Dans les coulisses de la Grande Boucle 4/5. Dans la famille Gallopin, je demande Joël. Pour beaucoup, il est le père de Tony Gallopin, espoir du cyclisme français qui s’apprête à disputer le Tour de France. Mais Joël Gallopin n’est pas que ça. Avec ses frères Alain et Guy, eux-mêmes anciens coureurs, la famille représente une partie du patrimoine cycliste français. Aujourd’hui patron d’une entreprise de couverture dans le sud de l’Essonne, Joël Gallopin raconte ses quatre Tour de France et se projette sur l’épreuve à venir, où il espère bien voir son fils créer la surprise.

Souvenirs, souvenirs…

« J’ai commencé le cyclisme en 1967, à Etampes. J’avais 14 ans. J’ai couru quatre fois le Tour de France, entre 1978 et 1981. De mes quatre années sur le Tour, je retiens qu’il ne faut pas faire d’écarts. Quand on fait un peu le con un soir, on le paye cash dès le lendemain. Mais surtout, courir le Tour, ça change le regard des autres. Après 1981, on ne m’a plus regardé de la même façon, mais c’était plaisant.

Depuis 1978, il y a toujours eu un Gallopin sur le Tour. Il y a d’abord eu moi et mes frères Alain et Guy -aujourd’hui respectivement directeurs sportifs des équipes Radioshack-Leopard et Bigmat-Auber 93– et aujourd’hui mon fils Tony. Depuis le début de sa carrière, toute la fratrie s’est rapprochée. On vit quelque chose de spécial à travers lui. Pas étonnant : il fait beaucoup mieux que nous tous réunis ! »

Les chances de Tony Gallopin

« Bon, Tony ne peut pas viser une place au classement général. Il a le potentiel pour une 30e place mais ce qu’il doit tenter c’est la victoire d’étape. Il a les moyens pour briller sur une journée, d’autant plus que son leader, Andy Schleck, a moins de pression. Ca lui laisse une plus grande marge de manœuvre. Pour lui, mieux vaut être 70e au général et repartir du Tour avec une victoire en poche. Il a abordé le Dauphiné avec un peu de retard dans sa préparation mais il sera beaucoup mieux sur le Tour. Je l’ai tous les jours au téléphone, il me demande conseil et tient compte de mes avis. Tony nous laisse rêver, moi et mes frères. Ce qu’il fait est inespéré, pour nous et pour lui. »

A noter que Tony Gallopin, amateur des classiques, s’est distingué par une 3e place aux championnats de France le week-end dernier, derrière Arthur Vichot et Sylvain Chavanel.

Son pronostic

« Côté français, Thibault Pinot (FDJ, 10e sur le Tour 2012) peut terminer dans les dix premiers. Mais on a surtout de bons coureurs pour remporter une étape. Sylvain Chavanel (vice-champion de France) est costaud cette année, comme Thomas Voeckler et Pierre Rolland, qui devraient répondre une nouvelle fois présent. Et encore une fois, on espère Tony pour une éventuelle victoire d’étape.

Pour la victoire finale, je ne vois pas qui peut inquiéter Christopher Froome (Sky, 2e sur le Tour 2012) à part lui-même. Contador n’a pas l’équipe pour gagner et Andy Schleck n’est pas dans sa meilleure forme. »