Lancer son activité sans prendre de risques, se faire un réseau professionnel, se frotter à des entrepreneurs confirmés… La couveuse d’entreprises de Villebon-sur-Yvette tente depuis la rentrée 2012 de remplir de front ces trois objectifs. La méthode utilisée : mêler le principe de la couveuse à celui du coworking. Reportage au coeur de l’Orangerie.

« Sans la couveuse d’entreprises et l’espace de coworking attenant, j’aurais tout laissé tomber depuis longtemps. » Valérie Just doit une fière chandelle à l’Orangerie de Villebon-sur-Yvette, un espace de coworking ouvert à la rentrée 2012 qui accueille également la première couveuse d’entreprises avec hébergement d’Ile-de-France. Le concept est en effet novateur. Là où les créateurs d’activités bénéficiaient jusque-là d’espaces de coworking pour échapper à l’isolement et se créer un réseau, les couvés, ou entrepreneurs à l’essai, ne jouissaient pas de ce lieu de rassemblement et de sociabilisation.

Cette frontière ténue entre ceux qui viennent de se lancer et ceux qui s’y apprêtent a donc été brisée à l’initiative d’Apis Développement et des agglomérations d’Europ’Essonne et du Plateau de Saclay. Le principe est simple : les couvés peuvent venir travailler à L’Orangerie, à raison de quatre demi-journées par semaine. Là, ils peuvent se frotter à leurs aînés qui sont déjà lancés dans le bain entrepreneurial et peuvent ainsi les aiguiller. Un concept logique à en croire Véronique Simon, conseillère en couveuses depuis quatre ans : « La couveuse permet à l’entrepreneur à l’essai de tester son activité en grandeur nature et sans prendre trop de risques. Cela lui permet de se jauger en tant que chef d’entreprise. » En regardant leurs collègues déjà entrepreneurs, les couvés mesurent ainsi le chemin parcouru et celui qui reste à faire.

Un an pour lancer son activité

Après quelques mois, la couveuse a trouvé son rythme de croisière. Huit couvées en sont membres et côtoient à l’occasion les coworkers. Cette adhésion à la couveuse a été salvatrice pour elles. Mylène Roche a franchi le Rubicond en février dernier après 18 ans comme responsable dans un laboratoire d’analyses médicales : « J’ai découvert progressivement le monde du développement personnel et je me suis engagé dans une reconversion professionnelle dans ce secteur. Entrer dans la couveuse m’a apporté beaucoup : je suis en relation avec plein d’autres personnes, une conseillère me suit et m’oriente régulièrement, je bénéficie de multiples formations comme dans la  prospection téléphonique, la comptabilité, le marketing. Je n’étais pas vraiment au fait de tout ça. Maintenant si. »

Mylène Roche vient de renouveler son contrat (un couvé a un délai de un an à 16 mois pour lancer son activité, à raison de contrats renouvelables de 4 mois). Mais la future coach en formation n’entend pas pour autant quitter l’Orangerie. »Après avoir lancé mon activité, je pense rester ici en tant que coworkeuse », assure-t-elle, séduite. Et à son tour, elle pourra conseiller les entrepreneurs en herbe dans leur parcours accidenté.

60 % d’entreprises pérennes

Un chemin en forme de montagnes russes qui a failli décourager Valérie Just. Couvée depuis décembre, celle qui avoue avoir été sauvée de l’abandon par la couveuse, assure que cette dernière « a totalement répondu à mes attentes. Devenir entrepreneur, c’est difficile, il y a énormément de coups de mou. Et le fait de compter sur l’assistance d’une conseillère, de rencontrer des entrepreneurs confirmés, ça aide véritablement. »

Aujourd’hui, Valérie Just s’apprête à faire un joli pied de nez à son passé. Licenciée en 2011 après des années comme directrice d’un service après-vente à l’échelle européenne, elle s’apprête à devenir « consultant formateur en activités professionnelles », une appellation barbare pour désigner du conseil en management et la dispense de formations à des entrepreneurs. En septembre, la couvée devrait prendre définitivement son envol : « Je me sens prête et sécurisée, pas stressée. Je devrais y arriver. » Les statistiques le prouvent, 60 % des couvés parviennent à créer leur entreprise.  Mieux, après quelques années d’exploitation, ces entreprises s’avèrent souvent plus pérennes que celles créées par les entrepreneurs hors-couveuses. Nul doute que les couvés de l’Orangerie sauront encore améliorer ces statistiques.

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