Ce week-end était placé sous le signe de l’unité à gauche, de Vieux-Boucau à Arcueil.  Dans les Landes, Benoît Hamon a réuni à l’université de son courant le vice-président Verts du conseil régional d’Ile-de-France et essonnien Jean-Vincent Placé, le secrétaire national du PCF Pierre Laurent et le porte-parole du NPA, Olivier Besancenot. De son côté, Ségolène Royal a rassemblé dans le Val-de-Marne de Claude Bartolone à Manuel Valls (Député Maire d’Evry) en passant par Jean-Luc Mélenchon (Député Européen) et  Arnaud Montebourg.

Dans la bataille actuelle sur la réforme des retraites, l’union sacrée à gauche semble être de mise pour faire plier le gouvernement de M. Fillon. Le leader du Parti de gauche Jean Luc Mélenchon était présent à cette 3ème fête de la fraternité pour « défendre avec Mme Royal l’idée d’un référendum sur les retraites ».  Pour lui, « il faut vraiment que le pays aille mal pour que des gens qui se sont tirés la bourre se retrouvent ici ensemble ». Il considère dans ce contexte que « tout ce qui les affaibli est bon pour nous », d’où la nécessité aujourd’hui de jouer collectif.
Gilles Caillet, adhérent de Désirs d’avenir en Essonne ne semble pas étonné de la venue de Manuel Valls et Jean Luc Mélenchon à la fête de la Fraternité. Il pense « que cela est bon pour Ségolène, car elle montre sa possibilité de rassembler du centre à la gauche de la gauche ».

Entourée de ses fidèles (Guillaume Garot, Jean-Louis Bianco, Najat Belkacem, Delphine Batho ou Dominique Bertinotti) et devant environ 2500 à 3500 personnes, Ségolène Royal a tenu un discours offensif face à la politique du gouvernement, même si elle précise que « l’anti-sarkozysme aujourd’hui ne suffit pas ». Elle lance « un appel à résister et à contribuer au redressement de la France » car « Le chef de l’Etat actuel nous avait promis de faire avancer la France à la vitesse d’un TGV, et l’on se retrouve sur le Titanic. ». Elle ajoute : « quand le gouvernement s’en prend aux retraites, et taxe injustement le travail après avoir promis le contraire. Et que font-ils, là-haut ? […] ils s’occupent d’eux-mêmes, ils s’enrichissent et enrichissent leurs amis… on est bien obligé de dire que ces insécurités sociales sont insupportables et que ça suffit ».

Ségolène Royal s’est voulue aussi force de proposition, s’appuyant sur son bilan dans la région Poitou-Charentes, elle considère « que ce qui se fait sur un territoire, peut être fait au niveau national. ». Elle veut « rassembler au-delà de la gauche ». « On peut rassembler des alter-mondialistes de l’extrême gauche en passant par les socialistes, en passant par les centristes humanistes, et tous les républicains qui veulent se reconnaître dans un pays qui avance ». Elle propose ainsi trois priorités fortes : « tout d’abord, construire un territoire humain qui respecte et qui protège, qui écoute et qui tient compte des choses de la vie, et qui se veut exemplaire sur le plan social et éducatif ». Sur son bilan régional, elle indique avoir « accéléré [son] avance dans la croissance verte pour mettre [sa] région en tête des régions écologiques de France ». « La France, continue-t-elle, pourrait être en tête des nations écologiques du monde si la même action avait été conduite au niveau national »

Elle conclue son discours avec des accents de présidentiables : « La gauche, en perdant les 3 dernières élections présidentielles, a en quelque sorte contracté une dette envers les Français, car c’est à cause de ses défaites que la France est aujourd’hui entre les mains de l’incompétence et du cynisme…Unis nous sommes, unis nous demeurerons… Car redresser la France, c’est additionner nos forces et unir nos volontés. Redresser la France, c’est dire non à cette société de toutes les peurs pour bâtir une société de l’espoir qui s’occupe d’abord d’améliorer la vie de tous les jours. Redresser la France, c’est faire briller à nouveau notre devise républicaine : Liberté, Egalité, Fraternité. »

Son intervention se terminera sous les applaudissements et les acclamations  de « Ségolène, présidente ! ».  Après son départ sous une nuée de journalistes, la fête se prolongea avec plusieurs artistes venus assurer le spectacle sur une grande scène disposée à cet effet.