Un sixième de la population de Savigny-sur-Orge vit en marge de la ville. Alors que le quartier continue sa lente dégradation, les municipales pourraient être synonyme de renouveau. Mais qui compte vraiment s’en occuper ?

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  • Photo : dans le quartier de Grand Vaux, les boutiques ouvertes sont rares. (MP/EI)

C’est un quartier à l’écart, séparé de la ville par l’autoroute A6, où s’élèvent les grands ensembles là où le reste du territoire est recouvert de pavillons.

L’endroit est peu accessible, on y trouve à peine deux lignes de bus (385 et 499), la station RER la plus proche est située à Petit Vaux, dans la ville voisine d’Epinay-sur-Orge, sans quoi il faut retourner de l’autre côté de Savigny. Même le futur tram-train entre Massy et Évry ne desservira pas la ville, mais s’arrêtera… à Épinay. Le centre du quartier est devenu une zone quasiment déserte, la plupart des commerces ont fermé : là où on trouvait il y a quelques années une poissonnerie, un dentiste ou encore une infirmerie, s’étend une allée de locaux abandonnés. « La plupart de ces locaux ont été rachetés par la mairie, mais rien n’a jamais été fait pour rouvrir des commerces, soutient le socialiste Jean-Marc Defrémont.

Pourtant Grand Vaux représente 6 000 des 37 000 habitants de Savigny-sur-Orge, la quatrième commune la plus importante de l’Essonne. C’est donc un sujet qui revient fréquemment dans la politique locale, et devrait encore une fois trouver sa place dans les municipales. « Il faut reconnaître qu’à une époque Grand Vaux a été délaissé, mais aujourd’hui les projets commencent à voir le jour, se défend Laurence Spicher-Berner, maire de la ville. Nous devons travailler sur les commerces du centre du quartier, les problèmes d’insécurité et de drogue. »

Certains riverains sont en tout cas assez critiques envers la représentante CNIP : « Elle ne s’intéresse pas au quartier, elle n’est quasiment jamais venue ici en cinq ans. Lors d’une de ses rares visites, certaines personnes n’ont pas pu l’approcher, ses interlocuteurs ont été choisis au préalable. » Celle-ci répond de son côté que différents projets sont lancés : « j’ai signé un protocole d’accord avec le bailleur social, nous avons démoli un bungalow en friche, nous travaillons à l’accès aux parkings souterrains, à la création d’une halle de sports. »

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  • Photo : le quartier de Grand Vaux à Savigny-sur-Orge. (MP/EI)

De gauche à droite, des promesses ou du concret ?

Ses opposants politiques se montrent plus sceptiques quant à l’action de la municipalité sur le quartier. « Grand Vaux est une particularité de Savigny, c’est une zone qui doit être traitée de façon spécifique, considère Éric Mehlhorn, candidat aux municipales soutenu par l’UMP. Mais je pense qu’elle a été totalement délaissée par la mairie actuelle. »

Chacun des prétendants à l’hôtel de ville s’affiche ainsi comme le sauveur potentiel de Grand Vaux, et accuse les autres de ne s’en préoccuper qu’en période électorale. « Il faut arrêter d’exploiter l’insécurité et la misère sociale pour des raisons politiques. Ce quartier est pauvre et a besoin de réhabilitation, tout le monde est d’accord sur ce point. Mais les beaux discours, ça ne sert à rien, tranche David Fabre, qui défendra une liste sans étiquette politique, et s’engage, lui, en cas de victoire, « à démarcher les commerçants pour les faire revenir dans le quartier, et assurer leur sécurité. »

Le Front National, qui ouvrira en juin sa première permanence départementale à Savigny-sur-Orge, rappelle « avoir obtenu de bons résultats dans le quartier ». Pour la représentante du parti Audrey Guibert, « les habitants attendent qu’on communique avec eux. Il faut travailler contre l’insécurité qui y règne. »

Économie, urbanisme, sécurité, les chantiers sont nombreux, tout comme les candidats en lice. Impossible de savoir à l’heure actuelle à qui les habitants de Grand Vaux accepteront de faire confiance.