sur-Orge rappelle l’urgence de sa situation, qui la conduit à lancer des poursuites contre les propriétaires des constructions illégales, « la commune se portant systématiquement partie civile » . Elle est actuellement engagée dans pas moins de quatre-vingt dossiers. Mais ce volontarisme semble également répondre à des nécessités électorales, avec une pétition circulant en ville contre ses constructions atteignant 300 signatures. La maire Delphine Antonetti (FdG) n’hésite ainsi pas à rappeler « l’attentisme et le laissez-faire » des mandats précédents.

Pressée d’agir, la mairie s’efforce d’appliquer le droit. Pourtant certains élus et des associations dénoncent le manque de soutien aux Gens du voyage et le manque d’aires d’accueil. « Il n’y a pas de terrains à bas coûts pour des habitants permanents, attachés à une commune et pour qui voir leurs habitations détruites c’est toujours un drame » résume un membre de l’Association des Gens du voyage de l’Essonne (ADGVE), présent sur place. L’association souligne plus globalement qu’il faut trouver pour le département un équilibre qui doit mener à une « situation juste » entre le besoin des familles et l’adaptation des communes. Cette démolition intervient après la révision du Schéma départemental d’accueil des Gens du voyage (disponible en ligne), qui doit mettre d’accord les collectivités et l’Etat sur un plan d’action pour toute l’Essonne.