Municipales 2014. Depuis quinze ans, les majorités au pouvoir à Epinay-sous-Sénart n’ont eu de cesse de se déchirer peu de temps avant les nouveaux scrutins municipaux. Pour 2014, l’histoire semble se répéter. Nous vous proposons de (re-)découvrir les antécédents vécus par la commune du Val d’Yerres.

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Un an avant le prochain scrutin pour les élections municipales, la majorité spinolienne a pris le pli de se diviser, et ce schéma perdure depuis près de douze ans. Le premier à avoir fait les frais de cette fracture entre deux membres de la majorité est Jacques-Louis Dôle en 2001. Après avoir effectué deux mandats consécutifs, l’édile du RPR s’est vu progressivement barrer la route qui le menait certainement vers une troisième victoire par son protégé de l’époque, David Nadeau. Par rapport à cette candidature au sein de sa majorité, le maire sortant se disait « plutôt confiant » quant à ses chances de l’emporter. Or, l’édile du RPR perd la mairie en 2001, non pas au profit de David Nadeau, mais de la candidate de gauche.

Élue en 2001, Christine Scelle-Maury (PS) succède ainsi à Jacques-Louis Dôle. Des dissensions ne tardent pas à venir compliquer la donne pour la mairesse en vue des élections municipales de 2008. À l’époque, son maire adjoint Mourad Lebcir remettait en cause les agissements de l’élue spinolienne. « À cause de l’attitude de Madame Scelle-Maury et des profonds désaccords qui sont nés de nos différentes rencontres et lors des conseils municipaux, j’ai ainsi choisi de monter une liste pour proposer une alternative », précise-t-il. Celle-ci se rappelle pourtant qu’elle n’avait à l’époque « rien à reprocher au travail de l’élu ». La majorité se voit créditée une fois encore de deux listes pour les scrutins municipaux de 2008. La maire sortante finira tout de même par remporter les débats d’une large avance, car malgré cette scission au sein de l’équipe municipale, elle est réélue dès le premier tour avec 51,5% des suffrages contre presque 13% pour son adjoint.

L’histoire est sur le point de se répéter

Quant aux prochaines échéances électorales, elles ne devraient pas déroger à cette « coutume » qui frappe les majorités locales quelles que soient leurs couleurs. Après le maire adjoint de 2008 Mourad Lebcir, c’est cette fois-ci le maire adjoint de 2013 Pascal Michelangeli (PS), qui règle ses comptes avec la maire, Christine Scelle-Maury. « Je suis en totale rupture avec la maire, précise l’élu. Elle décide seule et sans aucune concertation et ce n’est plus possible de continuer de la sorte », insiste Pascal Michelangeli, démissionnaire de son poste de maire adjoint début avril. Il opte pour le choix pris par Mourad Lebcir cinq ans auparavant en annonçant son envie d’être candidat pour la mairie d’Epinay-sous-Sénart pour 2014. Christine Scelle-Maury qui a depuis 2010 quitté le PS pour l’étiquette divers gauche, répond à son ex-adjoint. « On ne s’allie pas avec quelqu’un qui dit que tout ce qui a été fait depuis 2001 est à jeter ». Le divorce semble donc être consommé entre les deux élus.

Interrogé par Essonne Info, Thierry Mandon, député de la 9e circonscription de l’Essonne, déplore le fait qu’Epinay soit « une ville difficile, socialement parlant, dans le département. Cette situation est profondément regrettable et risque d’affaiblir la gauche qui n’est pas à la hauteur pour fédérer à moins d’un an du premier scrutin ».

Éffectivemment, la gauche est sur le point de présenter non pas deux, mais trois listes. En plus de la liste de la maire sortante et de la liste PS que devrait mener Pascal Michelangeli, Mourad Lebcir souhaite de nouveau s’immiscer dans les débats. À en croire Christine Scelle-Maury, « si le rassemblement n’est pas désiré, il n’y a pas de raison de le forcer ». L’histoire semble bel et bien se répéter à Epinay-sous-Sénart…