Le Grand Paris a toujours fait débat et fait encore débat actuellement. Cependant, c’est une loi, votée en avril-mai dernier. Grand projet gouvernemental dès le début, portée par Christian Blanc, à l’époque secrétaire d’État, il suscite néanmoins beaucoup de réactions, comme de la rencontre organisée hier soir à l’école Supelec de Gif-sur-Yvette, devant quelques 500 personnes.

Pour être plus précis, un volet de la loi sur le Grand paris est entièrement consacré à la zone territoriale du Plateau de Saclay. Le projet d’aménagement prévu par la loi est d’ailleurs bien plus large que le plateau de Saclay en lui-même. C’est d’ailleurs l’Établissement Public de Paris-Saclay (EPPS) qui a la charge du développement de ce pôle majeur pour notre département.

Les pistes pour le Plateau de Saclay et ses conséquences

Plusieurs paramètres rentrent en ligne de compte pour ce territoire directement en lien avec le Grand Paris. Le débat majeur porte sur la question des transports, arc express comme le veut la région ou double boucle comme le voudrait le gouvernement ? Ce sera donc le grand huit, un projet qui alliera les bons côtés des deux projets : « furieusement complémentaires » comme peut le commenter le Maire de Bièvres et conseiller régional UMP dans un entretien à Essonne Info. Hervé Hocquart est d’ailleurs le représentant des maires essonniens à la gouvernance de l’EPPS.

Autre débat majeur, l’avenir du pôle économique et scientifique. Là aussi, le projet est bien avancé, avec une vingtaine d’établissements d’enseignements supérieurs et de recherches. EDF a également prévu de venir installer son centre de recherche et développement sur le plateau (lire notre article). Il ne reste plus qu’à connaître l’avenir de la faculté d’Orsay, à deux pas du Plateau de Saclay. L’Université Paris 11 est en effet très mal desservie par les transports. Un débat intense a donc lieu sur la pertinence de déplacer ou non le site universitaire. Hervé Hocquart est par exemple lui favorable au rapprochement du site d’Orsay vers le plateau de Saclay.

Le dernier paramètre qui pose débat dans les communes concernées par le projet reste la dimension de celui-ci et ses répercussions sur le cadre de vie des habitants et des agriculteurs. Il y a 5 ans, un projet de 150000 logements voulait prendre place sur ce même territoire, mais rencontra à l’époque une opposition frontale de la part des élus locaux.  Les habitants tiennent en effet à leur cadre de vie, ce que nous confirme le Maire de Bièvres : « en juin prochain, un décret protégera au moins 2300 hectares, en concertation avec les agriculteurs et tous les acteurs concernés ». Le Maire en profite pour lancer quelques pistes, une AMAP par exemple, sorte de coopérative de légumes produits localement et fournis toutes les semaines aux adhérents.

D’ici une vingtaine à une trentaine d’années, le visage du nord Essonne sera donc complètement modifié, entre les bouleversements dans les transports et le nouveau pôle de recherche implanté sur le Plateau de Saclay. Nul doute également que de nombreux débats auront encore lieu d’ici là. Hier soir, il s’est d’ailleurs tenu à Supélec à Gif-sur-Yvette un débat sur l’aménagement du plateau de Saclay. De nombreux acteurs appellent de leurs vœux que ces débats très locaux aient autant de succès que les débats sur le Grand Paris.