Après plus de six ans de travaux, le barrage du Coudray-Montceaux a été inauguré ce mercredi 15 mai 2013. Cet ouvrage est désormais l’une des écluses les plus à la pointe en matière de technologie et de normes environnementales du territoire.

Après six ans de travaux, l’écluse fait officiellement peau neuve. (JL/EI)

Depuis 2008, le barrage du Coudray-Montceaux est en pleine cure de jouvence. L’écluse, érigée dans les années 1960, était jugée « vétuste et dangereuse » selon Émilie Lemaire, chef de projet pour les Voies Navigables de France (VNF). Une rénovation s’imposait donc pour cet ouvrage. « Outre la fiabilité qui était remise en question, le site devenait difficile à manœuvrer », explique Émilie Lemaire. Pour le maire de Morsang-sur-Seine François Fuseau, le problème portait sur la qualité de la « peureuse passerelle de service » qui ne permettait pas à tout le monde de l’emprunter, entravant ainsi les déplacements entre les deux rives.

Après plus de six ans de travaux pour un budget total de 40 millions d’euros, le barrage flambant neuf a été inauguré ce mercredi 15 mai par de nombreuses personnalités, comme le Préfet de l’Essonne Michel Fuzeau, le député Thierry Mandon ou encore Marc Papinutti, directeur général de VNF. Cet ouvrage dernier cri conçu par l’architecte Gilbert Weil est opérationnel même si le deuxième bassin de l’écluse n’est pas encore ouvert.

L’écluse pendant les travaux. (JM/EI)

Un ouvrage à la pointe de la technologie

L’écluse est « un très beau projet » se satisfait Pierre Serne, vice-président de la région Île-de-France en charge des transports. Désormais, une passerelle large se dresse au-dessus de la Seine. Accessible aux personnes à mobilités réduites grâce à un ascenseur, tout le monde peut franchir le fleuve sans aucune difficulté. Également, ce nouveau pont permet à « Morsang-sur-Seine d’être enfin desservi par le RER D », ironise François Fuseau, en faisant référence à la gare du Coudray qui jouxte le barrage.

Grâce à l’automatisation de cette écluse habillée de miroirs sur toute sa longueur, ce site est l’un des barrages les plus modernes du réseau navigable de France. Cet ouvrage n’est pas qu’un bijou technologique, «  c’est un parfait compromis alliant technologie et environnement » assure François Gros, maire du Coudray-Montceaux. Outre les murs végétaux qui bordent les escaliers, une passe à poissons a été construite. « Il s’agit d’un canal qui permet aux poissons de passer le barrage sans être gênés par le courant, assure Émilie Lemaire. Cela permet le rétablissement de la continuité piscicole ».

L’écluse rénovée. (JL/EI)

Développer le secteur fluvial

Chaque année, pas moins de 15 000 bateaux empruntent ce passage, dont 13 500 péniches de commerces. Des céréales, des matériaux de construction ou encore des conteneurs représentent cinq millions de tonnes de marchandises qui transitent par an, entre Melun et Paris. Grâce au nouvel ouvrage moderne, l’idée est de développer le transport fluvial. « L’Essonne est en retard sur le développement du secteur fluvial par rapport aux autres départements, constate le Préfet Michel Fuzeau. Accroître le fret fluvial serait une économie de transport routier. Il y a un vrai potentiel à utiliser ».

Ce potentiel pourrait être mis à contribution assez rapidement. Étant donné que Corbeil-Essonnes est devenu très récemment le plus grand port céréalier d’Île-de-France, le transit de marchandises devrait se répercuter sur la fréquentation du barrage du Coudray. Avant que les travaux ne débutent du côté corbeillois, « bien des poissons, des piétons et des péniches franchiront ce lieu » conclut ironiquement Michel Fuzeau.

Les officiels inaugurent l’écluse. (JL/EI)