Depuis quelques semaines, la tension monte dans les rangs de la majorité castelviroise. Suite à un courrier polémique sur la gestion de la régie de quartier et à une altercation entre deux élus lors d’une réunion, le Conseil municipal de ce jeudi soir devrait être celui du retour au calme.

Alors que les différents courants politiques se positionnent en vue des prochaines élections municipales (lire notre article), le ton est monté d’un cran au sein de l’équipe municipale de Viry-Châtillon. Depuis la fin avril, un fort vent de discorde plane entre les élus de la commune. Ces tensions sont apparues suite à la parution de la lettre de l’ancien trésorier de la Régie de Quartier de Viry-Grigny, Bernard Maurin, dénonçant certaines pratiques au sein de cet organe.

Plus précisément, c’est le conseiller municipal Stéphane Vallée, président de la régie, qui fait les frais de cette lettre de par son « comportement dispendieux » concernant notamment « ses frais de repas, ses achats de matériels informatiques et téléphoniques », précise Bernard Maurin. Plusieurs anomalies ont été relevées par l’ancien trésorier dans ce courrier comme la présence d’une indemnité mensuelle de 800€ perçue par le président de la régie pendant un an. Autant de constats qui, se cumulant, ont conduit Bernard Maurin à « présenter [sa] démission du poste de trésorier et d’adhérent de la régie de quartier ».

Le maire Simone Mathieu et Gabriel Amard, président de l'agglomération. (DR - DM/EI)

Le maire Simone Mathieu et Gabriel Amard, président de l’agglomération. (DR – DM/EI)

« Un geste impardonnable »

Après diffusion de cette lettre polémique dans la presse, la situation n’a eu de cesse de s’envenimer au fil des jours, si bien que lors d’un bureau municipal, un élu en est venu aux poings. Suite à un échange très agité, le ton serait monté entre certains élus PG et Stéphane Vallée. Ce dernier s’est alors jeté sur l’ancien maire de Viry, président de l’agglomération des Lacs de l’Essonne et actuel conseiller municipal Gabriel Amard qui a ainsi porté plainte contre Stéphane Vallée. « J’ai été frappé par le plat de la main derrière la tête alors que j’étais resté assis à ma place, témoigne Gabriel Amard dans sa déposition. Il m’a frappé une fois. Le coup était violent ».

Choqués par cette altercation, cinq élus ont apporté leur témoignage. Nous avons très mal vécu ce moment, car c’est un geste impardonnable, explique Jean-Yves Geneste. J’ai totalement apporté mon soutien à Gabriel Amard ». De nombreux élus de la majorité municipale ont demandé en même temps au maire Simone Matthieu (PG) de retirer ses délégations à Stéphane Vallée, le premier-adjoint Paul da Silva allant même jusqu’à mettre en jeu sa démission. Même s’il dément aujourd’hui : « on nous a fait un mauvais coup de publicité, je n’ai en aucun cas parlé de démission si Stéphane Vallée ne partait pas ».

Vers l’apaisement ?

Suite aux nombreuses pressions, Stéphane Vallée a fini par démissionner de ses délégations. Ce jeudi soir lors du Conseil municipal, ce dernier se verra remplacé par Éric Bellia (PG) dans son rôle de délégué au logement.

Après cet épisode peu commun dans la vie politique castelviroise, Gabriel Amard salue la démission de Stéphane Vallée et assure « que tout est rentré dans l’ordre. Je rappelle que seules les pratiques violentes de M. Vallée sont condamnées par le PG ». Idem pour Paul da Silva qui indique « qu’il n’y a aucune scission au sein de la majorité à ce jour ».

Tout de même, si les tensions semblent se dissiper, les différentes altercations ne tomberont pas totalement dans l’oubli. Malgré le fait que l’ancien candidat aux élections de 1995, Jean-Yves Geneste garantit que l’équipe municipale en est « à l’apaisement », il ajoute que « si un tel acte venait à se reproduire le groupe « Viry Energie » prendra une position publique claire pour protéger la population des factions qui se résument en dehors de tout cadre collectif ». Bien que Simone Mathieu ait quelque peu irrité sa majorité en cosignant avec le soutien des élus qui lui sont restés proches son tract intitulé « Viry Solidaire », dans lequel elle trace la perspective de sa prochaine candidature, les élus castelvirois prônent le rassemblement. « Nous ne sommes pas tous obligés de nous aimer, de nous apprécier, ce qui doit primer c’est le combat politique », affirme l’adjointe au maire Mounia Benaili.

Du côté de l’opposition, ce climat de tension est qualifié « d’opportunité  », selon Jean-Marie Vilain (UDI) qui espère bien rallier Françoise Briand, récemment investie pour représenter l’UMP dans la ville, pour « lutter à ses côtés ». C’est un retour au calme qui s’impose pour l’équipe municipale afin de ne pas compromettre la plus grande collectivité de France gérée par le Parti de Gauche en vue des prochaines élections municipales qui s’annoncent serrées.