Au sein d’une Fédération Français de Tennis moribonde, un petit club essonnien résiste encore et toujours au marasme ambiant. Le Tennis Club de Saint-Germain-lès-Corbeil fourbit ses armes à l’ombre de ses grands voisins. La technique porte ses fruits : le TCSG est aujourd’hui le meilleur club du département. Essonne Info vous livre les clés de cette étonnante réussite.

Tennis

460 licenciés, une équipe en Nationale 2, le meilleur 12 ans français et une équipe féminine junior au potentiel national : le Tennis Club de Saint-Germain-lès-Corbeil (TCSG) se porte bien. Mieux : « En termes de performances, nous sommes le meilleur club de l’Essonne depuis trois ans », se réjouit Laurent Servien, le président du TCSG. Et le pari n’était pas gagné d’avance. Dans une ville qui compte moins de 8 000 habitants et face à des clubs d’une autre envergure, tels que Savigny-sur-Orge, Brétigny-sur-Orge ou Corbeil-Essonnes, le succès du TCSG relève presque de l’insolence.

Laurent Servien livre le secret de cette étonnante réussite : « Nous misons tout ou presque sur les jeunes. Le but, c’est de les former pour qu’ils soient capables ensuite de jouer en compétition. Une politique de la formation est indispensable pour exister et c’est pour cela qu’aujourd’hui, nous avons une vraie école de tennis, reconnue en Essonne mais aussi dans la région. » Cet atout jeune, le TSCG le développe de plus en plus. Si le club paye deux étrangers très bien classés en cas de difficulté majeure dans les championnats par équipe, la nouvelle direction refuse de les utiliser à outrance mais seulement en cas de force majeure. Ici encore, la volonté est de faire jouer au maximum les joueurs du club.

Le meilleur 12 ans français

A tout miser sur ses jeunes pousses, l’attente niveau résultats n’en devient que plus forte. Et sur ce plan-là aussi, le TCSG ne déçoit pas. Sur les neuf équipes jeunes et trois équipes adultes que compte le club, plusieurs ont brillé cette année. Eric Bory, le directeur technique du club  – qui fait également partie des cinq entraîneurs- fait un rapide bilan de la saison écoulée, en forme de satisfecit : « Notre équipe première joue en Nationale 2 et on a réussi à se maintenir, c’était l’objectif. Notre deuxième équipe suit immédiatement, en Pré-Nationale. Et notre troisième équipe vient de monter en D1, juste derrière les deux autres. Notre force, c’est notre homogénéité, on possède un grand nombre de très bons joueurs. » Et l’on trouve ces locomotives du club à tous les étages du TCSG. Chez les adultes, Lucas Viel, 25 ans, est classé – 15. Thomas Servien concentre lui aussi tous les espoirs du club. A 19 ans à peine, il est classé – 2 et possède encore une grande marge de progression. Les deux joueurs majeurs du club sont d’ailleurs parvenus en demi-finale du critérium de l’Essonne. Chez les jeunes figure également le meilleur 12 ans français, Titouan Droguet, déjà classé 15.

C’est côté féminin que le bât blesse : « On cherche à développer le tennis féminin, mais c’est difficile. Sur 52 enfants inscrits au mini-tennis, il n’y a que deux filles », déplore Eric Bory. Pourtant, quelques joueuses sortent aujourd’hui du lot. Une équipe de jeunes filles, âgées de 11 à 13 ans a été fondée. Et, selon le président Laurent Servien, « elles ont largement le niveau pour le championnat de France. » Affaire à suivre.

Un équilibre financier encore fragile

Si du côté sportif, le TCSG brille de mille feux, le secteur financier reste fragile. Quand Laurent Servien « espère une cinquantaine de licenciés supplémentaires, notamment chez les adultes », le message est clair. « Pour vivre correctement sans s’inquiéter des finances, il nous faut franchir ce cap », continue-t-il. Le tennis français souffre en réalité d’une désaffection régulière depuis plusieurs années, que décrypte Eric Bory : « Depuis 1983 et la victoire de Yannick Noah à Roland Garros, les inscriptions montaient en flèche. Depuis, plus rien ou presque. Les huit victoires de Nadal, ça ne fait venir personne. » Et même si le TCSG sauve les apparences – le club maintient son nombre d’inscrits quand tout autour de lui s’effondre : la FFT perd des effectifs chaque année et au niveau local, le grand club de Brunoy a mis la clé sous la porte il y a maintenant deux ans– de nouveaux apports financiers seraient les bienvenus. « Aujourd’hui, nous avons cinq sponsors. Dans un contexte où les subventions municipales sont de plus en plus faibles, il est urgent que d’autres se manifestent », insiste Laurent Servien. Message reçu.

Si des sponsors souhaitent se manifester auprès du club, contactez la direction à tcsg@fft.fr.