Alors que les beaux jours se font attendre, Essonne Info vous propose de découvrir l’œuvre monumentale de Jean Tinguely, le Cyclop. Ce monument implanté dans les bois de Milly-la-Forêt réunit de nombreuses œuvres d’art contemporain.

La face scintillante du Cyclop. (Régis Grman / Ass. du Cyclop)

La face scintillante du Cyclop. (Régis Grman / Ass. du Cyclop)

C’est au milieu du Bois des Pauvres en périphérie de Milly-la-Forêt que se dresse l’impressionnant Cyclop. Accueillis par la face recouverte de miroirs du Cyclop, les visiteurs seront saisis par cette sculpture de béton et de métal mesurant plus de 22 mètres de haut imbriquée dans la nature. Outre sa façade sortie de nulle part,  le « Monstre de la forêt », comme certains l’appellent, recèle une multitude d’œuvres dans son crâne.

Débutés en toute illégalité à la fin des années 1960 à l’initiative de l’artiste suisse Jean Tinguely, les travaux pour élever cette sculpture monumentale dureront près d’un quart de siècle. Dix ans auront été nécessaires pour ériger la structure et près de quinze années de plus pour habiller l’intérieur du site. Ce travail pharaonique financé par les artistes qui auront collaboré sur ce projet comme la sculptrice Niki de Saint-Phalle est définitivement achevé en 1994 et inauguré par François Mitterrand en l’absence de son créateur Jean Tinguely décédé trois ans plus tôt.

Cette œuvre réalisée par un collectif d’artistes réunit une vingtaine de grands noms de l’art contemporain. Sa richesse artistique et son ingéniosité technique en fait un lieu incontournable pour les plus curieux d’entre vous. Nous vous proposons de partir à la découverte de quelques œuvres que vous pourrez découvrir lors de la visite de ce monument unique.

Un collectif d’artistes engagés

Outre la démarche purement artistique des créateurs du Cyclop, ce géant de la forêt cache en lui des œuvres traduisant une volonté d’engagement politique et social de la part de ses architectes. On retrouve ainsi dans un coin du premier étage une molécule qui dénote avec l’aspect général de l’œuvre. Cette molécule, la RU-486, est à l’origine de la création de la pilule abortive. C’est Jean Tinguely lui-même qui a invité Étienne-Émile Baulieu, l’un des artisans de cette pilule, pour immortaliser les difficultés que les deux hommes ont pu rencontrer dans leurs démarches respectives. L’un était menacé par les anti-avortement, l’autre par les vandales qui ne comprenaient pas son art.

On retrouve également l’engagement des artistes de l’époque à travers une œuvre de Larry Rivers rendant hommage aux mouvements étudiants de Mai 68. Récemment restaurée, vous serez frappés par cette scène réaliste et colorée qui met face à face le bleu policier et le rouge étudiant. Ces tableaux laissent place au devoir de mémoire initié par Eva Aeppli et son wagon de déportation de la SNCF.

Plus de trente oeuvres sont déssiminées dans le Cyclop. (Régis Grman / Ass. du Cyclop)

Plus de trente oeuvres sont déssiminées dans le Cyclop. (Régis Grman / Ass. du Cyclop)

Un site en interactivité avec le public

Après être entré dans la tête du Cyclop, le labyrinthe de métal et de béton mène vers un véritable mur constitué de barres de fer. Cette œuvre atypique est un pénétrable sonore conçu par l’un des plus grands spécialistes en la matière, le Vénézuélien Jesus-Rafael Soto. Le principe de cet ouvrage est de passer au travers de cette centaine de barres métalliques suspendues au plafond. En se heurtant aux autres barres, les vibrations engendrées rappellent les sonorités d’un carillon grandeur nature dont vous serez l’interprète. « L’œuvre complète du Cyclop est pensée en partie pour être en interactivité avec les visiteurs, résume Agnès Duverger du Cyclop. Ce pénétrable en est l’un des exemples les plus frappants ».

Le visiteur peut encore interagir dans cette structure qui abrite une trentaine d’œuvres. Les artistes vous convient à assister à une pièce de théâtre. Assis sur des sièges stables ou en mouvement, le visiteur se retrouve spectateur d’une idylle impossible entre un marteau et une carafe d’eau en verre. Imaginé entre autres par Jean Tinguely et Philippe Bouveret, ce théâtre s’intègre pleinement aux différentes œuvres présentes au sein de ce mastodonte de 350 tonnes d’acier. Ainsi, chacun repart avec son expérience du Cyclop et avec sa propre définition de ce que peut être une œuvre d’art.

Niki de Saint-Phalle sera au coeur du prochain événement organisé en juin. (Régis Grman / Ass. du Cyclop)

Niki de Saint-Phalle sera au coeur du prochain événement organisé en juin. (Régis Grman / Ass. du Cyclop)

Cette œuvre monumentale accueille également quelques expositions ou événements. Samedi 18 mai dernier, l’artiste Pierre Etienne Morelle a conçu une performance autour du Cyclop en référence à l’hommage à Yves Klein de Jean Tinguely. D’autres manifestations de ce genre sont programmées dans les prochains jours. Une conférence sur Niki de Saint Phalle sera donnée par Sarah Wilson le 6 juin à 19h30.

Pour plus de renseignements, rendez-vous sur www.lecyclop.com.

Article réalisé en collaboration avec Quentin Dary.