Municipales 2014. En vue des élections municipales de 2014, nous vous proposons un coup de projecteur sur Epinay-sous-Sénart. Victime de très fortes tensions, la majorité de gauche tend à se diviser quand la droite appelle au rassemblement. Décryptage d’un scrutin qui pourrait bien être plus ouvert que les années précédentes.

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  •  Photo : Christine Scelle-Maury, Pascal Michelangeli et François Frugier. (DR)

Atteinte d’un mal chronique depuis maintenant près de quinze ans, la ville d’Epinay-sous-Sénart est victime de nombreuses tensions au sein de ses différentes majorités (lire notre article). En témoigne le dernier conseil municipal qui s’est terminé à plus de 3 heures du matin. Ces réunions tendues auront vu l’équipe municipale se fracturer entre la majorité emmenée par la maire Christine Scelle-Maury (DVG) et une partie du camp socialiste inscrit sur la liste vainqueur des dernières municipales de 2008. Pascal Michelangeli (PS), maire adjoint qui s’est vu retirer ses délégations lors de cette dernière réunion début avril, souhaite par ce biais « dénoncer les pratiques et la méthode toute personnelle du maire » et ainsi proposer par ce détachement « une alternative pour les Spinoliens désabusés ».

Pour le divers gauche Mourad Lebcir déjà candidat en 2008, l’idée est également de monter une liste pour lutter contre « la faiblesse politique du maire ». Revanchard de l’épisode de 2008 où il avait « reçu les foudres de la majorité et de la presse », il s’appuiera essentiellement sur la thématique de la situation économique de la ville.

De son côté, la maire sortante est également candidate à sa propre succession. Habituée à ce qu’elle ne soit pas la seule tête de liste à gauche, à l’image du scrutin de 2008, l’édile regrette tout de même le manque d’unité. « Dans l’absolue, ce serait idéal pour nous de proposer une seule liste à gauche, seulement, avec les tensions du moment, cela me semble compliqué d’arriver à trouver un consensus », estime la maire.

La recherche de l’union à droite

Ainsi, la gauche devrait présenter trois listes lors des prochains scrutins municipaux. « Cette situation pourrait être une aubaine pour la droite », comme le confesse François Frugier (UDI) qui ambitionne de se présenter. Dans une ville sociologiquement marquée à gauche, la division de l’équipe municipale pourrait être une aubaine pour une droite unie. C’est d’ailleurs le sentiment qui prévaut chez les forces politiques de l’opposition. « Personne ne gagnera en étant divisé, assure François Frugier. J’appelle à un large rassemblement, sans clivage politique, pour réveiller Epinay ».

Le constat est globalement le même du côté du représentant du MoDem local, Constant Lekiby. Après avoir fondé son parti dans la commune, il se déclare actuellement dans une « démarche méthodologique pour réussir une alliance large. C’est une ville majoritairement à gauche et donc majoritairement déçue par ce dernier mandat. Je pense être capable de rassembler à droite, au centre, mais aussi avec les insatisfaits de gauche ».

Cette élection pourrait bien être arbitrée par une liste du parti de Debout La République (DLR), du Yerrois et voisin Nicolas Dupont-Aignan. Georges Pujals, ancien candidat lors des dernières législatives en sera ainsi le représentant. « Je veux être un candidat au rassemblement, annonce-t-il. Je serai soutenu par NDA avec qui je travaille depuis longtemps ce qui est un point non négligeable ».

Les discussions ont ainsi débuté entre ces potentiels candidats. Reste maintenant à savoir si l’opposition réussira à créer l’union.

La thématique de l’urbanisme au cœur de la campagne

Qu’ils soient candidats déclarés ou pas encore, tous s’accordent à dire que la politique urbaine tiendra une place importante dans la prochaine campagne électorale. Le député de la 9e circonscription, Thierry Mandon indique ainsi à Essonne Info que « le futur candidat devra se pencher sur les questions économiques, d’emploi, de transport, mais aussi sur l’urbanisme qui est une thématique majeure ». Vivement critiquée par l’opposition ainsi que par ses ex-adjoints que sont Mourad Lebcir et Pascal Michelangeli, la maire Christine Scelle-Maury défend sa politique urbaine à bras le corps. « L’urbanisme n’existait pas avant sur Epinay, nous avons fait un gros travail, argue l’élue. Les habitants accueillent le développement de façon assez positive, malgré certains conservatismes ». Pour Constant Lekiby, « les habitants doivent demander des comptes » sur le programme lancé par l’édile.

Également, l’avenir du commerce local fait débat. « Comment expliquer qu’une ville de 12 500 habitants n’ait pas de centre commercial digne de ce nom », peste François Frugier. Au final, cette thématique sera très présente dans les futurs discours comme le précise Georges Pujals pour qui « l’urbanisme sera un projet important, que ce soit le maire sortant ou quelqu’un d’autre, il faudra faire quelque chose ». Bref, nous devrions y voir plus clair dans les prochaines semaines…